Le Registre canadien des attaques de requins (RCAR) constitue la première base de données exhaustive consacrée aux incidents impliquant des requins au Canada. Créé en 2022 et maintenu par l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS), il rassemble des signalements confirmés, plausibles, non confirmés et discrédités provenant d’archives historiques, de traditions orales autochtones, de publications scientifiques, de journaux, de témoignages oculaires et d’autres sources pertinentes.
Chaque incident fait l’objet d’une analyse individuelle accompagnée d’une évaluation scientifique visant à distinguer les faits documentés de leur interprétation, à évaluer la qualité des preuves disponibles, à identifier l’espèce la plus probable lorsque cela est possible et à expliquer les motifs ayant conduit à sa classification.
À PROPOS DE CE REGISTRE
Les attaques de requins demeurent exceptionnellement rares au Canada comme ailleurs dans le monde. Le Registre canadien des attaques de requins n’a pas pour objectif de sensationnaliser ces événements, mais plutôt de les documenter et de les évaluer de façon critique à la lumière des meilleures données historiques et scientifiques disponibles, afin d’améliorer la compréhension du public et de favoriser à la fois la sécurité des personnes et la conservation des requins.
L’illustration de la bannière représente l’incident du Bélier de Fourchu survenu en 1953 à Fourchu, en Nouvelle-Écosse (RCAR-0017), l’un des cas les plus importants sur le plan historique et les mieux documentés du registre. Elle a été retenue en raison de son importance dans l’histoire canadienne des interactions requin-humain et parce qu’elle a inspiré l’identité visuelle du Registre canadien des attaques de requins, et non parce qu’elle est représentative du risque réel posé par les requins dans les eaux canadiennes. En réalité, la grande majorité des incidents répertoriés n’ont entraîné ni décès ni blessures graves, et plusieurs n’ont donné lieu à aucun contact physique avec des êtres humains.

Le registre canadien des attaques de requins
MISE À JOUR
23.06.2026
Renseignements sur la publication
Auteur : Jeffrey Hay Gallant, M.Sc., chercheur doctorant (UQAM)
Affiliation : Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS)
Première publication : 2022
Édition en cours : juin 2026
Dernière mise à jour : 23 juin 2026
Pour en savoir davantage sur le Registre canadien des attaques de requins, les définitions des principaux termes, les codes et classifications d’incidents, le contexte historique, la méthodologie d’évaluation ainsi que les recommandations visant à réduire les risques, consultez Comprendre les interactions entre les requins et les humains au Canada, qui présente le contexte scientifique et l’interprétation des données du Registre.
Table des matières
- Préface
- Citation et utilisation de cette ressource
- Avis aux journalistes et créateurs de contenu
- Ressource scientifique évolutive
- Portée du Registre
- Note méthodologique
- Codes de classification des incidents
- Niveaux de fiabilité des dossiers
- Pourquoi inclure les incidents discrédités ?
- Statistiques en bref
- Base de données des incidents
Préface
Le Registre canadien des attaques de requins (RCAR) est la première base de données nationale consacrée à la documentation et à l’évaluation critique des incidents impliquant des requins signalés dans les eaux canadiennes. Créé en 2022 par l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS), le Registre rassemble des archives historiques, des témoignages, des observations scientifiques, des recherches documentaires et des signalements contemporains couvrant plus de trois siècles.
Les incidents impliquant des requins au Canada sont exceptionnellement rares. Pourtant, certains récits historiques ont été répétés pendant des décennies sans examen critique, tandis que d’autres sont tombés dans l’oubli. Le Registre a donc pour objectif non seulement de documenter ces événements, mais aussi d’en évaluer la fiabilité, d’identifier l’espèce en cause lorsque cela est possible et de distinguer l’histoire fondée sur les faits du folklore, de la spéculation et des erreurs d’identification.
Le Registre doit être considéré comme une ressource scientifique évolutive. À mesure que de nouvelles données deviennent disponibles, les évaluations, classifications et identifications d’espèces peuvent être révisées en conséquence.
Pour les définitions, la méthodologie, la terminologie, le contexte historique et les explications relatives au processus d’évaluation utilisé dans le présent ouvrage, les lecteurs sont invités à consulter Comprendre les interactions entre les requins et les humains au Canada, qui fournit le contexte scientifique et l’interprétation sur lesquels repose le Registre canadien des attaques de requins.
Citation et utilisation de cette ressource
Le Registre canadien des attaques de requins est le fruit d’un programme continu de recherche historique et d’évaluation scientifique mené par l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS). La compilation et l’analyse de ces dossiers nécessitent souvent le repérage et l’interprétation de sources rares ou difficiles d’accès, notamment des journaux historiques, des documents gouvernementaux, des publications scientifiques, des archives et des témoignages couvrant plus de trois siècles d’histoire. De nombreux documents originaux n’existent qu’en français ou en anglais, tandis que certaines des sources les plus anciennes sont rédigées dans des formes archaïques de ces langues qui exigent une interprétation prudente et une analyse contextualisée.
Les chercheurs, enseignants, journalistes, étudiants et autres utilisateurs sont encouragés à citer cette publication lorsqu’ils utilisent ou mentionnent les informations, données, analyses ou interprétations originales qu’elle contient. Une attribution adéquate reconnaît le travail nécessaire à la compilation et à l’évaluation critique de ces dossiers, permet aux lecteurs de consulter la source originale et contribue au maintien et au développement continu de cette ressource scientifique librement accessible.
Citation recommandée :
Gallant, J. H. (2026a). Registre canadien des attaques de requins [Base de données]. Observatoire des requins du Saint-Laurent. https://www.requins.ca/rcar
Citation dans le texte :
(Gallant, 2026a)
Lorsqu’il est fait référence à un dossier particulier :
(Gallant, 2026a; CSAR-0017)
Lorsqu’ils citent un incident précis, les utilisateurs sont encouragés à inclure l’identifiant correspondant du Registre canadien des attaques de requins (RCAR) (p. ex., CSAR-0017) en plus de la citation recommandée. Ces identifiants permanents constituent un moyen stable de référencer les dossiers individuels et demeurent valides à mesure que le Registre est mis à jour et enrichi.
Note : Bien que l’acronyme français du Registre soit RCAR, les identifiants de dossiers conservent le préfixe CSAR dans les deux langues afin d’assurer la cohérence, la stabilité et la traçabilité des références, des citations et des liens associés aux dossiers individuels. Ainsi, un incident cité sous la forme CSAR-0017 demeure identique dans les versions française et anglaise du Registre ainsi que dans les publications qui s’y rapportent.
Avis aux journalistes et créateurs de contenu
Conformément à sa politique de communication avec les médias, l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) privilégie les communications écrites et n’accorde généralement pas d’entrevues en direct, enregistrées, téléphoniques ou devant caméra concernant les incidents impliquant des requins ou le Registre canadien des attaques de requins. Des exceptions peuvent être envisagées à l’entière discrétion de l’ORS lorsqu’un sujet présente un intérêt scientifique important, est véritablement nouveau ou urgent, et que nos disponibilités le permettent.
Les journalistes, les réalisateurs de documentaires, les enseignants et les autres créateurs de contenu sont invités à consulter le Registre canadien des attaques de requins ainsi que Comprendre les interactions entre les requins et les humains au Canada. Ces deux ressources présentent le contexte scientifique et historique, la terminologie, la méthodologie d’évaluation, la classification des incidents ainsi que les recommandations pratiques de l’ORS en matière de sécurité.
Cette approche fondée sur les communications écrites contribue à assurer l’exactitude, la cohérence et la traçabilité de l’information, tout en réduisant les risques de citations sorties de leur contexte, de simplifications excessives ou de traitement sensationnaliste. Lorsqu’aucune publication existante ne répond adéquatement à une question, une demande de précision peut être transmise par écrit au moyen de notre page officielle de contact. Nous y répondrons si notre charge de travail le permet. La transmission d’une demande ne garantit ni une réponse ni une entrevue. Des précisions supplémentaires pourront également être publiées ultérieurement par l’intermédiaire des canaux officiels de l’ORS.
Ressource scientifique évolutive
Le Registre canadien des attaques de requins et ses publications complémentaires constituent des ressources scientifiques évolutives. Les interprétations historiques, les classifications d’incidents, les évaluations comportementales, les identifications d’espèces et d’autres conclusions peuvent être révisées à mesure que de nouvelles données deviennent disponibles. Par conséquent, les évaluations et interprétations présentées dans ces publications représentent l’état actuel des connaissances fondé sur les meilleures données disponibles au moment de leur publication et ne doivent pas être considérées comme des faits historiques immuables.
Afin de garantir l’accès à l’information la plus récente, aux corrections et aux mises à jour des dossiers, ces ressources sont maintenues sous forme numérique et ne sont actuellement pas offertes en version imprimée.
Portée du Registre
Le Registre canadien des attaques de requins n’a pas pour vocation de constituer un inventaire de toutes les observations ou rencontres avec des requins signalées dans les eaux canadiennes. Il documente plutôt les incidents présentant un intérêt historique ou scientifique, impliquant un contact physique, ayant causé des blessures ou des dommages, ou contribuant de manière significative à la compréhension du comportement des requins et des risques qui leur sont associés au Canada.
À mesure que les observations de requins sont devenues plus fréquentes au cours des dernières années, particulièrement dans l’Atlantique canadien, de nombreuses rencontres ne répondent plus à ces critères. Le Registre se concentre donc sur les incidents jugés significatifs plutôt que sur les observations courantes et ne doit pas être interprété comme une base de données exhaustive de toutes les observations de requins signalées au Canada.
Des renseignements complémentaires concernant les critères d’inclusion et la sélection des dossiers sont présentés dans Comprendre les interactions entre les requins et les humains au Canada, qui fournit le contexte scientifique et l’interprétation associés au Registre canadien des attaques de requins.
Note méthodologique
Les dossiers historiques contiennent souvent trop peu de détails pour permettre l’identification définitive de l’espèce impliquée ou des circonstances exactes entourant un incident. En l’absence de preuves directes, les évaluations reposent sur les meilleures informations disponibles et peuvent inclure des inférences scientifiquement fondées tirées des connaissances actuelles sur la biologie, la répartition, l’écologie et le comportement des espèces de requins présentes dans les eaux canadiennes. Les faits documentés sont distingués de leur interprétation, et toutes les hypothèses sont présentées avec un niveau de confiance approprié.
Codes de classification des incidents
Le Registre canadien des attaques de requins classe les incidents selon la nature principale de l’interaction.
PRE (Prédation ou attraction alimentaire) : Interaction liée à l’alimentation impliquant une personne ou une embarcation, y compris les incidents associés à des appâts, des captures, du sang dans l’eau ou d’autres stimuli alimentaires.
HB (Heurt ou bélier) : Un requin heurte, percute, entaille ou mord une personne, une embarcation, une planche à pagaie ou tout autre objet lorsque les données disponibles sont insuffisantes pour conclure que l’interaction était de nature prédatrice, défensive ou principalement liée à l’alimentation.
DF (Défensif) : Interaction résultant d’une réaction défensive du requin à une capture, un harcèlement, une blessure ou toute autre menace perçue.
CP (Comportement de poursuite) : Rencontre impliquant le suivi, l’observation rapprochée ou l’intérêt soutenu d’un requin envers une personne, sans contact physique.
CH (Charognage) : Événement impliquant l’alimentation ou l’examen de restes humains ou de parties de corps humains.
Niveaux de fiabilité des dossiers
Chaque dossier est évalué individuellement à partir des meilleures données historiques, biologiques et scientifiques disponibles.
Confirmé : L’incident est appuyé par des preuves fiables et est considéré comme s’étant produit tel que décrit.
Plausible : Les données disponibles suggèrent que l’incident a pu se produire, mais des incertitudes importantes subsistent.
Non confirmé : Les données disponibles sont insuffisantes pour confirmer l’incident ou pour identifier avec confiance l’espèce impliquée.
Discrédité : Les données disponibles indiquent que l’incident rapporté n’est pas étayé par les preuves, est hautement improbable ou s’explique plus vraisemblablement par le folklore, une erreur d’identification, une exagération, la duplication d’un autre récit ou une cause sans lien avec un requin.
Pour les définitions de termes tels que attaque, incident et comportement de poursuite, consultez Comprendre les interactions entre les requins et les humains au Canada, qui fournit le contexte scientifique et l’interprétation associés au Registre canadien des attaques de requins (RCAR).
Pourquoi inclure les incidents discrédités ?
Le Registre canadien des attaques de requins vise à documenter tous les signalements connus d’incidents présumés impliquant des requins au Canada, et non uniquement ceux qui peuvent être confirmés. Les anecdotes historiques, légendes locales, articles de journaux et récits largement diffusés sont donc inclus lorsqu’ils font partie du dossier historique ou qu’ils sont fréquemment cités dans la littérature ou les médias.
L’inclusion de ces récits ne signifie pas qu’ils sont authentiques. Au contraire, leur présence dans le Registre permet de les soumettre à un examen critique fondé sur les meilleures données historiques, biologiques et scientifiques disponibles. Lorsque les informations disponibles indiquent qu’un événement n’est pas étayé par les preuves, qu’il est incompatible avec les connaissances actuelles sur la biologie des requins ou qu’il s’explique plus vraisemblablement par le folklore, une erreur d’identification, une exagération ou la duplication d’un autre récit, cette conclusion est clairement indiquée dans l’évaluation et reflétée dans le statut du dossier.
Exclure complètement ces signalements pourrait donner l’impression qu’ils ont été ignorés ou qu’ils étaient inconnus des chercheurs. En les conservant et en les évaluant de manière transparente, le Registre offre un portrait aussi complet que possible du dossier historique tout en distinguant clairement les événements documentés des affirmations non corroborées.
Le Registre canadien des attaques de requins en chiffres
En date de la version 2.0 (22 juin 2026), le Registre canadien des attaques de requins (RCAR) comprend 31 dossiers, dont 30 incidents individuels et un dossier historique collectif fondé sur des traditions orales autochtones antérieures à l’arrivée des Européens. Ensemble, ces dossiers couvrent plus de 330 ans d’histoire des requins au Canada et constituent l’examen le plus complet actuellement disponible des incidents impliquant des requins dans les eaux canadiennes.
Composition du Registre
- 31 dossiers documentés
- 1 dossier historique collectif fondé sur des traditions orales autochtones
- 30 incidents individuels couvrant plus de 330 ans
Statut des dossiers
- 15 incidents confirmés
- 4 incidents plausibles
- 1 incident non confirmé
- 4 récits discrédités
- 1 signalement historique sans preuve à l’appui et probablement survenu ailleurs
- 1 incident confirmé dont l’identification de l’espèce et l’interprétation comportementale demeurent incertaines
- 1 dossier historique collectif appuyé par plusieurs sources orales et historiques indépendantes
Conséquences pour les humains
- 1 décès confirmé lié à un requin au Canada
- 4 décès historiques additionnels classés comme plausibles
- 1 cas confirmé de charognage impliquant des restes humains
- 1 blessure non mortelle ayant nécessité une intervention médicale
- 24 incidents n’ayant causé aucune blessure humaine
Autres interactions documentées
- 1 attaque mortelle confirmée sur un chien domestique
- 2 attaques confirmées contre des planeurs de recherche scientifique
- Plusieurs interactions confirmées impliquant des embarcations, canots, engins de pêche, planches à pagaie, plongeurs et surfeurs sans blessure grave
- De nombreux cas de comportement investigateur dirigé vers des embarcations et d’autres objets inanimés
Espèces représentées
- Requin blanc (Carcharodon carcharias)
- Requin du Groenland (Somniosus microcephalus)
- Requin maraîche (Lamna nasus)
- Requin griset (Hexanchus griseus)
- Espèce inconnue ou indéterminée
Période couverte
- Plus ancien dossier : traditions orales autochtones précontact
- Plus ancien incident individuel : 1691
- Incident le plus récent : 2025
Base de donnée des incidents
Les dossiers sont présentés par ordre chronologique. Sélectionnez une année ci-dessous pour consulter la description de l’incident, son évaluation scientifique et les références associées.
