Requin pèlerin se nourrissant par filtration près de la surface
dans les eaux froides de la Côte-Nord du Québec.
Avec l’assistance de l’IA © ORS | Tous droits réservés

du Saint-Laurent

REQUINS

Requin pèlerin se nourrissant par filtration près de la surface
dans les eaux froides de la Côte-Nord du Québec.
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© ORS

12 m

4500 kg

Eaux côtières et hauturières riches
en plancton

Observé de l’été
au début de l’automne

REQUIN PÈLERIN

Cetorhinus maximus

Le deuxième plus grand poisson au monde et le plus grand requin du golfe du Saint-Laurent.

39 pieds

9920 lbs

LONGUEUR MAX

POIDS MAX

HABITAT

SAISON

REQUINS

STATUT UICN

STATUT COSEPAC

EN DANGER

PRÉOCCUPATION PARTICULIÈRE

12 m+

4500 kg

Eaux côtières et hauturières riches en plancton

Observé de l’été au début de l’automne

REQUIN PÈLERIN

Cetorhinus maximus

Le deuxième plus grand poisson au monde et le plus grand requin du golfe du Saint-Laurent

39 pieds+

9920 lbs

LONGUEUR MAX

POIDS MAX

HABITAT

SAISON

REQUINS

STATUT UICN

STATUT COSEPAC

© ORS

EN DANGER

PRÉOCCUPATION PARTICULIÈRE

MISE À JOUR : 04.06.2026

MISE À JOUR : 04.06.2026

Le requin pèlerin est le deuxième plus grand requin et poisson au monde, ainsi que l’unique représentant de la famille des Cétorhinidés. On le rencontre près des côtes dans les eaux nordiques et tempérées, où il est souvent observé en train de se nourrir de plancton à la surface. Dans l’Est du Canada, sa répartition saisonnière s’étend de Terre-Neuve, au nord, jusqu’à l’estuaire du Saint-Laurent, à l’ouest.

Ordre – Lamniformes
Famille – Cétorhinidés
Genre – Cetorhinus
Espèce – C. maximus

Cetorhinus maximus est le nom scientifique du requin pèlerin. Dérivé du grec et du latin, il signifie approximativement « grand monstre marin au nez proéminent », en référence à la taille impressionnante de l’animal et à son museau caractéristique.

Malgré sa taille impressionnante, le requin pèlerin ne représente aucun danger pour l’être humain puisqu’il se nourrit exclusivement de plancton. Il s’agit d’un filtreur qui dépend uniquement de son déplacement vers l’avant et de sa vaste bouche pour capturer sa nourriture en nageant à une vitesse d’environ 2 nœuds (3,7 km/h). On ignore encore où les individus fréquentant les eaux canadiennes passent l’hiver, bien que des requins marqués en Nouvelle-Angleterre durant l’été aient été suivis jusqu’au Brésil[1].

Plusieurs sources historiques affirment que le requin pèlerin hiberne sur le fond marin durant l’hiver, y compris dans le Saint-Laurent. Cette hypothèse a toutefois été réfutée en 2003 lorsque des chercheurs de la Marine Biological Association (Royaume-Uni) ont démontré que l’espèce continue de se nourrir de plancton à des profondeurs pouvant atteindre 900 m pendant la saison froide[2].

La population de l’Atlantique Nord, qui comprend les individus fréquentant le Saint-Laurent, est beaucoup plus abondante que celle du nord-est du Pacifique. Parmi les explications avancées, la population de la Colombie-Britannique a été presque exterminée au milieu du XXe siècle en raison de campagnes d’abattage, le requin pèlerin étant alors considéré comme un concurrent des pêches commerciales lucratives[3].

(1) Skomal, Gregory B.; Zeeman, Stephen I.; Chisholm, John H.; Summers, Erin L.; Walsh, Harvey J.; McMahon, Kelton W.; Thorrold, Simon R. 2009. Transequatorial Migrations by Basking Sharks in the Western Atlantic Ocean. Current Biology. 19 (12): 1019–1022.
(2) Sims, DW; Southall, EJ; Richardson, AJ; Reid, PC; Metcalfe, JD (2003). Seasonal movements and behaviour of basking sharks from archival tagging: no evidence of winter hibernation. Marine Ecology Progress Series. 248: 187–196.
(3) Wallace, S., Gisborne, B. 2006. Basking Shark. The Slaughter of BC’s Gentle Giants. New Star Books, 92 p.

