MISE À JOUR : 04.06.2026
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L’aiguillat commun (Squalus acanthias) est un requin côtier de l’ordre des Squaliformes dont la répartition circumboréale couvre les eaux tempérées et froides. Dans l’ouest de l’Atlantique Nord, son aire de distribution s’étend du Labrador jusqu’à la Floride, mais il est particulièrement abondant entre la Nouvelle-Écosse et le cap Hatteras, en Caroline du Nord[1]. Cette espèce est hautement migratrice et se déplace souvent en immenses bancs comptant des centaines, voire des milliers d’individus[2].
Ordre – Squaliformes
Famille – Squalidés (Squalidae)
Genre – Squalus
Espèce – S. acanthias
Squalus acanthias est le nom scientifique de l’aiguillat commun. Dérivé du latin et du grec, ce nom signifie approximativement « requin épineux », en référence aux aiguillons défensifs acérés situés à l’avant de chacune des nageoires dorsales. Squalus est le mot latin désignant un requin, tandis que acanthias dérive du grec akantha (« épine » ou « aiguillon »).
Malgré son abondance, l’aiguillat commun est biologiquement vulnérable à la surexploitation. Il atteint sa maturité sexuelle tardivement, croît lentement, produit des portées relativement peu nombreuses et possède l’une des plus longues périodes de gestation connues chez les vertébrés, d’une durée pouvant approcher deux ans.
Bien que plusieurs populations aient connu d’importants déclins en raison de la pression exercée par les pêcheries intensives au cours du XXe siècle, l’aiguillat commun demeure aujourd’hui l’une des espèces de requins les plus abondantes et les plus largement répandues dans le monde.
(1) Bigelow, H.B. and W.C. Schroeder. 1953. Fishes of the Gulf of Maine. U. S. Fish Wildl. Serv., Fish. Bull. 53. 577 p.
(2) Rago, J.P., K. Sosebee, J. Brodziak, and E.D. Anderson. 1994. Distribution and dynamics of northwest Atlantic spiny dogfish (Squalus acanthias). Northeast Fish. Sci. Cent. Ref. Doc. 94-19.
Names
Noms communs (français) : Aiguillat commun, chien de mer
Noms communs (anglais) : Spiny dogfish, mud shark, piked dogfish, spurdog
Noms mi’kmaq : Se ku lah-te, sĭgŭlăde-ek, sikɨlati, wibi’damok, wipitamekw
Nom scientifique : Squalus acanthias
Squalus acanthias est le nom scientifique de l’aiguillat commun. Il est dérivé du latin et du grec : Squalus est le mot latin désignant un requin, tandis que acanthias provient du grec akantha, qui signifie « épine » ou « aiguillon », en référence aux aiguillons défensifs acérés situés à l’avant de chacune des nageoires dorsales.
Description
Reconnaissable à ses aiguillons dorsaux acérés et à sa livrée ponctuée de taches blanches, l’aiguillat commun est un requin très adaptable présent dans les eaux tempérées de l’Atlantique Nord. Dans la région du Saint-Laurent, il est le plus souvent observé durant les mois les plus chauds, où il peut être rencontré seul ou en vastes bancs.
• Longueur moyenne de 0,75 à 1,05 mètre dans l’Atlantique canadien et au Québec, bien que des individus plus grands soient parfois observés.
• Corps élancé, gris à brun grisâtre sur le dos et gris pâle à blanc sur la face ventrale.
• Taches blanches irrégulières disséminées sur le dos et les flancs, particulièrement visibles chez les jeunes individus.
• Longs aiguillons défensifs acérés situés à l’avant de chacune des deux nageoires dorsales.
• Nageoire caudale fortement asymétrique, dont le lobe supérieur est nettement plus développé que le lobe inférieur.
• Contrairement à de nombreux requins, l’aiguillat commun est dépourvu de nageoire anale.
• Considéré comme l’une des espèces de requins les plus abondantes et les plus largement réparties au monde, formant souvent des bancs comptant des centaines, voire des milliers d’individus.
• Espèce saisonnièrement commune dans les eaux de l’Atlantique canadien et du Québec, y compris dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent.
• De rares observations hivernales ont été documentées dans le fjord du Saguenay (Gallant, J., observations inédites).
