MISE À JOUR : 04.06.2026
MISE À JOUR : 04.06.2026
Le requin bleu (Prionace glauca) est une espèce hautement pélagique et l’un des requins les plus largement répartis au monde, fréquentant les océans tempérés et tropicaux de la planète. Dans l’Atlantique Nord, il effectue de vastes migrations saisonnières selon un vaste circuit reliant l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Europe. Les individus arrivent généralement dans les eaux de l’Atlantique canadien au printemps et les quittent à l’automne.
Ordre – Carcharhiniformes
Famille – Carcharhinidés
Genre – Prionace
Espèce – P. glauca
Prionace glauca est le nom scientifique du requin bleu. Dérivé du grec et du latin, il signifie approximativement « requin bleu en forme de scie », en référence à son corps élancé, à ses dents pointues et à sa coloration bleu profond. Prionace provient du grec prion (« scie »), tandis que glauca est un mot latin signifiant « bleu grisâtre ».
Conçu pour la vie en haute mer, le requin bleu se distingue par son corps élancé, ses nageoires pectorales exceptionnellement longues et sa coloration bleu profond. Il se nourrit principalement de calmars et de poissons grégaires et est capable de parcourir des milliers de kilomètres à travers l’Atlantique.
Chaque année, plusieurs requins bleus pénètrent dans le golfe du Saint-Laurent, où leur présence a été documentée[1] jusque dans la région de l’embouchure de l’estuaire, au large de la péninsule gaspésienne.
(1) Gallant, J., unpublished data.
Noms
Nom commun français : Requin bleu, requin peau bleue
Nom commun anglais : Blue shark, blue whaler, great blue shark
Nom mi’kmaq : Sabbede-mequ, siglati, tan booskekŭlooskăbāwit’, webetŭmâk’, wipitmeqw
Nom scientifique : Prionace glauca
Prionace glauca signifie approximativement « requin bleu en forme de scie », en référence à ses dents pointues et à sa coloration caractéristique. Le nom Prionace est dérivé des mots grecs prion (« scie ») et akis (« pointe »), tandis que glauca est un terme latin signifiant « bleu grisâtre ».
Description
Reconnaissable à sa coloration bleu profond, à son corps allongé, à son museau effilé et à ses nageoires pectorales exceptionnellement longues, le requin bleu est l’un des requins les plus distinctifs et les plus hydrodynamiques de la haute mer. Sa silhouette élancée et sa livrée éclatante le rendent facilement identifiable parmi les espèces présentes dans l’Atlantique canadien.
• Longueur moyenne comprise entre 1,8 et 2,5 mètres, bien que des individus plus grands soient parfois observés.
• Dos bleu cobalt foncé, flancs bleu métallique vif et ventre blanc.
• Corps mince et fuselé, parfaitement adapté aux longues migrations océaniques.
• Nageoires pectorales très longues, étroites et arrondies, caractéristiques de l’espèce.
• Grands yeux noirs et museau pointu.
• Queue en forme de croissant fortement asymétrique, dont le lobe supérieur est nettement plus long.
• Souvent accompagné de poissons-pilotes et d’oiseaux marins exploitant les mêmes ressources alimentaires.
• Se nourrit principalement de calmars et de poissons grégaires tels que le maquereau et le hareng.
• L’un des requins pélagiques les plus communs de l’Atlantique canadien.
• Présence saisonnière dans l’Atlantique canadien et au Québec, mais relativement rare dans l’estuaire du Saint-Laurent.
Distribution
Le requin bleu fréquente le golfe du Saint-Laurent de façon saisonnière et atteint parfois l’embouchure de l’estuaire, au large de la péninsule gaspésienne. La plupart des observations surviennent durant les mois les plus chauds, lorsque l’espèce suit les concentrations de calmars et de poissons pélagiques jusque dans les eaux canadiennes dans le cadre de ses vastes migrations à travers l’Atlantique Nord.
(Ci-dessous) Répartition provisoire du requin bleu (Prionace glauca) dans le Saint-Laurent et l’Atlantique canadien, établie à partir des recherches menées par l’Observatoire des requins du Saint-Laurent. Seules certaines mentions sont présentées afin d’illustrer l’aire de répartition générale de l’espèce. Cette carte est mise à jour régulièrement à mesure que de nouvelles données et archives deviennent disponibles. Les observations provenant des États-Unis n’y figurent pas, sauf dans certains cas limitrophes. Pour signaler une observation ou une capture, veuillez communiquer avec nous. Cliquez sur les icônes pour obtenir les détails des observations.