Noms

Noms communs français : Requin pèlerin, squale pèlerin, squale géant, éléphant de mer, poisson à voile
Noms communs anglais : Basking shark, elephant shark, bone shark, nurse shark, sunfish, sailfish, hoe-mother
Nom scientifique : Cetorhinus maximus

Cetorhinus maximus signifie approximativement « grand monstre marin au nez proéminent » en grec et en latin. Cetorhinus est dérivé des mots grecs ketos (« monstre marin ») et rhinos (« nez »), tandis que maximus est un terme latin signifiant « très grand » ou « le plus grand ».

Description

• Atteint une longueur maximale d’environ 12 mètres, ce qui en fait le deuxième plus grand poisson au monde après le requin-baleine.
• Coloration variant du brun grisâtre au gris ardoise, souvent marquée de taches ou de cicatrices.
• Museau pointu en forme de cône et immenses fentes branchiales qui entourent presque entièrement la tête.
• Grande première nageoire dorsale triangulaire souvent visible à la surface, généralement suivie du lobe supérieur de la nageoire caudale; deuxième nageoire dorsale beaucoup plus petite.
• Se nourrit fréquemment à la surface en nageant la bouche grande ouverte afin de filtrer le plancton présent dans l’eau.
• Peut effectuer des sauts complets hors de l’eau rappelant ceux de la baleine à bosse, possiblement comme moyen de communication ou de signalisation sociale[1].

Requin pèlerin (Cetorhinus maximus) se nourrissant à la surface au large de l’Irlande du Nord. Malgré sa taille impressionnante, le requin pèlerin est un filtreur lent qui nage la bouche grande ouverte afin de retenir le plancton présent dans l’eau.

• Parfois observé nageant lentement en cercles avec d’autres requins pèlerins, un comportement qui serait associé à la parade nuptiale ou à la reproduction[2].
• Visiteur saisonnier des eaux de l’Atlantique canadien et du Québec, notamment du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent.

(1) Rudd, J.L., Exeter, O.M., Hall, J. et al., 2021. High resolution biologging of breaching by the world’s second largest shark species. Sci Rep 11, 5236.
(2) Harvey-Clark, C. J., W.T. Stobo, H. Helle and M. Mattson, 1999. Putative mating behaviour in basking sharks of the Nova Scotia coast. Copeia, 780-782.

Taille et apparence

Longueur maximale : jusqu’à 12 m[1]

« La première vision nette et complète d’un requin pèlerin est terrifiante. On peut parler avec désinvolture de poissons de vingt, trente ou quarante pieds de longueur, mais tant qu’on n’a pas observé un requin pèlerin adulte vivant dans une eau claire, ces chiffres demeurent abstraits et dénués de véritable signification. Sa masse paraît tout simplement incroyable. Il est impossible de considérer ce que l’on voit comme un simple poisson. Il est plus long qu’un autobus londonien; il n’est pas couvert d’écailles comme les poissons ordinaires; ses mouvements sont gigantesques, lents et inhabituels; il semble être une créature surgie d’un monde préhistorique, dont la première apparition est aussi inattendue et, à certains égards, aussi saisissante que le serait celle d’un dinosaure ou d’un iguanodon. »

— Gavin Maxwell, Harpoon Venture, 1952

(1) Randall, J. E. 1987. Refutation of lengths of 11.3, 9.0, and 6.4 m. attributed to the white shark, Carcharodon carchariasCalifornia Fish and Game, 73 (3): 163–168, figs 1–3.
(2) Compagno, L., Dando, M., Fowler, S. 2005. Sharks of the World. Collins, 368 p.
(3) Uchida, S. Toda, M., Teshima, K., Yano, K. 1996. Pregnant White Sharks and Full-Term Embryos from Japan. In: Klimley, A.P. & Ainley, D. (Eds.) Great White Sharks. The biology of Carcharodon carcharias: 139–155.

Toutes les nageoires ne sont pas des requins blancs.

Le requin pèlerin figure parmi les espèces le plus souvent confondues avec le requin blanc lorsqu’il est observé depuis une embarcation ou le rivage. Les deux espèces nagent fréquemment près de la surface avec leur nageoire dorsale émergée, notamment dans les eaux côtières de l’Atlantique canadien et du golfe du Saint-Laurent. À distance, elles peuvent sembler étonnamment similaires, mais plusieurs caractéristiques permettent de les distinguer.