ID RCAR : CSAR-0030
Date : 2025-08-12
Lieu : Cherry Hill Beach, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Interaction entre un requin et une planche à pagaie — Code : HB
Espèce (confirmée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (comportement investigateur ou erreur d’identification possible)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
Le 12 août 2025, le planchiste à pagaie Kent Walsh a rencontré un grand requin alors qu’il pagayait au large de Cherry Hill Beach, en Nouvelle-Écosse. Selon son témoignage, le requin a soudainement saisi sa planche à pagaie, le projetant à l’eau. En regardant vers la surface, Walsh a observé le requin tenter de dégager ses mâchoires de la planche flottante, tandis qu’une grande partie de sa nageoire dorsale et de la partie supérieure de son corps demeurait visible hors de l’eau. Walsh a alors frappé à plusieurs reprises le requin à la tête avec sa pagaie jusqu’à ce qu’il relâche la planche, lui permettant de regagner la rive sain et sauf. La planche a subi des dommages importants.¹
L’incident a entraîné la fermeture temporaire de Cherry Hill Beach pendant que les autorités locales et les responsables des pêches examinaient l’événement. Des photographies et des séquences vidéo de la planche endommagée ont ensuite été analysées par des spécialistes des requins. Sur la base des marques de morsure et des éléments de preuve disponibles, l’expert en requins Chris Harvey-Clark a conclu que l’animal était un jeune requin blanc (Carcharodon carcharias) mesurant environ trois mètres de longueur.¹
Aucun élément ne permet de conclure que le requin ait eu un contact physique avec le planchiste. La rencontre s’est terminée sans blessure.
L’événement a reçu une importante couverture médiatique nationale et internationale et constitue l’un des incidents impliquant un requin les mieux documentés de l’histoire canadienne grâce à la disponibilité de photographies contemporaines, de séquences vidéo, de témoignages directs et d’une expertise scientifique indépendante.
Évaluation de l’ORS
L’identification du requin comme un requin blanc (Carcharodon carcharias) repose sur plusieurs sources de preuve indépendantes, notamment les dommages documentés à la planche, les observations du témoin et l’examen spécialisé des marques de morsure. Ensemble, ces éléments confèrent un degré élevé de confiance à l’identification de l’espèce.
La motivation comportementale à l’origine de l’interaction ne peut être déterminée avec certitude. Une explication plausible est que le requin examinait un objet inhabituel à la surface. Les requins blancs sont connus pour manifester occasionnellement un comportement exploratoire ou investigateur envers des stimuli nouveaux, bien que la fréquence et la signification écologique de ce comportement demeurent imparfaitement comprises. Une autre possibilité est que la silhouette de la planche ait ressemblé, vue d’en dessous, à celle d’un phoque ou d’une autre proie naturelle. D’autres interprétations, notamment un contact accidentel ou un autre contexte comportemental, ne peuvent être exclues à partir des données disponibles.
Il importe toutefois de souligner qu’aucun élément n’indique que le requin ait dirigé une attaque prédatrice soutenue contre le planchiste. Les observations disponibles montrent que le contact physique a été limité à la planche elle-même et que son occupant s’en est sorti indemne.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une interaction confirmée entre un requin blanc et une planche à pagaie ayant causé des dommages importants à la planche, mais aucune blessure à son occupant. Bien que la motivation comportementale exacte demeure inconnue, un comportement investigateur dirigé vers la planche constitue l’interprétation la plus parcimonieuse.
Note complémentaire
L’incident de Cherry Hill a suscité une attention médiatique considérable parce qu’il s’est produit dans une région où les blessures causées par des requins demeurent exceptionnellement rares. Malgré l’ampleur de la couverture médiatique, cet événement ne modifie pas la réalité statistique générale selon laquelle les rencontres entraînant des blessures demeurent extrêmement peu fréquentes dans les eaux canadiennes.
Référence
¹ LeBel, J. (15 août 2025). Great white fright: N.S. man escapes unscathed after using paddle to repel shark. Global News.
ID RCAR : CSAR-0029
Date : 2024-09-22
Lieu : Au large de la Nouvelle-Écosse (environ 300 km au sud-est d’Halifax)
Type d’incident : Attaque contre un objet inanimé — Code : PRE
Espèce (présumée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Comportement investigateur dirigé vers un véhicule sous-marin autonome (provoqué)
Résultat : Planeur de recherche endommagé et mis hors service
Statut : Confirmé

Description
Le 22 septembre 2024, un planeur océanique autonome exploité par Pêches et Océans Canada (MPO) a subi d’importants dommages alors qu’il effectuait des travaux de recherche océanographique à environ 300 kilomètres au large de la Nouvelle-Écosse. L’appareil, un planeur SeaExplorer, faisait partie d’un programme scientifique de surveillance environnementale dans l’Atlantique Nord-Ouest.¹ ²
Selon les chercheurs du MPO, le planeur évoluait à une profondeur d’environ 300 mètres lorsqu’il a soudainement subi une défaillance et amorcé une remontée d’urgence vers la surface. Les données de télémétrie indiquaient qu’il avait été victime d’un impact important. Après sa récupération, les enquêteurs ont constaté des dommages structuraux considérables concentrés près de la section avant de l’appareil, notamment des perforations, des entailles, des déformations de composantes externes ainsi que des dommages à certains systèmes internes.¹ ²
L’examen du véhicule récupéré a permis de conclure que les dommages avaient vraisemblablement été causés par un grand requin. Les chercheurs ont signalé que les marques observées présentaient des caractéristiques compatibles avec des dents dentelées et ont notamment relevé qu’un élément structural massif en aluminium avait été fortement déformé lors de l’interaction.¹
L’analyse des données de télémétrie a également suggéré que le requin aurait pu interagir avec le planeur à plus d’une reprise. Les enquêteurs ont émis l’hypothèse qu’une première morsure se serait produite alors que l’appareil évoluait en profondeur et qu’une seconde interaction aurait pu survenir lors de sa remontée vers la surface à la suite de la défaillance initiale.¹
L’incident a ensuite fait l’objet d’une couverture médiatique ainsi que d’un examen technique détaillé présenté en vidéo par le vétérinaire et chercheur en requins Chris Harvey-Clark, en collaboration avec du personnel de Pêches et Océans Canada. Cette documentation fournit des vues rapprochées des dommages ainsi qu’une analyse technique de l’état du véhicule après sa récupération.³
Aucune personne n’a été blessée.
Évaluation de l’ORS
L’existence de cet incident est exceptionnellement bien documentée grâce aux données de télémétrie, à la récupération du planeur endommagé, à son examen direct, à la couverture médiatique et à la documentation vidéo technique illustrant la nature et l’étendue des dommages. Les éléments disponibles confirment qu’un grand requin a causé des dommages importants à un planeur océanique autonome.
L’espèce responsable ne peut être identifiée avec une certitude absolue puisqu’aucune dent, aucun échantillon de tissu ni aucun matériel génétique attribuable au requin n’a été signalé. Néanmoins, les données disponibles appuient fortement l’identification d’un requin blanc (Carcharodon carcharias).
Selon les chercheurs du MPO, la morphologie des marques observées, notamment la présence d’empreintes compatibles avec des dents dentelées, correspond à la dentition d’un requin blanc. Le véhicule récupéré constitue donc une preuve physique directe d’une interaction avec un requin. Le lieu de l’incident est également pertinent. Les requins blancs sont régulièrement observés dans les eaux hauturières de l’Atlantique canadien à la fin de l’été et à l’automne et sont connus pour effectuer d’importants déplacements verticaux, y compris des plongées atteignant plusieurs centaines de mètres de profondeur.¹ ²
Les dommages observés sont incompatibles avec une défaillance mécanique ordinaire ou un contact accidentel avec des débris flottants. La documentation vidéo révèle des perforations, des entailles, des déformations de composantes externes ainsi que des dommages nécessitant l’application d’une force considérable. Les chercheurs ont également signalé qu’un élément structural massif en aluminium avait été fortement déformé lors de l’interaction. Ensemble, ces observations appuient la conclusion selon laquelle le planeur a été mordu par un grand requin.
Les données de télémétrie suggèrent également que le requin pourrait avoir interagi avec le planeur à plus d’une reprise. Les enquêteurs ont indiqué que l’appareil aurait subi un premier impact en profondeur avant d’amorcer une remontée d’urgence, puis une seconde interaction potentielle lors de son ascension dans la colonne d’eau. Bien que cette interprétation ne puisse être confirmée de façon définitive, elle demeure compatible avec le patron de dommages observé et avec la séquence des événements enregistrée par le véhicule.¹
La motivation comportementale à l’origine de l’interaction demeure incertaine. Les planeurs océanographiques autonomes produisent des signaux visuels, hydrodynamiques, acoustiques et possiblement électriques susceptibles d’attirer l’attention des grands requins prédateurs. Leur taille, leur couleur, leur mode de déplacement et leur profil de plongée oscillant peuvent également évoquer des stimuli biologiques ou environnementaux inhabituels. Les requins blancs sont connus pour examiner certains objets inconnus par contact physique ou par morsure exploratoire, et ce comportement constitue l’explication la plus parcimonieuse de l’interaction observée.
Cet incident présente de fortes similitudes avec l’événement impliquant un planeur du Ocean Tracking Network survenu près de l’île de Sable en 2021 (CSAR-0027), au cours duquel un planeur Slocum a subi d’importants dommages attribués à un probable requin blanc. Les ressemblances entre les deux dossiers fournissent des indications supplémentaires selon lesquelles les véhicules sous-marins autonomes peuvent occasionnellement susciter un comportement investigateur chez les grands requins dans les eaux canadiennes de l’Atlantique.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une interaction confirmée avec un requin ayant causé des dommages importants à un planeur de recherche autonome. Les marques de morsure compatibles avec une dentition dentelée, le patron de dommages observé, les données de télémétrie, l’examen spécialisé, la présence connue de requins blancs dans la région et la comparaison avec l’incident similaire de 2021 appuient fortement l’hypothèse d’un requin blanc (Carcharodon carcharias) comme espèce responsable. Toutefois, puisqu’aucun matériel dentaire ou génétique diagnostique n’a été récupéré ou signalé publiquement, cette identification doit être considérée comme fortement appuyée, mais non confirmée de manière définitive.
Recommandation
Les chercheurs utilisant des véhicules sous-marins autonomes dans des régions fréquentées par de grands requins devraient reconnaître que ce type d’équipement peut occasionnellement susciter un comportement investigateur. Bien que ces interactions demeurent exceptionnellement rares, elles peuvent entraîner la perte ou l’endommagement d’équipements scientifiques, interrompre des programmes de recherche et compromettre la continuité de séries de données à long terme. Lorsqu’un appareil endommagé est récupéré, son examen devrait inclure une documentation photographique détaillée et, dans la mesure du possible, la collecte de matériel biologique ou génétique sur les sites de morsure.
Note complémentaire
Cet incident constitue l’un des exemples les mieux documentés d’interaction entre un requin et une plateforme scientifique de recherche dans les eaux canadiennes. Avec l’incident du planeur du Ocean Tracking Network survenu en 2021 (CSAR-0027), il fournit des preuves convaincantes que les planeurs océanographiques autonomes peuvent occasionnellement susciter un comportement investigateur chez les grands requins. Ces dossiers sont particulièrement précieux puisqu’ils combinent des dommages physiques, des données de télémétrie et un examen spécialisé, un niveau de documentation rarement disponible dans les incidents impliquant des requins.
Références
- Shark likely to blame for taking chomp out of DFO ocean glider off N.S. coast. CBC News, 8 octobre 2024.
- Ocean research device victim of great white shark attack off Nova Scotia shore. Global News / La Presse canadienne, 8 octobre 2024.
- Harvey-Clark, C. (2024). Technical video examination of the damaged Fisheries and Oceans Canada SeaExplorer glider following a suspected white shark interaction.
ID RCAR : CSAR-0028
Date : 2023-10-18
Lieu : Île Toby, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Attaque sur un chien domestique — Code : PRE
Espèce (présumée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par un oiseau aquatique blessé et l’activité de surface associée à la chasse aux canards)
Résultat : Chien tué
Statut : Confirmé

Description
Le 18 octobre 2023, une Chesapeake Bay Retriever nommée Pepper a été mortellement attaquée par un requin alors qu’elle rapportait un canard de mer près de l’île Toby, au large de Port Medway, en Nouvelle-Écosse. Selon son propriétaire, un chasseur expérimenté de canards de mer ayant demandé à conserver l’anonymat, Pepper avait déjà effectué avec succès un premier rapport ce matin-là et entrait dans l’eau pour récupérer le deuxième oiseau de la journée lorsque l’incident s’est produit.¹
Le propriétaire a indiqué que la chienne n’avait parcouru qu’une courte distance depuis l’embarcation lorsqu’un grand requin l’a soudainement attaquée par en dessous, la soulevant partiellement hors de l’eau avant de l’entraîner sous la surface. Quelques instants plus tard, Pepper est réapparue et a tenté de regagner l’embarcation, où elle a été hissée à bord. Malgré sa récupération rapide, elle avait subi des blessures catastrophiques et est décédée peu après.¹
Le chasseur a estimé que le requin mesurait environ 2,4 mètres de longueur, mais a précisé que l’attaque s’était déroulée si rapidement qu’il n’avait pas été en mesure d’identifier l’espèce avec certitude. L’embarcation se trouvait près du rivage dans environ six mètres (20 pieds) d’eau, et Pepper nageait depuis seulement quelques minutes lorsque l’attaque est survenue.¹
L’incident a suscité une importante couverture médiatique à travers le Canada et a ravivé les discussions concernant la présence saisonnière de grands requins le long des côtes de la Nouvelle-Écosse.
Évaluation de l’ORS
L’attaque mortelle du chien est appuyée par le témoignage direct de son propriétaire et ne fait aucun doute. Toutefois, en l’absence de photographies ou de vidéos du requin, de dents récupérées, d’échantillons biologiques ou d’un examen médico-légal des blessures rendu public, l’identité de l’espèce responsable ne peut être établie avec certitude.
Plusieurs éléments indépendants appuient néanmoins l’hypothèse du requin blanc. L’incident s’est produit en octobre, une période où les requins blancs sont régulièrement observés dans les eaux néo-écossaises, y compris dans des environnements côtiers. La longueur estimée de l’animal, soit environ 2,4 mètres, correspond à celle d’un jeune requin blanc, et le secteur est fréquenté par des phoques gris et d’autres mammifères marins constituant des proies importantes pour cette espèce.