Rencontres avec l’être humain et sécurité
Selon le Registre canadien des attaques de requins, aucun incident confirmé impliquant un requin bleu (Prionace glauca) et un être humain n’a été recensé dans les eaux canadiennes. Bien qu’il s’agisse d’un grand prédateur pélagique actif, cette espèce se nourrit principalement de calmars et de poissons grégaires et entre rarement en contact avec les humains dans l’Atlantique canadien.
Ailleurs dans le monde, quelques incidents ont été signalés impliquant des pêcheurs, des survivants de naufrages ou des situations où des appâts étaient utilisés en mer. Le requin bleu est reconnu pour adopter un comportement audacieux et très compétitif en présence d’appâts ou de proies en difficulté, particulièrement lorsque plusieurs individus se nourrissent simultanément. Des plongeurs récréatifs et des opérateurs de plongée avec les requins ont parfois décrit un comportement curieux ou persistant autour des embarcations utilisant des appâts.
Malgré cette réputation, les interactions avec l’être humain demeurent peu fréquentes dans les eaux canadiennes et ne sont pas considérées comme une préoccupation importante pour la sécurité du public dans des conditions normales.
(1) Gallant, J. (2022. July 26). Canadian Shark Attack Registry (1st ed.). St. Lawrence Shark Observatory.
Pêcheries
Le requin bleu est fréquemment capturé comme prise accessoire dans les pêcheries pélagiques hauturières ciblant le thon et l’espadon dans l’Atlantique canadien, bien que les pêches commerciales dirigées visant cette espèce demeurent limitées. La pêche sportive avec remise à l’eau est également pratiquée dans certaines régions de l’Atlantique canadien, notamment en Nouvelle-Écosse, où plusieurs tournois de pêche ciblaient historiquement le requin bleu et d’autres espèces pélagiques. Au cours des dernières années, toutefois, plusieurs de ces compétitions ont été abandonnées en raison des préoccupations croissantes en matière de conservation et de l’évolution de la réglementation.
Malgré sa vaste répartition et son abondance apparente, le requin bleu demeure vulnérable à la surexploitation en raison de sa croissance relativement lente, de sa maturité tardive et de la forte mortalité associée aux pêcheries internationales à la palangre ainsi qu’au commerce mondial des ailerons de requins.
Statut de conservation
Le requin bleu (Prionace glauca) est actuellement désigné non en péril par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada) pour la population de l’Atlantique Nord. L’espèce avait auparavant été désignée préoccupante en 2006 en raison des inquiétudes liées aux prises accessoires et à la pression exercée par les pêcheries internationales, mais cette évaluation a été révisée en 2016 à la lumière de données canadiennes indiquant des taux de capture stables ou légèrement en hausse ainsi que des améliorations dans la gestion des pêches. Le requin bleu n’est pas inscrit à la Loi sur les espèces en péril (LEP).
À l’échelle mondiale, le requin bleu est classé quasi menacé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il s’agit de l’un des requins les plus exploités au monde, capturé à la fois de manière ciblée et comme prise accessoire dans les pêcheries de thon et d’espadon. On estime que des dizaines de millions de requins bleus sont tués chaque année pour alimenter les marchés internationaux de la viande et des ailerons de requins.
Dans l’Atlantique canadien, le requin bleu est fréquemment capturé par les pêcheries pélagiques hauturières et fait parfois l’objet de pêche sportive. En raison de son caractère hautement migrateur, la conservation efficace de cette espèce dépend largement de la gestion internationale des pêches et de la coopération entre les pays de l’Atlantique.


L’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) est un organisme de bienfaisance canadien enregistré (ARC : 834462913RR0001) consacré à la recherche, à la conservation, à l’éducation et à la sensibilisation du public concernant les requins de l’Atlantique canadien et de l’écosystème du Saint-Laurent. L’ORS est établi au Québec, Canada.
CONTACT
MÉDIAS
RÉSEAUX SOCIAUX
© 2026 Observatoire des requins du Saint-Laurent. Tous droits réservés.

L’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) est un organisme de bienfaisance canadien enregistré (ARC : 834462913RR0001) consacré à la recherche, à la conservation, à l’éducation et à la sensibilisation du public concernant les requins de l’Atlantique canadien et de l’écosystème du Saint-Laurent. L’ORS est établi au Québec, Canada.
CONTACT
MÉDIAS
RÉSEAUX SOCIAUX
© 2026 ORS
Tous droits réservés.