La nageoire dorsale du requin pèlerin est généralement plus large et plus arrondie, avec un bord arrière lisse et incurvé. Celle du grand requin blanc est habituellement plus haute et plus pointue, souvent dotée d’un bord postérieur plus droit ou irrégulier. Le grand requin blanc présente également une coloration bicolore plus marquée, avec un dos foncé contrastant nettement avec un ventre blanc, tandis que le requin pèlerin affiche une teinte généralement plus uniforme.

Contrairement au grand requin blanc, prédateur actif, le requin pèlerin est totalement inoffensif pour l’être humain. Ce filtreur paisible nage lentement la bouche largement ouverte afin de capturer le plancton en suspension dans l’eau. Malgré sa taille impressionnante, il ne représente aucun danger et compte parmi les plus doux géants des eaux de l’Atlantique canadien.

Distribution

Le requin pèlerin est présent dans presque tous les océans du monde. Dans les Amériques, son aire de répartition s’étend de l’Atlantique Nord, au large de Terre-Neuve, jusqu’à l’Atlantique Sud. Au Québec, il fréquente le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent durant l’été et l’automne. Il est particulièrement souvent observé au large de la péninsule gaspésienne, notamment dans la baie des Chaleurs, où les plaisanciers et les pêcheurs signalent de plus en plus leurs rencontres en publiant photos et vidéos sur les réseaux sociaux.

Des requins pèlerins ont également été capturés par des chalutiers en plein hiver, ce qui pourrait indiquer qu’une partie de la population demeure dans le golfe du Saint-Laurent toute l’année. Un individu marqué au Royaume-Uni a même été suivi par satellite lors de sa traversée de l’Atlantique Nord, atteignant presque les côtes du Labrador.

Au cours de sa traversée de l’Atlantique Nord, ce requin pèlerin a parcouru une distance horizontale de 9 589 km et atteint une profondeur record de 1 264 m. Cette étude a fourni la première preuve d’un lien entre les populations européennes et nord-américaines et a démontré que l’espèce utilise des habitats profonds bien au-delà du plateau continental.

— Gore et al. 2008

(Ci-dessous) Répartition provisoire du requin pèlerin (Cetorhinus maximus) dans le Saint-Laurent et l’Atlantique canadien, établie à partir des recherches menées par l’Observatoire des requins du Saint-Laurent. En raison de l’augmentation marquée du nombre d’observations documentées au cours des dernières années, seules des mentions historiques et une sélection d’observations récentes sont présentées afin d’illustrer l’aire de répartition générale de l’espèce. Cette carte est mise à jour régulièrement à mesure que de nouvelles données et archives deviennent disponibles. Les observations provenant des États-Unis n’y figurent pas, sauf dans certains cas limitrophes. Pour signaler une observation ou une capture, veuillez communiquer avec nous. Cliquez sur les icônes pour obtenir les détails des observations.

Dentition

Bien que le requin pèlerin se nourrisse exclusivement en filtrant le plancton, il possède des centaines de minuscules dents sur les mâchoires supérieure et inférieure. Ces dents sont si petites qu’elles ne sont généralement visibles qu’à courte distance sur des individus échoués ou capturés. Leur fonction chez l’adulte demeure incertaine, mais elles pourraient permettre aux embryons en développement de se nourrir d’œufs non fécondés produits par la mère (oophagie) avant d’adopter l’alimentation par filtration après la naissance[1].

(1) Martin, R. Aidan. Biology of the Basking Shark (Cetorhinus maximus). ReefQuest Centre for Shark Research.

Proies

Le requin pèlerin se nourrit principalement de plancton, notamment de copépodes, d’œufs de poissons et d’autres petits organismes dérivant au gré des courants. En nageant lentement près de la surface, il filtre d’énormes quantités d’eau de mer à travers ses branchies, traitant environ 2 000 tonnes d’eau par heure tout en se déplaçant à une vitesse d’environ 2 nœuds (3,7 km/h).

L’eau riche en plancton pénètre dans son immense bouche ouverte et traverse des peignes branchiaux spécialisés qui tapissent les fentes branchiales, où les proies sont retenues avant que l’eau filtrée ne soit rejetée.

Reproduction

Le requin pèlerin est ovovivipare. Les embryons en développement sont d’abord nourris par un sac vitellin, puis par des œufs non fécondés produits par la mère (oophagie). Les minuscules dents présentes chez les embryons pourraient faciliter cette alimentation avant de devenir largement inutiles après la naissance, lorsque le jeune adopte un mode d’alimentation par filtration[1].