Les circonstances de l’événement ont également pu accroître la probabilité d’attirer un requin. La récupération d’un oiseau aquatique fraîchement abattu peut libérer du sang et d’autres substances biologiques dans l’eau, tandis que les éclaboussures répétées produites par un chien rapporteur en nage génèrent des signaux visuels, acoustiques et hydrodynamiques pouvant rappeler ceux d’une proie en difficulté. Ensemble, ces stimuli ont pu attirer un requin déjà en activité de recherche alimentaire dans le secteur.
D’autres espèces ne peuvent être totalement exclues. Toutefois, la saison, la localisation géographique, la taille estimée de l’animal et le contexte comportemental observé sont tous compatibles avec l’hypothèse d’un jeune requin blanc.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une attaque mortelle confirmée sur un chien domestique survenue lors de la récupération d’un oiseau aquatique chassé près de l’île Toby, en Nouvelle-Écosse, le 18 octobre 2023. L’ensemble des éléments disponibles favorise fortement l’hypothèse d’un jeune requin blanc (Carcharodon carcharias) comme espèce responsable. Toutefois, en l’absence de preuve physique directe rendue publique permettant de confirmer cette identification, l’espèce demeure présumée plutôt que confirmée.
Considérations de sécurité
Les chasseurs de sauvagine, les propriétaires de chiens de rapport et les autres usagers récréatifs devraient être conscients que les requins blancs peuvent demeurer présents dans les eaux de l’Atlantique canadien jusqu’à la fin de l’automne. Les activités impliquant du gibier blessé, du sang dans l’eau ou des éclaboussures répétées à la surface peuvent accroître la probabilité d’attirer un requin dans les secteurs où l’espèce est présente de façon saisonnière. Lorsque cela est possible, la récupération du gibier devrait être effectuée en tenant compte de l’activité locale des requins et des conditions environnementales du moment.
Note complémentaire
À notre connaissance, il s’agit du premier cas documenté d’attaque mortelle d’un requin sur un chien domestique dans les eaux canadiennes. Bien que tragique, l’événement s’est produit dans des circonstances très particulières impliquant un chien de chasse en activité de rapport dans un secteur et à une période de l’année où les requins blancs sont connus pour être présents.
Référence
¹ Owner left shocked after watching his dog get attacked by shark in N.S. waters. Global News, 19 octobre 2023.
ID RCAR : CSAR-0027
Date : 2021-09-12
Lieu : Au large de l’île de Sable, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Attaque contre un objet inanimé — Code : PRE
Espèce (présumée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Comportement investigateur dirigé vers un véhicule sous-marin autonome (provoqué)
Résultat : Planeur de recherche mis hors service
Statut : Confirmé

Description
Le 12 septembre 2021, un planeur sous-marin autonome exploité par l’Ocean Tracking Network (OTN) et déployé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada a été attaqué et mis hors service à environ 200 km à l’est de Halifax, près de l’île de Sable, en Nouvelle-Écosse. Le planeur Slocum participait à des travaux de recherche océanographique et au suivi de flétans de l’Atlantique munis d’émetteurs acoustiques lorsqu’il a subi d’importants dommages à son module de gouvernail en aluminium.¹
L’appareil endommagé a perdu sa capacité normale de navigation et a dérivé en mer pendant environ 72 heures avant d’être récupéré avec succès. Malgré la défaillance mécanique, le planeur a continué à transmettre sa position, ce qui a permis sa récupération et son examen ultérieur.¹
L’inspection des dommages a révélé de profondes perforations compatibles avec la morsure d’un grand requin.
Commentant l’incident, le directeur général de l’Ocean Tracking Network, le Dr Fred Whoriskey, a déclaré :
« Il devait s’agir d’un requin particulièrement gros et puissant, puisqu’il a réussi à enfoncer ses dents de plus de trois millimètres dans une pièce constituée d’aluminium massif. »¹
Après la récupération de l’appareil, les marques de morsure ont été examinées et des prélèvements d’ADNe ont été effectués afin de tenter d’identifier l’espèce responsable. Aucun résultat de cette analyse n’a toutefois été rendu public à ce jour.
Évaluation de l’ORS
Les dommages subis par le planeur ainsi que la perte de sa capacité de navigation sont bien documentés grâce à la récupération de l’appareil et à son examen direct par le personnel de l’Ocean Tracking Network. L’incident est donc considéré comme confirmé.
L’identité du requin responsable ne peut toutefois être établie avec certitude. Aucune dent n’a été récupérée et aucun résultat génétique provenant des échantillons d’ADNe prélevés après la récupération n’a été rendu public.
Néanmoins, plusieurs éléments indépendants appuient fortement l’hypothèse du requin blanc. Les requins blancs sont abondants de façon saisonnière dans les eaux entourant l’île de Sable à la fin de l’été et à l’automne, où ils exploitent l’importante population de phoques gris de la région. Les dimensions et la force de la morsure, qui a pénétré plusieurs millimètres dans de l’aluminium massif, sont compatibles avec les puissantes mâchoires d’un grand requin lamniforme, et le Dr Fred Whoriskey a publiquement identifié le requin blanc comme l’espèce la plus probable.
La motivation comportementale à l’origine de l’interaction demeure spéculative. La taille, la forme, le mouvement, la couleur, les émissions acoustiques ou encore les vibrations de basse fréquence produites par le planeur pourraient avoir attiré l’attention du requin. Les requins blancs sont connus pour examiner des objets inconnus au moyen de contacts physiques ou de morsures exploratoires, un comportement déjà documenté ailleurs sur des embarcations, des planches de surf, des équipements scientifiques et divers objets flottants.
L’interprétation de cet incident est renforcée par un événement subséquent documenté au large de la Nouvelle-Écosse en 2024, lorsqu’un planeur océanique autonome de Pêches et Océans Canada a subi d’importants dommages structuraux attribués à des morsures répétées d’un probable requin blanc. L’examen détaillé de l’appareil récupéré, combiné aux données de télémétrie et à l’analyse technique présentée par Chris Harvey-Clark et le personnel du MPO, a révélé des similitudes frappantes avec le dossier de 2021 et fournit des indications supplémentaires selon lesquelles les véhicules sous-marins autonomes peuvent occasionnellement susciter un comportement investigateur chez les requins blancs.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une interaction confirmée avec un requin ayant entraîné la mise hors service d’un planeur de recherche autonome. Bien qu’aucune preuve physique directe ne permette d’identifier définitivement l’espèce responsable, la localisation, la saison, la nature des dommages, l’évaluation des experts et l’existence d’un incident presque identique documenté en 2024 appuient fortement l’hypothèse d’un requin blanc (Carcharodon carcharias). L’identification de l’espèce doit donc être considérée comme présumée plutôt que confirmée.
Note complémentaire
Cet incident constitue l’un des premiers cas documentés dans l’Atlantique canadien où un grand requin a infligé des dommages importants à un planeur océanographique autonome. Un événement comparable s’est produit en 2024 lorsqu’un planeur de Pêches et Océans Canada opérant au large de la Nouvelle-Écosse a subi d’importants dommages attribués à un probable requin blanc (voir CSAR-0029). Ensemble, ces deux dossiers suggèrent que les interactions entre les grands requins et les véhicules sous-marins autonomes, bien que rares, ne sont pas des événements isolés et reflètent vraisemblablement un comportement investigateur dirigé vers des objets mobiles inhabituels dans l’environnement marin.
Références
- ‘Big and powerful’ shark attack left ocean glider adrift off Nova Scotia for days. CBC News, 17 septembre 2021.
- Dal’s university veterinarian was on a routine dive near Halifax. Then a great white shark spotted him. Dal News, 15 novembre 2021.
CSAR ID: CSAR-0026
Date: 2021-11-09
Location: Chebucto Head, Nova Scotia
Incident type: Stalking encounter with no physical contact — Code: CP
Species (Confirmed): White shark (Carcharodon carcharias)
Possible cause(s): Undetermined (investigatory behaviour in close proximity to a feeding area possible)
Result: No injury
Status: Confirmed

Description
Le 9 novembre 2021, deux plongeurs autonomes, dont le vétérinaire et chercheur en requins Chris Harvey-Clark, ont rencontré un jeune requin blanc alors qu’ils exploraient l’épave du Letitia au large de Chebucto Head, près de l’entrée du port de Halifax.
Le requin a d’abord été observé à une profondeur d’environ 33 mètres et à une distance estimée de huit mètres des plongeurs. Harvey-Clark a immédiatement identifié l’animal comme un requin blanc d’environ trois mètres de longueur, soit une taille correspondant à la période où les juvéniles avancés amorcent leur transition d’un régime principalement piscivore vers un régime intégrant davantage de mammifères marins.
Après cette première observation, le requin a effectué deux autres passages rapprochés. Lors de la seconde approche, il serait passé à environ six mètres des plongeurs. Préoccupé par la répétition de ces approches, Harvey-Clark a signalé à son partenaire qu’il convenait d’interrompre la plongée et de rejoindre immédiatement la ligne de remontée.
Le requin a effectué un troisième passage avant que les plongeurs n’atteignent le câble de mouillage menant à leur embarcation. La visibilité s’est ensuite fortement dégradée au-dessus d’environ dix mètres de profondeur, au point où les plongeurs ne pouvaient plus distinguer l’extrémité de leurs palmes, ce qui a accru leur sentiment de vulnérabilité pendant la remontée. Par mesure de précaution, ils ont choisi d’omettre l’arrêt de sécurité habituel et de regagner directement la surface.
Réfléchissant à cette expérience, Harvey-Clark a déclaré :
« C’est une chose qu’un requin passe une fois pour vous observer, mais lorsqu’il revient à plusieurs reprises, il y a une véritable investigation prédatrice en cours, et vous ne voulez pas vous retrouver à son extrémité. C’est le sentiment d’être chassé, et ce n’est pas une sensation agréable. »¹
Il a également ajouté :
« La visibilité était si mauvaise qu’on ne pouvait pas voir le bout de ses palmes. Nous étions dans une eau trouble, juste à côté d’un secteur fréquenté par des phoques, avec un requin en quête de nourriture à proximité et aucun moyen de nous défendre. C’est à peu près le pire scénario imaginable. »¹
Évaluation de l’ORS
Cette rencontre est bien documentée grâce au témoignage direct d’un spécialiste des requins et vétérinaire possédant une vaste expérience des interactions avec ces animaux. L’identification du requin comme un requin blanc (Carcharodon carcharias) est donc considérée comme fiable.
Les approches répétées de l’animal ont naturellement suscité l’inquiétude des plongeurs. Toutefois, le requin n’a établi aucun contact physique et n’a manifesté aucun signe sans équivoque d’une attaque prédatrice imminente. Des passages répétés de ce type ont déjà été documentés chez le requin blanc et peuvent correspondre à un comportement exploratoire dirigé vers des objets inhabituels présents dans son environnement.
La rencontre s’est produite à proximité d’un habitat fréquenté par les phoques gris et d’autres mammifères marins constituant des ressources alimentaires importantes pour les requins blancs juvéniles et subadultes. La proximité d’une zone d’alimentation potentielle, combinée à une visibilité sous-marine extrêmement réduite, a pu contribuer à l’intérêt manifesté par le requin envers les plongeurs.
La décision des plongeurs de mettre fin immédiatement à la plongée et de remonter par la ligne d’ascension était prudente. Demeurer sous l’eau jusqu’à des réserves d’air plus faibles ou effectuer un arrêt de sécurité prolongé aurait inutilement accru les risques associés à la diminution de l’air disponible, à la détérioration de la visibilité et à la présence continue du requin. De plus, comme les deux plongeurs étaient concentrés sur le fond marin à la recherche de raies-torpilles, il est tout à fait possible que le requin se soit approché d’eux avant même d’être détecté.
Bien que la motivation comportementale du requin ne puisse être déterminée avec certitude, les données disponibles appuient l’interprétation selon laquelle l’animal examinait les plongeurs plutôt que de chercher activement à les attaquer.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une rencontre confirmée avec comportement de poursuite impliquant un requin blanc (Carcharodon carcharias) s’étant approché à plusieurs reprises de deux plongeurs sans établir de contact physique. Bien que la motivation comportementale exacte demeure inconnue, un comportement investigateur constitue l’interprétation la plus parcimonieuse.
Considérations de sécurité
Les plongeurs ne devraient pas se fier au calendrier pour estimer le moment où les requins blancs ont quitté les eaux de l’Atlantique canadien pour la saison. Des observations vérifiées démontrent que l’espèce peut demeurer présente dans le golfe du Saint-Laurent et dans les provinces maritimes jusqu’en novembre. La question de savoir si cette situation reflète une modification à long terme de la période de résidence saisonnière associée à l’évolution des conditions environnementales demeure un sujet actif de recherche scientifique.
Note complémentaire
Chris Harvey-Clark a été interviewé directement par l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) au sujet de cette rencontre. Il était également l’un des deux plongeurs impliqués dans le cas documenté de comportement de poursuite par un requin du Groenland près de Baie-Comeau, au Québec (CSAR-0020), en 2004.
L’ORS est également au courant d’un signalement similaire, mais non corroboré, impliquant un plongeur et un requin blanc présumé à Chebucto Head en 1991. En l’absence d’éléments de preuve indépendants, cet événement n’est pas actuellement inclus dans le Registre.
Références
- Dal’s university veterinarian was on a routine dive near Halifax. Then a great white shark spotted him. Dal News, 15 novembre 2021.
- Le golfe du Saint-Laurent a eu chaud en 2021. La Presse, 19 janvier 2022.
Lecture complémentaire : How a great white shark altered an N.S. underwater researcher’s diving plans for 2022. Toronto Star, 24 décembre 2021.
ID RCAR : CSAR-0025
Date : 2021-08-13
Lieu : Île Margaree, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Attaque par morsure ou coupure sur une nageuse — Code : HB
Espèce (présumée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (comportement investigateur ou erreur d’identification dans une zone d’alimentation possible)
Résultat : Blessure nécessitant une intervention médicale
Statut : Plausible

Description
Le 13 août 2021, Taylor Boudreau-Deveaux, âgée de 22 ans, nageait à partir d’une embarcation de plaisance à environ 0,8 km à l’ouest de l’île Margaree (également connue sous le nom de Sea Wolf Island), en Nouvelle-Écosse, lorsqu’elle a subi une grave blessure à la cuisse attribuée à une morsure. Des témoins ont rapporté avoir observé une nageoire dorsale sombre perçant la surface de l’eau immédiatement avant¹ et après² l’incident.
La victime a été transportée par hélicoptère vers un hôpital de Halifax, où elle a subi une intervention chirurgicale et reçu de nombreux points de suture. Selon une déclaration publique de son grand-père, Wayne Boudreau, elle s’est complètement rétablie malgré la gravité de sa blessure.
Aucune photographie ou vidéo du requin, aucun échantillon biologique, aucune dent récupérée, aucune preuve génétique ni aucune analyse médico-légale officielle de la blessure n’ont été rendus publics. De même, aucune personne directement impliquée dans l’incident n’a présenté publiquement d’éléments permettant d’identifier avec certitude l’espèce responsable.