Distribution
L’aiguillat commun est présent dans l’ensemble du golfe du Saint-Laurent et fréquente également l’estuaire du Saint-Laurent ainsi que le fjord du Saguenay. Dans la région du Saint-Laurent, l’espèce est généralement saisonnière, arrivant à la fin du printemps ou au début de l’été et quittant la région à la fin de l’automne ou au début de l’hiver. Bien que rare durant la saison hivernale, deux observations exceptionnelles documentent des aiguillats communs capturés par des pêcheurs sur glace dans le fjord du Saguenay en janvier et en février (Gallant, J., observations inédites).
Le calendrier et la durée de la migration annuelle de l’espèce vers le Saint-Laurent pourraient évoluer en réponse au réchauffement des eaux associé aux changements climatiques.
(Ci-dessous) Carte provisoire de répartition de l’aiguillat commun (Squalus acanthias) dans la région du Saint-Laurent et l’Atlantique canadien, établie à partir des recherches menées par l’Observatoire des requins du Saint-Laurent. La carte présente des données historiques et certaines observations sélectionnées afin d’illustrer l’aire de répartition générale connue de l’espèce. Elle est mise à jour régulièrement à mesure que de nouvelles observations, captures et données d’archives deviennent disponibles. Les mentions provenant des eaux américaines sont généralement exclues, à l’exception de quelques observations situées à proximité de la frontière canadienne. Cliquez sur les icônes de la carte pour consulter les détails des observations. Pour signaler une nouvelle observation ou une capture, veuillez communiquer avec nous.
Rencontres avec l’être humain et sécurité
Selon le Registre canadien des attaques de requins, aucun incident confirmé impliquant un aiguillat commun (Squalus acanthias) et un être humain n’a été signalé dans les eaux canadiennes. En raison de sa taille relativement modeste et de son régime alimentaire principalement composé de poissons et d’invertébrés tels que les calmars et les crustacés, cette espèce est considérée comme inoffensive pour l’être humain dans des circonstances normales.
Toutefois, les aiguillats communs peuvent devenir très actifs et compétitifs lorsqu’ils se rassemblent en grands bancs pour s’alimenter. Des plongeurs et des pêcheurs sportifs ont occasionnellement rapporté un comportement de type « mordilleux » lorsque les requins étaient attirés par des appâts, des déchets de poissons ou un nourrissage volontaire. Dans ces situations, certains individus peuvent heurter ou mordiller de façon opportuniste en compétition pour la nourriture. Bien que ce comportement puisse entraîner de légères blessures causées par les dents ou les aiguillons dorsaux, les interactions avec l’être humain demeurent rares et ne sont pas de nature prédatrice.
(1) Gallant, J. (2022. July 26). Canadian Shark Attack Registry (1st ed.). St. Lawrence Shark Observatory.
Pêcheries
L’aiguillat commun fait l’objet d’une pêche dirigée dans l’Atlantique canadien, bien que les débarquements déclarés dans la région du Saint-Laurent soient généralement faibles. Malgré son abondance, l’espèce demeure vulnérable à la surexploitation en raison de sa croissance lente, de sa maturité sexuelle tardive et de son faible taux de reproduction.
Statut de conservation
L’aiguillat commun (Squalus acanthias) est actuellement désigné préoccupant par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Bien que les populations de l’Atlantique canadien montrent des signes de rétablissement après les importants déclins causés par la surpêche, l’espèce demeure vulnérable en raison de sa croissance lente, de sa maturité sexuelle tardive, de son faible taux de reproduction et de sa période de gestation exceptionnellement longue.
À l’échelle mondiale, l’aiguillat commun est classé Vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). D’importants déclins de population ont été observés dans plusieurs régions du monde en raison de la pêche commerciale intensive visant sa chair, ses ailerons et son huile de foie. Comme cette espèce se reproduit lentement et forme souvent de vastes bancs, les populations locales peuvent être rapidement surexploitées et mettre plusieurs décennies à se rétablir.
Dans l’Atlantique canadien, la pêche dirigée de l’aiguillat commun est encadrée par des quotas et d’autres mesures de gestion destinés à prévenir la surexploitation et à assurer la stabilité à long terme des populations.


L’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) est un organisme de bienfaisance canadien enregistré (ARC : 834462913RR0001) consacré à la recherche, à la conservation, à l’éducation et à la sensibilisation du public concernant les requins de l’Atlantique canadien et de l’écosystème du Saint-Laurent. L’ORS est établi au Québec, Canada.
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