La reproduction du requin pèlerin demeure encore mal connue. La gestation durerait entre deux et trois ans, ce qui en ferait l’une des plus longues observées chez les requins[2]. Les petits naissent entièrement développés et mesurent environ 1,5 à 2 mètres de longueur. La portée compterait généralement autour de six individus, bien que la biologie reproductive de l’espèce reste difficile à étudier puisqu’une seule femelle gravide a été décrite scientifiquement à ce jour. Les comportements de parade nuptiale, d’accouplement et de mise bas se dérouleraient principalement dans les eaux côtières peu profondes durant les mois d’été.

(1) Martin, R. Aidan. Biology of the Basking Shark (Cetorhinus maximus). ReefQuest Centre for Shark Research.
(2) Parker, H. W. & Stott, F. C. (1965). Age, size and vertebral calcification in the basking shark, Cetorhinus maximus (Gunnerus). Zoologische Mededelingen, 40, 305–319.

Longévité

Les estimations actuelles indiquent que le requin pèlerin pourrait vivre au moins 50 ans[1], bien que sa longévité exacte demeure incertaine en raison de la difficulté à déterminer précisément l’âge des individus.

(1) Compagno, L. J. V. (2001). Sharks of the World. An Annotated and Illustrated Catalogue of Shark Species Known to Date. FAO Species Catalogue for Fishery Purposes No. 1, Vol. 2. Rome: FAO.

Risque pour l’être humain

Selon le Registre canadien des attaques de requins de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent, aucune attaque délibérée contre un être humain n’a jamais été attribuée au requin pèlerin. Les rares incidents documentés impliquent des personnes s’étant approchées trop près de l’animal et ayant été frappées accidentellement par sa puissante nageoire caudale (queue) ou ayant été blessées au contact de sa peau rugueuse. Celle-ci est recouverte de grands denticules dermiques pouvant provoquer des abrasions ou des coupures chez les plongeurs et les chercheurs[1].

Pêcheries

Le requin pèlerin ne fait plus l’objet de pêches ciblées au Canada ni aux États-Unis, et de nombreuses pêcheries dirigées ont également été fermées ailleurs dans le monde. Des captures limitées subsistent toutefois dans certaines régions, notamment en Asie, où l’espèce est recherchée pour son huile de foie, sa viande, son cartilage et ses nageoires. D’autres mortalités sont attribuables aux prises accessoires et au commerce illégal des ailerons de requins.

En Colombie-Britannique, le requin pèlerin a été délibérément chassé jusqu’à frôler la disparition locale au milieu du XXe siècle par des navires gouvernementaux et des pêcheurs qui le considéraient comme un concurrent des pêches commerciales. On estime que plusieurs milliers d’individus ont été tués au cours de cette campagne d’éradication.

« Cette année, à compter de deux semaines avant l’ouverture de la saison de pêche, il est prévu d’envoyer une expédition punitive contre les requins. Elle sera composée d’hommes armés de fusils et disposera d’embarcations rapides munies d’étraves renforcées d’acier. Ces bateaux éperonneront et tailladeront les requins. La mort attendra alors ceux qui seront ainsi attaqués. On espère que le sang des requins massacrés fera fuir les autres, comme cela s’est produit par le passé. »

— The Province, February 3, 1943, p. 25.

Statut de conservation

Le requin pèlerin (Cetorhinus maximus) est désigné préoccupant par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada) dans l’Atlantique canadien et bénéficie d’une protection en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Dans le Pacifique, où l’espèce a subi un déclin spectaculaire à la suite de campagnes d’éradication ciblées et de la pression exercée par les pêches, la population est désignée en voie de disparition. Le requin pèlerin demeure vulnérable en raison de sa croissance lente, de sa maturité tardive, de son faible taux de reproduction ainsi que de sa sensibilité aux prises accidentelles et aux collisions avec les navires.

À l’échelle mondiale, le requin pèlerin est classé en danger par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’espèce a connu d’importants déclins en raison des pêches historiques visant son huile de foie, sa viande et ses nageoires. Bien que certaines populations montrent aujourd’hui des signes de rétablissement grâce aux mesures de protection internationales, le requin pèlerin demeure l’une des grandes espèces de requins les plus menacées au monde.

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Requin blanc échoué près du parc national de
Kouchibouguac, Nouveau-Brunswick
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“La peur et l'indifférence

mordent plus profondément
que tout requin.”

Aidez-nous à protéger les
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— Jeffrey Hay Gallant, ORS

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