Évaluation de l’ORS
Les éléments disponibles appuient fortement la conclusion selon laquelle la blessure a été causée par un requin. Toutefois, l’identité de l’espèce ne peut être confirmée avec certitude.
L’île Margaree est située immédiatement à proximité de la réserve nationale de faune de Sea Wolf Island, qui abrite une importante colonie de phoques gris (Halichoerus grypus). De tels secteurs constituent des zones d’alimentation reconnues pour le requin blanc et représentent des environnements où les interactions entre requins et humains, bien qu’exceptionnellement rares, sont plus susceptibles de se produire.
Plusieurs hypothèses peuvent expliquer le comportement du requin si l’agresseur était effectivement un requin blanc. L’animal a pu confondre la nageuse avec un pinnipède et infliger une morsure exploratoire, ou encore examiner une proie potentielle avant de se désengager. Il est également possible qu’il ait perçu la nageuse comme un compétiteur à proximité d’une opportunité alimentaire. Des travaux expérimentaux ont suggéré que les jeunes requins blancs peuvent occasionnellement mal identifier certains objets observés depuis le dessous dans certaines conditions environnementales en raison de limites liées à la discrimination visuelle.³
Malheureusement, aucune analyse médico-légale détaillée de la blessure ou des dommages tissulaires associés n’a été publiée. De telles informations auraient pu fournir des indications précieuses sur la mécanique de la morsure et sur l’identité de l’espèce responsable.
Néanmoins, plusieurs éléments circonstanciels indépendants appuient l’hypothèse du requin blanc. Ceux-ci comprennent les témoignages faisant état d’une nageoire dorsale sur les lieux, la localisation et la période de l’année, la présence documentée de requins blancs marqués dans les eaux voisines, la proximité immédiate d’une importante colonie de phoques gris ainsi que les caractéristiques générales de la blessure rapportée.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une morsure plausible infligée à une nageuse, l’ensemble des éléments disponibles favorisant fortement l’hypothèse d’un requin blanc (Carcharodon carcharias) comme espèce responsable. Toutefois, en l’absence de preuve physique directe rendue publique permettant de confirmer l’espèce, cette identification demeure présumée plutôt que confirmée, et le dossier est par conséquent classé comme plausible.
Note complémentaire
Au moment de la plus récente révision du dossier, aucune photographie, preuve biologique ou analyse médico-légale accessible au public n’avait été publiée par les personnes directement impliquées dans l’incident permettant de confirmer définitivement l’espèce responsable.
Références
- Woman badly injured in apparent N.S. shark attack. National Post, 14 août 2021.
- Shark expert believes recent incident may have involved white shark. The Port Hawkesbury Reporter, 23 août 2021.
- Ryan, L. A., et al. (2021). A shark’s eye view: testing the “mistaken identity theory” behind shark bites on humans. Journal of the Royal Society Interface, 18, 20210533. https://doi.org/10.1098/rsif.2021.0533
ID RCAR : CSAR-0024
Date : 2019-07-31
Lieu : White Point, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Signalement d’une rencontre avec comportement de poursuite sans contact physique — Code : CP
Espèce (présumée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (présence de phoques dans le secteur; motivation comportementale inconnue)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé (espèce et interprétation comportementale incertaines)

Description
Le 31 juillet 2019, un groupe de surfeurs a signalé l’observation d’une grande nageoire dorsale alors qu’il surfait au large de White Point, en Nouvelle-Écosse. Selon les reportages médiatiques, la nageoire aurait mesuré environ un mètre de hauteur au-dessus de la surface de l’eau et se serait retrouvée à un moment donné entre les surfeurs et le rivage, ce qui a incité le groupe à quitter l’eau et à regagner la plage plus loin sur la côte.¹
Les témoins ont interprété les déplacements de l’animal comme laissant croire qu’il les suivait ou les observait. Toutefois, aucune photographie ni aucun enregistrement vidéo de l’animal n’a été obtenu, et aucun contact physique ni interaction directe n’a eu lieu.
L’incident a suscité une importante couverture médiatique et ravivé les discussions publiques concernant la présence de grands requins le long de la côte sud de la Nouvelle-Écosse.
Évaluation de l’ORS
L’observation elle-même est bien documentée par plusieurs témoignages indépendants et par une couverture médiatique contemporaine. Elle est donc considérée comme confirmée. Toutefois, l’identité de l’animal ainsi que son comportement ne peuvent être établis avec certitude.
Bien que des requins blancs aient été présents dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse durant l’été 2019, les dimensions rapportées de la nageoire dorsale sont également compatibles avec celles du requin pèlerin (Cetorhinus maximus), une espèce inoffensive se nourrissant de plancton qui nage fréquemment à la surface et est régulièrement observée dans les eaux de l’Atlantique canadien. La hauteur estimée de la nageoire permet également d’écarter des espèces comme le poisson-lune (Mola mola), souvent confondu avec un requin, mais dont le profil dorsal est très différent.
De même, les données disponibles sont insuffisantes pour conclure que l’animal, s’il s’agissait effectivement d’un requin, poursuivait activement les surfeurs. La position apparente de la nageoire entre le groupe et le rivage peut tout simplement résulter des déplacements indépendants des surfeurs et de l’animal plutôt que d’un comportement intentionnel. En l’absence d’observations supplémentaires ou d’éléments de preuve complémentaires, attribuer une intention de poursuite demeurerait spéculatif.
White Point se situe à environ neuf kilomètres du secteur côtier du parc national Kejimkujik, une région connue pour abriter d’importantes populations de phoques gris et de phoques communs. Le chercheur de l’ORS Jeffrey Hay Gallant a également observé des phoques gris et des phoques communs nageant parmi des surfeurs à White Point pendant deux journées consécutives en juillet 2022, démontrant que les pinnipèdes fréquentent régulièrement ce secteur et peuvent attirer des requins blancs de façon saisonnière.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une observation confirmée d’un grand animal marin muni d’une nageoire à proximité immédiate de surfeurs. Toutefois, les informations disponibles sont insuffisantes pour déterminer l’espèce impliquée ou pour conclure que l’animal poursuivait intentionnellement les surfeurs. Bien qu’un requin blanc demeure une hypothèse plausible compte tenu de la localisation et de la saison, un requin pèlerin ou un autre grand animal marin ne peut être exclu. L’identification de l’espèce demeure donc présumée et l’interprétation comportementale demeure incertaine.
Considérations de sécurité
Lorsqu’un grand animal marin non identifié présentant une nageoire dorsale proéminente est observé à proximité de nageurs ou de surfeurs, quitter l’eau calmement et de manière ordonnée constitue une mesure de précaution raisonnable, quelle que soit l’espèce impliquée. Il n’est pas recommandé de tenter de confirmer l’identité de l’animal depuis l’eau.
Référence
- Diver story of shark encounter along Nova Scotia’s South Shore sparks concern among surfers. Global News, 31 juillet 2019.
ID RCAR : CSAR-0023
Date : 2012-07-19
Lieu : Tofino, Colombie-Britannique
Type d’incident : Blessure signalée à un surfeur attribuée à une morsure ou à une coupure — Code : HB
Espèce : Inconnue
Cause(s) possible(s) : Indéterminée
Résultat : Blessure à un doigt
Statut : Non confirmé

Description
Le 19 juillet 2012, une surfeuse à Tofino, en Colombie-Britannique, a signalé une blessure à l’un de ses doigts alors qu’elle pratiquait le surf. Selon les reportages médiatiques, elle croyait initialement que sa laisse de surf (leash) s’était accrochée à sa main ou l’avait blessée. Ce n’est qu’après avoir consulté un médecin qu’il lui aurait été suggéré que la blessure pouvait plutôt avoir été causée par une morsure de requin.¹
Aucun requin n’a été observé par la surfeuse ni par d’autres témoins au moment de l’incident. Aucune photographie de la blessure, aucune analyse médico-légale, aucun échantillon biologique, aucune dent récupérée ni aucun autre élément de preuve physique reliant la blessure à un requin n’ont été rendus publics.
Le signalement a néanmoins suscité une attention médiatique considérable, les morsures de requins confirmées sur des humains étant exceptionnellement rares en Colombie-Britannique.
Évaluation de l’ORS
Les données disponibles sont insuffisantes pour déterminer si la blessure a effectivement été causée par un requin.
Aucun témoin n’a signalé la présence d’un requin et aucun élément de preuve physique ou médico-légal n’a été présenté pour étayer cette hypothèse. La description publique de la blessure ne correspond pas non plus aux caractéristiques généralement associées à une morsure de requin blanc (Carcharodon carcharias), l’espèce le plus souvent impliquée dans les morsures graves en eaux tempérées.
Les autres espèces susceptibles d’être envisagées présentent également des difficultés d’interprétation. Le requin-taupe saumon (Lamna ditropis) est un visiteur peu commun dans la région, se nourrit principalement de poissons et n’a jamais été impliqué dans une attaque confirmée sur un humain. Le requin griset (Hexanchus griseus) fréquente généralement des eaux plus profondes et n’est pas connu pour fréquenter régulièrement la zone de déferlement où l’incident serait survenu. L’aiguillat commun (Squalus acanthias), bien qu’abondant sur la côte de la Colombie-Britannique, est trop petit pour constituer une explication plausible et n’a jamais été associé à une attaque sur un humain.
Des explications sans lien avec un requin, notamment une blessure causée par l’équipement de surf ou par un autre objet non identifié présent dans l’eau, ne peuvent être exclues et semblent même davantage compatibles avec les informations actuellement disponibles.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme non confirmé. Aucun requin n’a été observé, aucune preuve diagnostique n’a été rendue publique et aucune espèce candidate ne fournit une explication convaincante fondée sur sa biologie ou son comportement connus. Il n’existe donc pas suffisamment d’éléments pour conclure qu’un requin est à l’origine de la blessure signalée, et l’espèce impliquée, le cas échéant, demeure inconnue.
Note complémentaire
Ce dossier est inclus dans le Registre canadien des attaques de requins afin de reconnaître l’existence du signalement et l’attention médiatique qu’il a suscitée. Son inclusion ne doit pas être interprétée comme une validation de l’affirmation selon laquelle un requin était impliqué.
Référence
- Injured surfer’s shark-bite diagnosis met with skepticism. The Globe and Mail, 24 juillet 2012.
ID RCAR : CSAR-0022
Date : 2010-10-23
Lieu : Eastport, Maine (environ 2 km de la frontière canadienne)
Type d’incident : Plongeur heurté par un requin — Code : HB
Espèce (confirmée) : Requin maraîche (Lamna nasus)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par les cages d’élevage voisines et/ou comportement investigateur dirigé vers le plongeur)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
Le 23 octobre 2010, le plongeur commercial Scott MacNichol, du Nouveau-Brunswick, a vécu une rencontre rapprochée avec un requin-taupe commun alors qu’il travaillait sous une cage d’élevage de saumons vide près d’Eastport, dans le Maine, à environ deux kilomètres au sud de la frontière canadienne.
Au cours de la plongée, le requin a effectué plusieurs cercles autour de MacNichol avant d’établir un contact physique en le heurtant avec force. Le plongeur a par la suite décrit l’impact comme étant important et a interprété la rencontre comme une attaque apparente ou une tentative de coupure. Fait remarquable, l’ensemble de l’interaction a été capté en vidéo sous-marine et diffusé ultérieurement par plusieurs médias.
Malgré la violence de la collision, MacNichol n’a pas été mordu et s’en est sorti sans blessure.
Évaluation de l’ORS
Cette rencontre est exceptionnellement bien documentée grâce à des images vidéo contemporaines et au témoignage direct du plongeur. Le requin est clairement identifiable comme un requin-taupe commun (Lamna nasus), ce qui permet de confirmer à la fois la réalité de l’incident et l’identité de l’espèce impliquée.
La motivation exacte du comportement du requin ne peut toutefois être déterminée avec certitude. Le requin-taupe commun est principalement piscivore et n’est pas connu pour se nourrir de mammifères marins ni d’humains. Les données disponibles ne permettent donc pas d’interpréter cette rencontre comme une attaque prédatrice.
Plusieurs explications alternatives sont plausibles. Bien que le plongeur travaillait sous une cage vide, des cages voisines contenaient des poissons vivants susceptibles d’attirer des requins dans le secteur et d’y accroître l’activité alimentaire. Le requin a également pu percevoir le plongeur comme un compétiteur ou un objet inhabituel dans son environnement immédiat et réagir par un comportement investigateur ou de déplacement. Une autre possibilité est que l’équipement électronique transporté par le plongeur, notamment son système de caméra sous-marine, ait produit de faibles champs électriques ayant attiré ou stimulé le système électrosensoriel du requin.
Comme le requin a tourné à plusieurs reprises autour du plongeur avant d’établir un contact physique, l’événement correspond à ce qui est souvent décrit comme une interaction de type « heurt et investigation », au cours de laquelle un requin entre physiquement en contact avec un objet inconnu sans tenter ensuite de le mordre.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une rencontre confirmée au cours de laquelle un requin-taupe commun (Lamna nasus) s’est approché à plusieurs reprises d’un plongeur avant de le heurter physiquement sans le mordre ni lui causer de blessure. Bien que la motivation comportementale précise demeure inconnue, les circonstances observées sont davantage compatibles avec un comportement investigateur ou avec une attraction liée aux installations aquacoles voisines qu’avec une tentative de prédation.
Considérations de sécurité
Les plongeurs travaillant à proximité d’installations aquacoles ou d’autres secteurs où les poissons sont concentrés devraient être conscients que ces endroits peuvent attirer des requins. Bien que le requin-taupe commun ne soit pas connu pour considérer les humains comme des proies, des rencontres rapprochées impliquant un comportement investigateur peuvent survenir. Lorsqu’un requin effectue des cercles répétés ou des approches rapprochées, une sortie de l’eau calme et contrôlée constitue une mesure prudente lorsque les conditions le permettent.
Note complémentaire
La vidéo sous-marine de cette rencontre constitue l’un des rares enregistrements documentés à l’échelle mondiale montrant un requin-taupe commun entrant en contact physique avec un plongeur. Elle fournit ainsi un aperçu précieux du comportement investigateur de cette espèce envers les humains.
Vidéo : Voir la vidéo
Référence
- Diver films shark attacking him in Bay of Fundy. CTV News, 1er novembre 2010.
ID RCAR : CSAR-0021
Date : Printemps 2007
Lieu : Ingalik, Nunavut
Type d’incident : Rencontre avec comportement de poursuite sans contact physique — Code : CP
Espèce (confirmée) : Requin du Groenland (Somniosus microcephalus)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par le sang et les restes de phoques récemment dépecés)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
Au printemps 2007, Joeelee Papatsie a observé un requin du Groenland s’approcher de très près de son jeune petit-fils alors que celui-ci jouait dans l’eau peu profonde près du rivage à Ingalik, au Nunavut, avec un jouet en bois. Plus tôt dans la journée, des phoques avaient été dépecés au même endroit, laissant du sang et des résidus organiques dans l’eau.¹
Selon Papatsie, le requin est demeuré près du rivage et semblait examiner ou suivre les déplacements de l’enfant sans établir de contact physique. La rencontre s’est terminée sans blessure, mais elle a mis en évidence la capacité de cette espèce à pénétrer dans des eaux côtières extrêmement peu profondes lorsqu’elle répond à des stimuli associés à l’alimentation.
Évaluation de l’ORS
Cette observation est compatible avec le comportement bien documenté des requins du Groenland sur les sites arctiques de dépeçage de mammifères marins, où ces animaux sont régulièrement attirés vers le rivage par le sang, les carcasses rejetées et d’autres résidus organiques associés aux activités traditionnelles de subsistance.¹
Des observations comparables ont également été réalisées dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent, où des requins du Groenland ont été observés en train d’examiner des embarcations, des plongeurs et d’autres sources potentielles de nourriture dans des conditions environnementales favorables.² Ces comportements d’investigation reposeraient principalement sur le système olfactif très développé de l’espèce, bien que les signaux acoustiques et hydrodynamiques puissent également jouer un rôle dans la détection des proies.
Dans ce cas précis, le requin a vraisemblablement été attiré par les signaux chimiques provenant des phoques récemment dépecés. Les mouvements de l’enfant dans l’eau peu profonde ont pu produire des sons et des vibrations supplémentaires ayant concentré davantage l’attention du requin. Rien n’indique toutefois que l’animal ait manifesté un comportement ouvertement agressif ou tenté de mordre l’enfant.
Il convient néanmoins de souligner que des requins du Groenland attirés par des restes de mammifères marins ont déjà été observés dans des eaux si peu profondes qu’ils se sont parfois échoués lorsque la marée se retirait. Dans des conditions de faible visibilité causées par le sang, les sédiments en suspension ou la glace, une morsure d’investigation dirigée vers un objet inconnu ne peut être complètement exclue. Les enfants pourraient être particulièrement vulnérables dans de telles circonstances en raison de leur petite taille et de leur capacité plus limitée à réagir rapidement.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une rencontre confirmée avec comportement de poursuite impliquant un requin du Groenland (Somniosus microcephalus) qui s’est approché de très près d’un enfant sur un site de dépeçage de phoques sans établir de contact physique. L’explication la plus parcimonieuse est une attraction envers le sang et d’autres stimuli alimentaires associés aux phoques récemment transformés plutôt qu’une agression dirigée vers l’enfant.
Considérations de sécurité
Les personnes participant à la chasse ou au dépeçage de mammifères marins devraient éviter d’entrer dans l’eau là où du sang, des carcasses ou des déchets organiques sont présents ou ont récemment été rejetés. Une attention particulière devrait être accordée à la surveillance des enfants et des animaux domestiques à proximité des sites de dépeçage actifs, puisque les requins du Groenland peuvent s’approcher de très faibles profondeurs lorsqu’ils recherchent des sources de nourriture.
Note complémentaire
Une réaction comparable à de puissants stimuli alimentaires a été documentée en 2013 lorsqu’un jeune requin du Groenland s’est échoué après s’être approché de restes d’orignal abandonnés près du rivage à Norris Arm North, à Terre-Neuve. Cet événement illustre la propension de l’espèce à pénétrer dans des eaux extrêmement peu profondes lorsqu’elle suit des signaux olfactifs particulièrement attractifs.
Références
- Idrobo, C. J. (2008). The Pangnirtung Inuit and the Greenland Shark. Mémoire de maîtrise, Université du Manitoba, Winnipeg, Manitoba, Canada.
- Gallant, J. J., Rodríguez, M. A., Stokesbury, M. J. W., & Harvey-Clark, C. (2016). Influence of environmental variables on the diel movements of the Greenland shark (Somniosus microcephalus) in the St. Lawrence Estuary. Canadian Field-Naturalist, 130(1), 1–14.
ID RCAR : CSAR-0020
Date : 2004-06-20
Lieu : Baie-Comeau, Québec
Type d’incident : Rencontre avec comportement de poursuite sans contact physique — Code : CP
Espèce (confirmée) : Requin du Groenland (Somniosus microcephalus)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par les sons et les vibrations produits à la surface)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
Le 20 juin 2004, les chercheurs du GEERG (aujourd’hui l’ORS), Chris Harvey-Clark et Jeffrey Hay Gallant, ont rencontré un requin du Groenland (Somniosus microcephalus) alors qu’ils plongeaient près de Baie-Comeau, au Québec, un an après la découverte initiale d’un site de rassemblement de cette espèce dans l’estuaire du Saint-Laurent.
L’équipe de recherche venait de passer près d’une semaine à rechercher des requins sans succès avant d’entreprendre ce qui devait être la dernière plongée de l’expédition. L’embarcation de soutien était ancrée près du rivage dans un peu plus de sept mètres d’eau, où la probabilité de rencontrer un requin immédiatement après l’entrée à l’eau était considérée comme extrêmement faible.
Quelques secondes seulement après leur descente, une femelle requin du Groenland d’environ quatre mètres est apparue à une profondeur d’environ quatre mètres. La visibilité dans la couche d’eau superficielle était inférieure à un mètre en raison d’une forte concentration de sédiments en suspension. Alors qu’il vérifiait l’étanchéité de son caisson de caméra, Gallant a d’abord pris la silhouette indistincte du requin approchant pour son partenaire de plongée. Quelques instants plus tard, Harvey-Clark a évité de justesse une collision frontale avec l’animal, passant à seulement quelques centimètres de celui-ci.
Apparemment surpris par cette quasi-collision, le requin a changé de direction et a nagé devant les plongeurs pendant que Harvey-Clark le poursuivait à travers la couche d’eau fortement turbide. La visibilité s’améliorait nettement sous environ dix mètres de profondeur, permettant alors d’observer l’animal dans son ensemble. Le requin a continué à nager devant le plongeur jusqu’à une profondeur d’environ 30 mètres avant de s’éloigner.
Comme les deux chercheurs étaient encore occupés à préparer leur équipement vidéo lorsque le requin est apparu, l’approche initiale n’a pas été enregistrée. Les images sous-marines n’ont été obtenues qu’une fois la rencontre déjà amorcée.
Évaluation de l’ORS
Cette rencontre est documentée sans équivoque par l’observation directe des deux chercheurs ainsi que par des images vidéo sous-marines contemporaines. L’identité de l’animal comme un requin du Groenland (Somniosus microcephalus) ne fait donc aucun doute.
Les conditions environnementales étaient caractérisées par une visibilité exceptionnellement faible dans les dix premiers mètres de la colonne d’eau. Une marée haute combinée à des vents persistants du sud avait transporté un important panache de sédiments provenant du terminal de chargement de céréales voisin jusque dans la baie des Anglais, réduisant la visibilité sous-marine à moins d’un mètre et limitant fortement la capacité de détection visuelle des plongeurs comme du requin.
Dans de telles conditions, il est peu probable que le requin se soit principalement fié à la vision pour localiser les plongeurs. L’explication la plus parcimonieuse est qu’il ait été attiré par les sons et les vibrations produits pendant la préparation de l’équipement à bord de l’embarcation ancrée, puis lors de l’entrée des chercheurs dans l’eau. Les requins du Groenland possèdent des systèmes sensoriels non visuels très développés leur permettant de détecter des signaux chimiques, des vibrations de basse fréquence et les mouvements de l’eau, même dans des conditions de visibilité quasi nulle.
Cet incident démontre également que les requins du Groenland peuvent quitter volontairement le fond marin pour examiner des stimuli inhabituels dans la colonne d’eau. Des observations ultérieures du GEERG (ORS) ainsi que des travaux publiés ont documenté plusieurs situations où des requins du Groenland, normalement benthiques, sont remontés depuis le fond pour examiner des plongeurs entrant à l’eau depuis des embarcations ou des quais flottants, ce qui appuie cette interprétation.¹
Bien que le requin se soit approché à très courte distance des plongeurs, aucun contact physique n’a eu lieu et aucun comportement agressif sans équivoque n’a été observé. Sa motivation exacte — exploratoire, opportuniste ou liée à une recherche alimentaire potentielle — ne peut être déterminée à partir des observations disponibles.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une rencontre confirmée avec comportement de poursuite impliquant un requin du Groenland (Somniosus microcephalus) qui s’est approché de très près de deux plongeurs dans des conditions de visibilité exceptionnellement réduite sans établir de contact physique. Le comportement observé s’explique de façon plus parcimonieuse par une réponse investigatrice à des signaux sensoriels non visuels que par une quelconque forme d’agression.
Considérations de sécurité
La plongée dans une visibilité inférieure à six mètres dans des secteurs où des requins du Groenland, ou toute autre grande espèce de requin mobile, peuvent être présents n’est pas recommandée. Une faible visibilité réduit considérablement le temps de réaction tant pour les plongeurs que pour les requins et augmente la probabilité de rencontres surprises ou de collisions accidentelles. Peu importe les intentions de l’animal, un plongeur surpris peut effectuer une remontée incontrôlée ou perdre son orientation en tentant de retrouver la ligne de remontée. Si celle-ci ne peut être localisée, ou si le rivage est plus proche que l’embarcation de soutien, les membres de l’équipe devraient demeurer regroupés et progresser lentement vers le rivage tout en demeurant attentifs à la présence éventuelle de requins à proximité.
Note complémentaire
Cette rencontre constitue l’une des premières observations sous-marines démontrant que les requins du Groenland peuvent activement examiner des plongeurs dans des eaux très peu profondes et dans des conditions de visibilité quasi nulle. Les observations subséquentes du GEERG (ORS) ont documenté un comportement semblable à plusieurs reprises, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de l’écologie sensorielle et du comportement investigateur de cette espèce.
Référence
- Gallant, J. J., Rodríguez, M. A., Stokesbury, M. J. W., & Harvey-Clark, C. (2016). Influence of environmental variables on the diel movements of the Greenland shark (Somniosus microcephalus) in the St. Lawrence Estuary. Canadian Field-Naturalist, 130(1), 1–14.
ID RCAR : CSAR-0019
Date : 2000-12-05
Lieu : Digby, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Plongeur heurté et entraîné par un requin — Code : PRE
Espèce (présumée) : Requin maraîche (Lamna nasus)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par des appâts utilisés à proximité et/ou par le sac de capture contenant des oursins)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
Le 5 décembre 2000, le plongeur commercial Daniel MacDonald récoltait des oursins verts (Strongylocentrotus droebachiensis) à une profondeur d’environ 16 mètres près de Digby, en Nouvelle-Écosse, lorsqu’il a vécu une rencontre inattendue avec un grand requin.
MacDonald a d’abord ressenti un puissant choc contre son flanc. En se retournant, il a aperçu un requin estimé à environ trois mètres de longueur qui venait de saisir son sac de capture contenant les oursins récoltés. Lorsque le requin est parti en nageant tout en maintenant sa prise sur le sac, MacDonald a été entraîné dans l’eau parce que ses doigts étaient demeurés coincés dans la poignée.
Décrivant l’incident, il a déclaré par la suite :
« Lorsqu’il est parti, mes doigts sont restés coincés dans le sac et je rebondissais contre le côté du requin. Lorsqu’il s’est arrêté, je me suis mis sur le dos et j’ai nagé vers le rivage à reculons, tandis qu’il continuait de rôder autour de moi et de foncer dans ma direction. Je ne pensais qu’à une chose : atteindre le rivage. »¹
Le requin a finalement relâché le sac de capture, mais serait demeuré dans les environs, tournant autour du plongeur et effectuant plusieurs approches rapprochées. Au cours d’une nage d’environ quinze minutes couvrant quelque 60 mètres jusqu’au rivage, MacDonald a frappé le requin à plusieurs reprises avec son sac afin de décourager ses approches.
Le plongeur s’en est sorti sans blessure.
Évaluation de l’ORS
La réalité de cette rencontre est appuyée par le témoignage direct du plongeur ainsi que par des reportages contemporains et est donc considérée comme confirmée. Toutefois, aucune photographie, aucune vidéo, aucun échantillon biologique, aucune dent récupérée ni aucune observation indépendante ne permettent d’identifier l’espèce avec certitude.
Compte tenu de la taille rapportée, de la localisation, de la saison et du comportement observé, le requin-taupe commun (Lamna nasus) constitue l’hypothèse la plus plausible. Cette espèce est régulièrement observée dans les eaux de l’Atlantique canadien durant les mois les plus froids et figure parmi les rares grands requins lamniformes susceptibles d’être présents dans la baie de Fundy en décembre. La longueur estimée d’environ trois mètres correspond également à la taille maximale documentée pour l’espèce.³
Le comportement observé semble surtout compatible avec une investigation motivée par la nourriture. La présence d’appâts associés aux activités de pêche au homard à proximité a pu attirer l’animal dans le secteur, tandis que le sac de capture contenant des oursins fraîchement récoltés représentait une source supplémentaire de stimuli visuels, mécaniques ou chimiques. Bien que le requin-taupe commun soit principalement piscivore, des restes d’oursins ont occasionnellement été signalés dans le contenu stomacal de certains individus, possiblement à la suite d’une ingestion accidentelle lors de l’alimentation sur d’autres proies benthiques.²
Les approches répétées du requin après l’abandon du sac ne peuvent être interprétées avec certitude. Elles peuvent représenter la poursuite de l’investigation du sac lui-même, une curiosité dirigée vers le plongeur ou encore une tentative de retrouver la source initiale du stimulus alimentaire. Il importe toutefois de souligner que le requin n’a jamais tenté de mordre le plongeur malgré de nombreuses occasions de le faire.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une rencontre confirmée au cours de laquelle un grand requin a saisi le sac de capture d’un plongeur, l’a entraîné dans l’eau puis a effectué plusieurs approches rapprochées sans lui causer de blessure. L’ensemble des éléments disponibles favorise fortement l’hypothèse d’un requin-taupe commun (Lamna nasus) comme espèce impliquée. Toutefois, en l’absence de preuve physique directe permettant de confirmer cette identification, l’espèce demeure présumée plutôt que confirmée.
Considérations de sécurité
Les plongeurs qui récoltent des ressources marines ou travaillent à proximité d’activités de pêche utilisant des appâts devraient être conscients que les requins peuvent être attirés par les stimuli associés à l’alimentation. Le transport de captures fraîchement récoltées ou d’appâts peut accroître la probabilité de rencontres investigatrices, particulièrement dans les secteurs où de grands requins pélagiques sont présents de façon saisonnière.
Note complémentaire
Bien que cette rencontre ait impliqué un contact physique indirect et une interaction prolongée à courte distance, rien n’indique que le requin ait délibérément ciblé le plongeur ou tenté de le mordre. Ce dossier demeure l’un des exemples les mieux documentés dans l’Atlantique canadien d’un requin concentrant son attention sur une capture récoltée plutôt que sur la personne qui la transportait.
Références
- Telegraph Journal, 8 décembre 2000.
- Martin, R. A. Biology of the Porbeagle. ReefQuest Centre for Shark Research.
- FAO. Species Catalogue for Fishery Purposes. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rome.
ID RCAR : CSAR-0018
Date : 1961-08-17
Lieu : Bras Esperanza, Colombie-Britannique
Type d’incident : Attaque contre un objet inanimé — Code : PRE
Espèce (confirmée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par les poissons et le sang associés à des activités de pêche en cours)
Résultat : Équipement de pêche endommagé
Statut : Confirmé

Description
Le 17 août 1961, le pêcheur commercial Greg Trenholme a observé un grand requin estimé entre quatre et six mètres de longueur nageant à la surface derrière son embarcation alors qu’il pêchait le saumon dans le bras Esperanza, en Colombie-Britannique. Selon le récit publié, le requin a mordu à plusieurs reprises l’un des sacs de toile contenant les poissons et remorqué derrière le bateau avant de le relâcher et de disparaître sous la surface.¹
À la suite de l’incident, une dent ainsi que plusieurs fragments dentaires récupérés dans le sac endommagé ont été examinés et identifiés comme appartenant à un requin blanc (Carcharodon carcharias), fournissant ainsi une preuve physique directe de l’espèce responsable.
Aucune blessure n’a été signalée parmi les occupants de l’embarcation.
Évaluation de l’ORS
Cet incident repose sur une preuve physique sans équivoque sous la forme de matériel dentaire diagnostique récupéré directement dans l’équipement de pêche endommagé. L’identification de la dent et des fragments comme provenant d’un requin blanc confirme à la fois la réalité de l’incident et l’espèce impliquée.
Le comportement rapporté est entièrement compatible avec celui d’un grand requin prédateur répondant à des stimuli associés à des activités de pêche en cours. Des poissons conservés dans un sac de toile, combinés à la présence de sang, d’odeurs et de signaux de détresse générés lors de la pêche au saumon, sont susceptibles d’attirer de grands requins et de provoquer un comportement d’investigation ou d’alimentation dirigé vers l’équipement de pêche plutôt que vers l’embarcation ou ses occupants.
Des interactions comparables ont été documentées dans plusieurs régions du monde, où des requins blancs et d’autres grands prédateurs attaquent des poissons capturés, des prises suspendues le long d’embarcations, des filets ou d’autres équipements contenant ou associés à des proies. Dans de tels cas, l’équipement lui-même ne constitue pas la cible; le requin réagit plutôt à des signaux biologiques indiquant la présence de nourriture.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une interaction confirmée au cours de laquelle un requin blanc (Carcharodon carcharias) a mordu à plusieurs reprises et endommagé un équipement de pêche alors qu’il tentait vraisemblablement d’accéder à des poissons capturés dans le cadre d’activités de pêche en cours. Les éléments disponibles indiquent que l’attention du requin était dirigée vers le sac contenant les poissons plutôt que vers l’embarcation ou ses occupants.
Considérations de sécurité
Les pêcheurs devraient être conscients que les requins peuvent être attirés par le sang, les poissons en difficulté et les captures conservées à proximité des embarcations. Lorsque cela est possible, les prises devraient être hissées à bord rapidement et le rejet inutile de sang ou de déchets de poisson dans l’eau devrait être limité dans les secteurs où la présence de grands requins prédateurs est connue ou suspectée.
Note complémentaire
Au moment de la publication, ce dossier représente l’un des rares incidents canadiens où une preuve physique récupérée directement sur un équipement endommagé a permis l’identification définitive de l’espèce de requin impliquée.
Référence
- Collier, R. S., Marks, M. A., & Warner, R. W. (1996). White shark attacks on inanimate objects along the Pacific coast of North America. Dans A. P. Klimley & D. G. Ainley (dir.), Great White Sharks: The Biology of Carcharodon carcharias (pp. 217–222). Academic Press.
ID RCAR : CSAR-0017
Date : 1953-07-09
Lieu : Fourchu, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Attaque sur une embarcation ayant entraîné un décès — Code : PRE
Espèce (confirmée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par des appâts associés à la pêche au homard)
Résultat : Décès (noyade)
Statut : Confirmé

Description
Au cours de l’été 1953, plusieurs journaux de l’Atlantique canadien ont rapporté des observations répétées d’un grand animal marin qui allait devenir connu sous le nom de « Bélier de Fourchu ». Les récits de l’époque décrivaient une créature gigantesque ressemblant à un requin qui aurait poursuivi et percuté des embarcations de pêche le long de la côte du Cap-Breton, notamment dans les secteurs de Louisbourg, Main-à-Dieu, Little Lorraine, Glace Bay et Fourchu.¹ ² Plusieurs de ces signalements étaient anecdotiques et ne peuvent aujourd’hui être vérifiés de manière indépendante.
Le seul incident appuyé par des preuves matérielles est survenu le 9 juillet 1953, à environ 100 mètres du rivage de Fourchu. Selon les récits contemporains, un grand requin a percuté une embarcation de pêche au homard en bois avec une force suffisante pour ouvrir dans la coque une brèche d’environ un mètre de largeur, provoquant le chavirement du bateau. Les deux occupants ont été projetés à l’eau. John Burns, âgé de 40 ans, s’est noyé, tandis que John MacLeod, âgé de 21 ans, a été secouru par une embarcation voisine après avoir tenté de rejoindre le rivage à la nage. Le corps de Burns a été récupéré ultérieurement sans trace apparente de morsure ni autre blessure traumatique évidente.
L’événement a déclenché d’importantes recherches locales impliquant des membres de la Gendarmerie royale du Canada, des pêcheurs commerciaux et même un avion envoyé afin de localiser le requin. Les journaux de l’époque indiquent également que plusieurs pêcheurs de homard ont temporairement préféré demeurer au port par crainte de nouvelles rencontres.
Les récits divergent quant aux preuves matérielles récupérées sur l’embarcation endommagée. Selon les sources consultées, les enquêteurs auraient récupéré soit un fragment de dent¹, soit trois dents intactes² incrustées dans la coque de bois. Le matériel a été examiné par le Dr A. W. L. Needler de la Station biologique des pêches de l’Atlantique à Fredericton, qui l’a attribué provisoirement à un requin blanc (Carcharodon carcharias). Les spécimens ont ensuite été transmis à William C. Schroeder du Museum of Comparative Zoology de l’Université Harvard, l’un des plus grands spécialistes mondiaux des requins de l’époque, afin d’obtenir une confirmation indépendante.
Quelques jours après l’incident mortel, le pêcheur d’espadon Lester Fleet aurait harponné un requin de 272 kg dans le port de Louisbourg à la suite de nouveaux signalements faisant état d’embarcations poursuivies jusqu’au rivage près de Petit-de-Grat. Plusieurs résidents croyaient alors que cet animal était le légendaire Bélier de Fourchu. Toutefois, les descriptions disponibles sont contradictoires. Un article de journal² décrit notamment un spécimen d’environ 3,4 mètres de longueur, possédant cinq fentes branchiales, un museau émoussé, une nageoire dorsale d’environ 36 centimètres de hauteur, des taches verdâtres sur les surfaces dorsale et ventrale, ainsi qu’une absence apparente de dents visibles, une combinaison de caractéristiques incompatible avec un requin blanc.
Évaluation de l’ORS
L’incident de Fourchu occupe une place unique dans l’histoire canadienne des requins puisqu’il repose sur des preuves matérielles contemporaines plutôt que sur de simples témoignages. Du matériel dentaire récupéré directement dans la coque endommagée a été examiné indépendamment par le Dr A. W. L. Needler et William C. Schroeder, deux autorités reconnues en taxonomie des requins, qui l’ont identifié comme provenant d’un requin blanc (Carcharodon carcharias). Cette preuve constitue un argument particulièrement solide en faveur de l’identification de l’espèce.
À l’inverse, l’ensemble de la légende du Bélier de Fourchu repose sur des bases beaucoup plus fragiles. Les signalements provenant des communautés voisines décrivent un animal dont la taille, l’apparence et le comportement varient considérablement d’une source à l’autre et s’éloignent souvent de ce que l’on connaît de la biologie du requin blanc. Il n’existe donc pas suffisamment d’éléments pour conclure que ces observations concernaient le même individu, ni même la même espèce.
Une explication parcimonieuse est que plusieurs de ces observations additionnelles impliquaient des requins pèlerins (Cetorhinus maximus). Les requins pèlerins atteignent de très grandes tailles, possèdent une nageoire dorsale proéminente et s’approchent fréquemment des embarcations lorsqu’ils se nourrissent de plancton à la surface avant de modifier leur trajectoire à courte distance. Leurs dents sont minuscules et passent souvent inaperçues aux yeux des observateurs occasionnels. Des rencontres semblables continuent d’être signalées dans l’Atlantique canadien et dans le golfe du Saint-Laurent et sont parfois interprétées à tort comme des comportements agressifs.
Bien que cette hypothèse soit plausible, elle demeure spéculative. Les archives historiques disponibles ne permettent pas de déterminer si les nombreux signalements concernaient un seul requin blanc, plusieurs animaux distincts, des requins pèlerins ou une combinaison d’observations authentiques amplifiées par la répétition des récits et la couverture médiatique.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une attaque confirmée de requin blanc (Carcharodon carcharias) contre une embarcation de pêche au homard ayant entraîné son chavirement et la noyade subséquente de l’un des occupants. La récupération et l’identification experte de matériel dentaire diagnostique incrusté dans la coque constituent l’une des preuves les plus solides associées à un incident historique impliquant un requin au Canada. Bien que de nombreux autres signalements associés au légendaire « Bélier de Fourchu » demeurent non vérifiés et puissent concerner d’autres espèces, l’attaque de l’embarcation de Fourchu elle-même est confirmée sans équivoque.
Note complémentaire
L’incident de Fourchu a été présenté dans le numéro de février 1968 du magazine National Geographic et illustré par le célèbre artiste Paul Calle. Cette même illustration apparaît brièvement dans le film Jaws (Les Dents de la mer) et a inspiré l’image de bannière utilisée par le Registre canadien des attaques de requins, en raison de l’importance historique exceptionnelle de cet événement dans l’histoire des requins au Canada.
Références
- Day, L. R., & Fisher, H. D. (1954). Notes on the Great White Shark, Carcharodon carcharias, in Canadian Atlantic Waters. Copeia, 1954(4), 295–296.
- Poisson-mystère en Nouvelle-Écosse. Le Soleil (Québec), 21 juillet 1953.
Couverture médiatique contemporaine supplémentaire : The Guardian (14 juillet 1953) ; The Winnipeg Free Press (11 juillet 1953).
ID RCAR : CSAR-0016
Date : 1940-04-04
Lieu : Île aux Basques, Québec
Type d’incident : Embarcation approchée et heurtée par un requin — Code : PRE
Espèce (confirmée) : Requin du Groenland (Somniosus microcephalus)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par une traînée de sang provenant d’une carcasse animale)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
Le 4 avril 1940, Charles Morency, gardien de l’Île aux Basques pour la Société Provencher d’Histoire Naturelle du Canada, aurait vécu une rencontre rapprochée avec un grand requin alors qu’il se rendait de Trois-Pistoles à l’Île aux Basques dans le Bas-Estuaire du Saint-Laurent.¹
Selon son récit, il transportait la carcasse d’un petit animal destinée à nourrir les renards de l’île. Du sang s’échappant de la carcasse aurait laissé une traînée visible derrière l’embarcation, après quoi un grand animal marin estimé à environ quatre mètres de longueur serait apparu à plusieurs centaines de pieds à l’arrière.¹
Croyant d’abord avoir affaire à un marsouin, Morency a observé l’animal s’approcher rapidement avant qu’il ne plonge sous la surface pour réapparaître immédiatement derrière l’embarcation. Le remous provoqué aurait alors failli faire chavirer le bateau. Le requin aurait ensuite replongé, refait surface le long de l’embarcation, puis serait passé sous celle-ci, soulevant apparemment la coque avant de poursuivre sa route devant l’étrave et de disparaître.¹
Morency a identifié l’animal comme un requin bleu (Prionace glauca), le décrivant comme gris bleuâtre et doté d’une bouche caractéristique de cette espèce. Pêcheur expérimenté ayant déjà capturé des requins dans le golfe du Saint-Laurent, il a néanmoins reconnu que la rencontre l’avait complètement pris par surprise.
Un récit pratiquement identique a été reproduit l’année suivante dans Le Progrès du Golfe.²
Évaluation de l’ORS
L’existence d’une rencontre rapprochée entre Charles Morency et un grand requin apparaît crédible et est appuyée par des articles de journaux contemporains ainsi que par le témoignage d’un pêcheur expérimenté familier avec les requins. La présence d’une traînée de sang derrière l’embarcation fournit par ailleurs une explication simple et biologiquement plausible à l’approche d’un grand requin charognard.
L’identification de l’espèce pose toutefois problème à la lumière des connaissances actuelles sur la répartition des requins dans l’estuaire du Saint-Laurent. Aucun signalement vérifié de requin bleu (Prionace glauca) n’existe à l’ouest de Grande-Vallée, soit environ 343 kilomètres en aval de Trois-Pistoles, et la présence de cette espèce dans l’estuaire chargé de glace au début d’avril serait hautement improbable.
À l’inverse, le requin du Groenland (Somniosus microcephalus) est présent toute l’année dans l’estuaire et y est régulièrement observé en hiver et au printemps. Compte tenu du lieu, de la saison, de la température de l’eau et du contexte écologique, il constitue de loin l’identification la plus parcimonieuse malgré la conclusion originale de Morency.
Certains éléments du comportement rapporté doivent néanmoins être interprétés avec prudence. Les données de télémétrie publiées indiquent que les requins du Groenland se déplacent généralement à des vitesses relativement modestes, d’environ 0,3 m/s en moyenne.³ L’affirmation selon laquelle le requin aurait parcouru rapidement plusieurs centaines de pieds ou produit une vague susceptible de presque faire chavirer l’embarcation est donc difficile à concilier avec les connaissances actuelles sur les performances de nage de l’espèce. De même, si un contact accidentel avec la coque d’une petite embarcation demeure concevable, rien n’indique que les requins du Groenland cherchent délibérément à renverser des bateaux.
Le type exact d’embarcation utilisé demeure également incertain. Les récits contemporains mentionnent un canot, mais il est possible que Morency utilisait plutôt la vedette motorisée habituellement employée pour les déplacements entre Trois-Pistoles et l’Île aux Basques.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une rencontre confirmée impliquant un requin du Groenland (Somniosus microcephalus) qui s’est approché d’une petite embarcation et l’a possiblement heurtée ou est passé sous celle-ci après avoir été attiré par une traînée de sang provenant d’une carcasse animale. Bien que certains aspects spectaculaires du récit, notamment la vitesse attribuée au requin et sa prétendue tentative de faire chavirer l’embarcation, soient difficiles à corroborer et puissent résulter d’une erreur d’interprétation ou d’une exagération involontaire, la rencontre elle-même demeure crédible et compatible avec l’écologie charognarde connue de l’espèce.
Note complémentaire
Ce récit historique illustre les remarquables capacités olfactives du requin du Groenland ainsi que sa propension à examiner des sources potentielles de nourriture dans des eaux très peu profondes. Un comportement similaire a depuis été documenté à maintes reprises dans les communautés arctiques et dans le système du Saint-Laurent, où ces requins sont connus pour s’approcher des embarcations et des rivages en réponse à la présence de sang ou de restes animaux.
Références
- Poursuivi par un requin. Le Soleil (Québec), 11 avril 1940.
- Une histoire de requins. Le Progrès du Golfe, 6 juin 1941.
- Gallant, J. J., Rodríguez, M. A., Stokesbury, M. J. W., & Harvey-Clark, C. (2016). Influence of environmental variables on the diel movements of the Greenland shark (Somniosus microcephalus) in the St. Lawrence Estuary. Canadian Field-Naturalist, 130(1), 1–14.
ID RCAR : CSAR-0015
Date : 1936-08-11
Lieu : Banc Georges, Nouvelle-Écosse*
Type d’incident : Requin bondissant dans une doris de pêche — Code : DF
Espèce (présumée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (requin accidentellement accroché alors qu’il se nourrissait d’une morue capturée)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
Le 11 août 1936, trois pêcheurs de la goélette Raymonde, Albion Muise, Peter Dousette et Jack Shannon, auraient vécu une rencontre spectaculaire avec un grand requin alors qu’ils pêchaient la morue sur le banc Georges. Selon un récit contemporain publié dans The New York Times, les hommes avaient ferré une morue qui fut ensuite avalée par un grand requin, lequel se retrouva lui-même accroché à la ligne de pêche.¹
Au cours de la lutte qui suivit, le requin aurait bondi complètement hors de l’eau et serait retombé à bord de la petite doris occupée par les trois pêcheurs. L’animal était estimé à environ six mètres (20 pieds) de longueur.
Le requin fut finalement rejeté hors de l’embarcation ou réussit à s’en libérer lui-même avant de retourner à l’eau. Selon le récit publié, il serait demeuré à proximité immédiate pendant environ quinze minutes, continuant d’inquiéter les occupants de la doris. Aucune blessure n’a été signalée.
La description disponible ne précise pas si le requin a ensuite percuté, mordu ou autrement attaqué l’embarcation après son retour à l’eau.
Évaluation de l’ORS
L’existence d’une rencontre dangereuse entre les pêcheurs et un grand requin accidentellement accroché à une ligne de pêche est appuyée par des sources contemporaines et demeure compatible avec les circonstances décrites. Le dossier est donc considéré comme confirmé.
L’identification de l’espèce est toutefois moins certaine. L’article original désigne l’animal sous le nom de « shovelnose shark », une appellation vernaculaire historiquement utilisée de façon incohérente pour plusieurs poissons différents et qui ne correspond à aucune espèce de requin reconnue dans les eaux canadiennes de l’Atlantique. Cette désignation ne peut donc être utilisée à des fins d’identification taxonomique.
Compte tenu de la taille estimée de l’animal, de la localisation sur le banc Georges, de la période de l’année et du comportement observé après son accrochage, le requin blanc (Carcharodon carcharias) constitue l’hypothèse la plus plausible. L’espèce est régulièrement documentée sur le banc Georges durant l’été et est capable de réactions défensives particulièrement violentes lorsqu’elle est retenue ou accrochée pendant une activité d’alimentation.
D’autres identifications demeurent possibles puisqu’aucune photographie, aucun spécimen, aucune dent ni aucune description morphologique détaillée ne sont disponibles. De même, rien n’indique que le requin ait délibérément attaqué la doris après être retourné à l’eau. Sa présence prolongée à proximité pourrait simplement refléter la confusion et le stress associés au fait d’avoir été ferré et empêtré dans la ligne.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une rencontre confirmée au cours de laquelle un grand requin s’est retrouvé accroché à une ligne alors qu’il tentait de consommer une morue capturée, avant de bondir à bord d’une doris de pêche. L’ensemble des éléments disponibles favorise l’hypothèse d’un requin blanc (Carcharodon carcharias) comme espèce impliquée. Toutefois, en l’absence de preuve physique directe permettant de confirmer cette identification, l’espèce demeure présumée plutôt que confirmée.
Note complémentaire
Bien que souvent décrit comme une « attaque », le comportement observé semble davantage correspondre à une réaction défensive consécutive à l’accrochage accidentel du requin pendant qu’il se nourrissait. Des incidents où de grands requins bondissent à bord d’embarcations dans des circonstances similaires ont été documentés ailleurs dans le monde, mais demeurent exceptionnellement rares.
* Certaines bases de données historiques indiquent à tort que cet incident est survenu à Terre-Neuve. Le banc Georges est situé au large de la Nouvelle-Écosse.
Référence
- 20-Foot Shark Attacks Dory. The New York Times, 13 août 1936.
ID RCAR : CSAR-0014
Date : 1932-07-02
Lieu : Baie de Fundy (au large du goulet de Digby), Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Attaque contre une embarcation — Code : PRE
Espèce (confirmée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par des poissons capturés sur les engins de pêche)
Résultat : Dommages à la coque et à l’hélice
Statut : Confirmé

Description
Au début de la matinée du 2 juillet 1932, le pêcheur Wilson Munroe et son jeune fils relevaient des lignes de fond à bord de leur bateau à moteur de 25 pieds (7,6 mètres) dans environ 40 brasses (73 mètres) d’eau, à quelque 10 milles (16 kilomètres) au nord-ouest du goulet de Digby, en Nouvelle-Écosse. L’incident a été documenté en détail par Harry Piers à partir d’entrevues avec les témoins et de l’examen des preuves matérielles.¹
Selon Piers, des pêcheurs se trouvant à bord d’une autre embarcation située à environ un quart de mille (400 mètres) auraient d’abord remarqué un grand requin tournant autour du bateau de Munroe alors qu’il demeurait immobile au-dessus de ses engins de pêche. Ils croyaient que l’animal avait été attiré par les poissons capturés sur les lignes.
Sans avertissement, le requin aurait foncé vers l’embarcation et l’aurait percutée avec une force suffisante pour la faire fortement gîter sur tribord et permettre à l’eau de passer par-dessus le tableau arrière bâbord. L’animal serait ensuite passé sous la coque, la heurtant ou la frottant avant de disparaître.
De retour au rivage, Munroe a examiné les dommages et constaté que les pales de l’hélice à trois pales de son embarcation avaient été pliées. Plusieurs dents de requin ont également été découvertes incrustées dans la quille ou dans l’un des bordages inférieurs, indiquant que l’animal avait mordu l’embarcation pendant la rencontre. L’une de ces dents a ensuite été déposée au Musée provincial pour examen.
Munroe a estimé la longueur du requin à environ 30 pieds (9,1 mètres), tout en reconnaissant qu’il n’avait jamais pu observer clairement l’ensemble de l’animal.
Évaluation de l’ORS
Cet incident est appuyé à la fois par des témoignages directs et par des preuves matérielles contemporaines. Plus important encore, les dents de requin récupérées directement sur l’embarcation endommagée ont été examinées par Harry Piers et identifiées comme appartenant à un requin blanc (Carcharodon carcharias), fournissant une preuve particulièrement convaincante de l’espèce impliquée.
Le comportement décrit est compatible avec celui d’un requin blanc réagissant à des stimuli associés à des activités de pêche en cours. Des poissons retenus sur des lignes de fond, combinés à la présence de sang et de proies en difficulté, peuvent attirer de grands requins prédateurs et provoquer un comportement d’investigation ou d’alimentation dirigé vers les captures plutôt que vers l’embarcation elle-même. La collision et les dommages causés par les morsures s’expliquent donc vraisemblablement par une tentative du requin de s’emparer de poissons associés aux engins de pêche.
L’estimation selon laquelle le requin aurait mesuré environ 30 pieds (9,1 mètres) doit toutefois être interprétée avec prudence. Aucun requin blanc scientifiquement vérifié n’a jamais approché une telle taille, et les surestimations importantes sont fréquentes lors de rencontres inattendues avec de grands animaux marins, particulièrement dans des situations stressantes.
L’hypothèse d’un requin pèlerin (Cetorhinus maximus) n’est pas compatible avec les éléments disponibles. La récupération de dents dentelées diagnostiques incrustées dans la coque, combinée au comportement de morsure rapporté et aux dommages observés, est incompatible avec la dentition et l’écologie alimentaire de cette espèce filtreuse.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une interaction confirmée impliquant un requin blanc (Carcharodon carcharias) et une embarcation de pêche occupée à relever des engins contenant des poissons capturés. La récupération et l’identification de dents de requin incrustées dans la coque constituent une preuve physique directe de l’incident et de l’espèce impliquée. L’interaction s’explique de façon plus parcimonieuse comme une réponse motivée par l’alimentation associée aux activités de pêche plutôt que comme une attaque dirigée contre l’embarcation elle-même.
Note complémentaire
Cet incident constitue l’un des premiers cas documentés au Canada où des dents de requin récupérées directement sur une embarcation endommagée ont permis une identification définitive de l’espèce responsable. Il illustre également comment les activités de pêche et la présence de proies capturées peuvent attirer involontairement de grands requins prédateurs.
Référence
- Piers, H. (1934). Accidental occurrence of the man-eater or great white shark, Carcharodon carcharias (Linnaeus), in Nova Scotian waters. Proceedings of the Nova Scotian Institute of Science, 18(3), 192–203.
ID RCAR : CSAR-0013
Date : 1925-01-07
Lieu : Burrard Inlet (Second Narrows), Vancouver, Colombie-Britannique
Type d’incident : Attaque contre un plongeur — Code : DF
Espèce : Inconnue
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (le plongeur a pu être perçu comme une perturbation ou un intrus dans le cadre de travaux sous-marins)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
Le 7 janvier 1925, le plongeur commercial en scaphandre rigide John (« Jack ») Bruce aurait vécu une longue confrontation sous-marine avec un requin alors qu’il participait à des travaux de construction de conduites d’eau associés au passage de Second Narrows dans le bras Burrard, en Colombie-Britannique. L’incident a été rapporté le lendemain dans The Vancouver Sun.¹
Selon l’article de journal, Bruce avait atteint une profondeur d’environ 95 pieds (29 mètres) lorsqu’il remarqua un grand poisson s’approchant de lui sur le fond. D’abord incertain de son identité, il réalisa rapidement qu’il s’agissait d’un requin après que celui-ci eut effectué plusieurs charges en direction de ses jambes.
Munis d’une barre de fer utilisée dans le cadre de ses travaux sous-marins, Bruce se serait défendu en frappant et en repoussant le requin chaque fois qu’il s’approchait. Craignant qu’une remontée immédiate ne l’expose davantage au danger, il choisit de ne pas signaler à l’équipe de surface de le remonter, estimant que le requin pourrait l’attaquer pendant son ascension.
L’affrontement aurait duré environ trente minutes avant que Bruce ne réussisse à tuer le requin à l’aide de coups répétés portés avec sa barre de fer. La carcasse aurait ensuite été attachée à une ligne et remontée à la surface avec le plongeur. Selon le journal, Bruce retourna au travail dès le lendemain après avoir récupéré de son épuisement.
Le requin aurait mesuré environ 6 pieds 2 pouces (1,9 mètre) de longueur et aurait été exposé publiquement avant d’être détruit.
Évaluation de l’ORS
L’existence d’une rencontre inhabituelle entre John Bruce et un requin est appuyée par une couverture journalistique contemporaine et est donc considérée comme crédible. Toutefois, aucune photographie du requin, aucun spécimen conservé, aucun enregistrement muséal ni aucune description scientifique détaillée ne semblent exister aujourd’hui, ce qui empêche l’identification définitive de l’espèce et la vérification indépendante de tous les détails du récit.
Le contenu du récit doit néanmoins être interprété avec prudence. Les journaux du début du XXe siècle avaient souvent tendance à accentuer les aspects spectaculaires des événements, et certains éléments, notamment la durée rapportée de l’affrontement et la mise à mort du requin à coups de barre de fer alors que le plongeur portait un lourd équipement de plongée standard, pourraient avoir été amplifiés au fil du récit ou par le traitement journalistique.
Compte tenu de la taille rapportée de l’animal et du lieu de l’incident, plusieurs espèces méritent d’être considérées. Le requin blanc (Carcharodon carcharias) apparaît peu probable en raison de l’absence de signalements hivernaux dans le bras Burrard et du fait que cette espèce n’est pas connue pour fréquenter régulièrement ce secteur dans de telles conditions. Le requin-taupe saumon (Lamna ditropis), prédateur puissant et rapide, constitue également un candidat peu probable compte tenu du comportement décrit. Le aiguillat du Pacifique (Squalus suckleyi) peut être écarté en raison de sa taille beaucoup plus modeste.
Les deux espèces les plus plausibles sont le requin griset (Hexanchus griseus) et le requin dormeur du Pacifique (Somniosus pacificus), toutes deux présentes dans la région, fréquentant les eaux profondes et susceptibles de s’approcher de plongeurs ou de structures sous-marines. Malheureusement, la description limitée fournie par les sources contemporaines ne permet pas de distinguer l’une de l’autre.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une rencontre confirmée au cours de laquelle un plongeur commercial s’est défendu à plusieurs reprises contre les approches d’un requin alors qu’il travaillait sous l’eau dans le bras Burrard. Toutefois, l’absence de preuves diagnostiques ou d’une description morphologique suffisamment détaillée empêche toute identification fiable de l’espèce impliquée. Compte tenu du lieu, de la saison, de la taille rapportée et de la faune régionale connue, il s’agissait vraisemblablement soit d’un requin griset (Hexanchus griseus), soit d’un requin dormeur du Pacifique (Somniosus pacificus). En conséquence, l’espèce demeure inconnue.
Note complémentaire
Fait intéressant, plus tard la même année, The Vancouver Sun rapporta la capture et l’exposition publique d’un autre grand requin qualifié de « mud shark » dans le bras Burrard.² Bien qu’identifié sous ce nom vernaculaire, sa taille et son comportement rapportés semblent davantage compatibles avec un requin dormeur du Pacifique qu’avec le beaucoup plus petit aiguillat du Pacifique, souvent désigné sous ce nom commun en Colombie-Britannique.
Références
- Diver Wins Fierce Battle With Shark. The Vancouver Sun, 8 janvier 1925.
- Big Mud Shark Caught in Harbor. The Vancouver Sun, 10 décembre 1925.
ID RCAR : CSAR-0012
Date : Avant 1924
Lieu : Grands Bancs de Terre-Neuve-et-Labrador
Type d’incident : Morsure de requin rapportée lors de la manipulation d’engins de pêche — Code : HB
Espèce : Inconnue
Cause(s) possible(s) : Attraction par des engins de pêche appâtés (provoqué)
Résultat : Blessure à la main
Statut : Non confirmé

Description
Selon un récit historique publié par Charles Edward Russell dans From Sandy Hook to 62°, le pêcheur Joe Folsom aurait subi une blessure à la main après avoir été mordu par un requin alors qu’il manipulait des lignes de pêche à bord de la goélette Cape Ann près de la limite ouest des Grands Bancs de Terre-Neuve.¹
Au-delà de cette brève mention, très peu d’informations sont disponibles. La source ne fournit aucune description du requin, aucune précision sur les circonstances ayant précédé la morsure alléguée, aucune indication sur la gravité de la blessure ni sur les conséquences de l’événement pour le pêcheur. Aucun article de journal contemporain, dossier médical, rapport officiel, photographie ou autre preuve matérielle corroborant l’incident n’a été retrouvé.
Évaluation de l’ORS
Les données disponibles sont insuffisantes pour établir que Joe Folsom a effectivement été mordu par un requin. Le récit provient d’une publication historique secondaire rédigée plusieurs années après les faits allégués et n’est appuyé par aucune documentation indépendante ni par aucun détail descriptif permettant une évaluation critique.
Si l’incident s’est produit tel que rapporté, la présence de lignes appâtées et de poissons capturés aurait créé des conditions susceptibles d’attirer des requins à proximité de l’embarcation. Dans un tel contexte, une morsure accidentelle survenue lors de la manipulation d’engins de pêche demeure biologiquement plausible et des incidents comparables ont été documentés ailleurs. Toutefois, les informations disponibles ne permettent pas de confirmer cette interprétation.
De même, aucun élément ne permet d’identifier l’espèce impliquée. Les Grands Bancs abritent plusieurs espèces de requins susceptibles d’interagir avec les activités de pêche, mais les sources historiques ne fournissent aucune information diagnostique permettant une identification fiable.
Dans l’ensemble, les données disponibles sont insuffisantes pour confirmer qu’un requin est à l’origine de la blessure à la main rapportée par Joe Folsom ou pour déterminer l’espèce potentiellement impliquée. Le dossier est donc classé Non confirmé et demeure inclus dans le Registre canadien des attaques de requins dans l’éventualité où de nouvelles sources documentaires viendraient éclairer l’événement.
Importance du dossier
Ce cas illustre les difficultés associées à l’évaluation des incidents historiques impliquant des requins. Bien que les données disponibles soient insuffisantes pour confirmer l’événement, la documentation de tels récits favorise la transparence et permet à de futurs chercheurs de les réévaluer si de nouvelles informations deviennent disponibles. L’inclusion de dossiers non confirmés reflète l’engagement du Registre à documenter et analyser les affirmations historiques plutôt qu’à les exclure simplement parce que les preuves corroborantes n’ont pas survécu jusqu’à aujourd’hui.
Référence
- Russell, C. E. (1929). From Sandy Hook to 62°. Sandy Hook Pilots Association, pp. 310–311.
ID RCAR : CSAR-0011
Date : 27 juin 1920
Lieu : Hubbards, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Attaque contre une embarcation — Code : DF
Espèce (confirmée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Réaction défensive après avoir été harponné (provoqué)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
Le 27 juin 1920, les pêcheurs Jeremiah Harnish et John Chandler ont rencontré un grand requin alors qu’ils pêchaient près du récif de Slaunwhite, à environ 0,5 mille (0,8 km) au sud-sud-est de la bouée sonore marquant l’entrée de la baie de Hubbards, en Nouvelle-Écosse. L’incident a par la suite été documenté en détail par Harry Piers à partir d’entrevues réalisées auprès des participants et de l’examen des preuves disponibles.¹
Croyant avoir affaire à un thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus), les pêcheurs ont harponné l’animal depuis leur bateau à moteur avant de transférer le combat dans une petite doris remorquée derrière l’embarcation principale, conformément à la pratique courante visant à fatiguer la prise.
Contrairement au comportement typique d’un thon ferré, qui effectue généralement de longues plongées, l’animal est demeuré près de la surface. Environ dix minutes après avoir été harponné, il a refait surface à une quinzaine de pieds (4,5 mètres) de la doris avant de foncer soudainement vers sa poupe.
L’impact a été suffisamment violent pour projeter John Chandler à l’eau. Le requin a ensuite mordu le flanc de l’embarcation, entaillant le bordage de bois et laissant derrière lui une grande dent triangulaire incrustée dans la coque. Chandler, nageur expérimenté, est rapidement remonté à bord avec l’aide de son compagnon, tandis que le requin n’a manifesté aucun intérêt particulier à son égard.
Réalisant alors qu’ils avaient affaire à un requin plutôt qu’à un thon, les pêcheurs ont coupé la ligne du harpon et abandonné leur capture, permettant à l’animal de s’éloigner avec le harpon et la corde toujours fichés dans son corps.
Bien que la dent originale ait été perdue par la suite, Harry Piers a obtenu un croquis détaillé ainsi qu’une description fournie par le fils de Jeremiah Harnish. La dent mesurait apparemment environ 1,75 pouce (4,4 cm) de hauteur sur 1,5 pouce (3,8 cm) à sa base et présentait la forme triangulaire large ainsi que les bords dentelés caractéristiques du requin blanc.
Évaluation de l’ORS
Cet incident est appuyé à la fois par des témoignages directs et par une preuve matérielle sous la forme d’une dent de requin récupérée directement sur l’embarcation endommagée. Bien que le spécimen ait été perdu ultérieurement, les mesures et le croquis détaillé conservés par Harry Piers fournissent des informations diagnostiques précieuses.
La morphologie décrite de la dent — une large couronne triangulaire munie de dentelures grossières sur les deux bords tranchants — est caractéristique du requin blanc (Carcharodon carcharias) et incompatible avec les autres espèces de requins couramment observées dans les eaux atlantiques canadiennes. La taille estimée de l’animal ainsi que les dommages infligés à la doris renforcent également cette identification.
Le comportement du requin s’explique facilement par les circonstances de la rencontre. Après avoir été harponné et retenu par une ligne, l’animal réagissait presque certainement de manière défensive à une blessure plutôt que de tenter de se nourrir des occupants de l’embarcation. Il est particulièrement révélateur que, malgré la chute de John Chandler à l’eau à la suite de la collision, le requin n’ait manifesté aucune tentative de poursuite ou de morsure à son égard.
Des observations plus récentes démontrent par ailleurs que les requins blancs fréquentent toujours régulièrement les eaux de Hubbards. Plusieurs rencontres documentées avec des plongeurs ainsi que la présence de requins marqués y ont été rapportées au cours des dernières années. Bien que ces observations modernes ne constituent pas une preuve de l’événement de 1920, elles demeurent cohérentes avec la présence historique de l’espèce dans cette région de la côte néo-écossaise.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère que le requin impliqué dans cet incident était un requin blanc (Carcharodon carcharias) agissant de façon défensive après avoir été harponné. La dent récupérée, les témoignages des pêcheurs et les dommages documentés à l’embarcation constituent des preuves solides tant de la réalité de l’événement que de l’identification de l’espèce. Le dossier est donc classé Confirmé.
Importance du dossier
Cet incident constitue l’un des meilleurs dossiers historiques canadiens documentant l’interaction agressive d’un requin blanc avec une embarcation. La récupération d’une dent diagnostique directement dans la coque fournit une preuve particulièrement robuste de l’identité de l’espèce, tandis que les circonstances de la rencontre illustrent clairement la distinction entre un comportement défensif et un comportement prédateur. Bien que le requin ait violemment heurté et mordu l’embarcation, ses actions sont survenues après avoir été harponné et il n’a manifesté aucun comportement agressif envers le pêcheur tombé à l’eau.
Référence
- Piers, H. (1933). Accidental Occurrence of the Man-Eater or Great White Shark, Carcharodon carcharias (Linn.) in Nova Scotian Waters. Proceedings of the Nova Scotian Institute of Science, 18(3), 192–203.
ID RCAR : CSAR-0010
Date : 1905-07-05
Lieu : False Creek (Vancouver), Colombie-Britannique
Type d’incident : Enfant suivi par un requin — Code : CP
Espèce (présumée) : Requin griset (Hexanchus griseus)
Cause(s) possible(s) : Attraction par les mouvements et les vibrations produits par un enfant marchant dans l’eau peu profonde (non provoqué)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé
Description
Le soir du 5 juillet 1905, Harry Menzies, âgé de huit ans, marchait dans l’eau peu profonde près de l’embouchure de False Creek, à Vancouver, lorsqu’un grand requin aurait été aperçu s’approchant de lui depuis des eaux plus profondes. L’incident a été relaté dans des articles contemporains publiés dans le Vancouver Daily World.¹ ²
Selon le récit journalistique, Ed Dusenberry, qui observait la scène depuis le rivage, crut d’abord apercevoir un nageur se déplaçant sous la surface avant de remarquer une nageoire proéminente dépassant de l’eau. Réalisant qu’il s’agissait d’un requin, il lança un avertissement et se précipita vers le rivage muni d’une gaffe.
L’enfant courut immédiatement vers la plage tandis que le requin poursuivait sa progression vers des eaux de plus en plus peu profondes. L’animal finit par s’échouer sur le rivage, où il fut tué par Dusenberry et plusieurs autres hommes avant de pouvoir regagner le large.
La carcasse fut ensuite exposée au public sous une tente improvisée, les résidents locaux devant débourser dix cents pour l’observer. Les journaux de l’époque décrivirent le spécimen comme un gigantesque « requin mangeur d’hommes hawaïen », tandis qu’un témoin avançait l’hypothèse qu’il avait suivi des saumons ou peut-être un navire jusqu’au bras Burrard.
Un article publié le lendemain incluait une photographie du requin, bien que la qualité de l’image soit insuffisante pour permettre une identification définitive.²
Évaluation de l’ORS
La réalité de l’incident est bien étayée par les articles de journaux contemporains ainsi que par l’existence d’une photographie publiée montrant le requin échoué. Les données disponibles confirment donc qu’un grand requin est entré dans des eaux peu profondes à proximité immédiate d’un enfant avant de s’échouer sur le rivage.
L’identification proposée à l’époque n’est toutefois pas compatible avec les connaissances modernes en taxonomie et en biogéographie des requins. Aucun « requin mangeur d’hommes hawaïen » correspondant à cette description ne serait attendu dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique. Cette appellation reflète vraisemblablement les connaissances scientifiques limitées et le ton sensationnaliste de certains médias de l’époque.
À la lumière des données disponibles, le requin griset (Hexanchus griseus) constitue l’hypothèse la plus plausible. Cette grande espèce d’eaux profondes est naturellement présente dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique, notamment dans le bras Burrard et le détroit de Georgia, et peut occasionnellement fréquenter des profondeurs relativement faibles.
Bien que la photographie publiée soit de qualité limitée, elle semble représenter un requin possédant une tête large et émoussée ainsi qu’une nageoire dorsale relativement petite, des caractéristiques davantage compatibles avec un requin griset qu’avec un requin dormeur du Pacifique (Somniosus pacificus). La petite taille apparente de la nageoire dorsale permet également d’écarter efficacement l’hypothèse d’un requin pèlerin (Cetorhinus maximus).
La motivation du requin ne peut être déterminée avec certitude. Son approche directe vers l’enfant pourrait simplement refléter un comportement investigateur stimulé par les sons, les vibrations ou les mouvements produits par une personne marchant dans l’eau peu profonde plutôt qu’une tentative de prédation. Aucun contact physique ne s’est produit avant que l’animal ne s’échoue.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une rencontre confirmée impliquant un grand requin qui s’est approché de très près d’un enfant de huit ans avant de s’échouer sur le rivage. Bien que les documents disponibles ne permettent pas une identification définitive, la morphologie rapportée, la localisation géographique et les éléments photographiques limités sont les plus compatibles avec un requin griset (Hexanchus griseus). Toutefois, la possibilité qu’il s’agisse d’un requin dormeur du Pacifique (Somniosus pacificus) ne peut être exclue et l’identification de l’espèce demeure donc présumée plutôt que confirmée.
Note complémentaire
Cette rencontre demeure l’un des plus anciens incidents documentés au Canada impliquant un enfant et un requin. Elle est également remarquable parce que le requin s’est échoué immédiatement après son approche, permettant son examen et sa photographie. Malheureusement, aucun spécimen conservé ni aucune description scientifique détaillée ne semblent avoir survécu jusqu’à aujourd’hui.
Références
- A Shark Killed in False Creek. Vancouver Daily World, 6 juillet 1905.
- False Creek Shark. Vancouver Daily World, 7 juillet 1905.

Le grand requin repose toujours sous la tente dressée à False Creek, près du pont de la rue Granville, et hier soir, jusque tard après la tombée de la nuit, des foules de curieux s’y sont rendues pour apercevoir le monstre marin. Ce matin, M. Dusenberry s’est vu offrir 50 $ pour le requin par un exhibiteur local, mais il n’a pas encore accepté l’offre, souhaitant d’abord donner à la Société historique et artistique l’occasion de l’acquérir aux mêmes conditions. — False Creek Shark. Vancouver Daily World. 7 January 1925
ID RCAR : CSAR-0009
Date : Signalé le 30 août 1891
Lieu : Détroit de Cabot, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Attaque mortelle de requin rapportée — Code : PRE
Espèce : Inconnue
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (personne tombée à la mer lors d’activités de pêche)
Résultat : Décès
Statut : Plausible

Description
Selon un récit historique publié par Charles Edward Russell, le pêcheur John Roult, âgé de 21 ans, serait tombé à la mer depuis la goélette française Société alors qu’il pêchait dans le détroit de Cabot.¹
Russell affirme que Roult aurait été immédiatement attaqué par un requin après son entrée dans l’eau et qu’il aurait disparu avant de pouvoir être secouru. Son corps n’aurait jamais été retrouvé.
Au-delà de ces quelques détails, très peu d’informations sont disponibles. La date exacte et le lieu précis de l’incident demeurent inconnus, bien que le récit ait été rapporté le 30 août 1891. Aucune description du requin, aucun témoignage direct, aucun rapport d’enquête officielle, aucun examen médico-légal ni aucun article de journal contemporain n’ont été retrouvés.
Évaluation de l’ORS
Les données disponibles sont insuffisantes pour confirmer que John Roult a été tué par un requin. Le récit provient d’une source historique secondaire publiée plusieurs décennies après les faits allégués et n’est appuyé par aucune documentation contemporaine ni corroboration indépendante.
Les circonstances rapportées demeurent néanmoins biologiquement plausibles. Une personne tombant accidentellement à la mer depuis un bateau de pêche pourrait potentiellement attirer l’attention d’un grand requin prédateur, particulièrement dans un contexte où des activités de pêche, des appâts, des poissons capturés ou des rejets de poissons sont déjà présents dans l’eau. L’absence de corps retrouvé demeure compatible avec plusieurs scénarios alternatifs et ne peut être considérée comme une preuve d’attaque de requin.
Si un requin était effectivement impliqué, l’espèce responsable ne peut être déterminée à partir des informations disponibles. Le requin blanc (Carcharodon carcharias) fréquente saisonnièrement la région du détroit de Cabot et constitue une hypothèse plausible parmi d’autres, mais aucune donnée ne permet de privilégier cette identification plutôt qu’une autre explication.
À la lumière des éléments disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme plausible, mais non confirmé. Les circonstances rapportées sont compatibles avec un scénario dans lequel une attaque mortelle de requin aurait pu se produire, mais l’absence de documentation contemporaine ou de corroboration indépendante empêche toute confirmation. Le dossier est donc maintenu dans le Registre à titre d’incident historique rapporté, dans l’attente de la découverte éventuelle de nouvelles sources documentaires.
Note complémentaire
Contrairement à plusieurs récits historiques non confirmés, ce dossier est classé Plausible parce que le scénario décrit est biologiquement crédible et ne présente aucune contradiction évidente. Son inclusion reflète l’engagement du Registre à documenter les récits historiques tout en distinguant clairement les différents niveaux de preuve disponibles.
Référence
- Russell, C. E. (1929). From Sandy Hook to 62°. Sandy Hook Pilots Association, pp. 310–311.
ID RCAR : CSAR-0008
Date : 1888-08-27
Lieu : Baie des Ha! Ha!, Saguenay, Québec
Type d’incident : Rencontre rapportée avec un requin échoué — Code : DF
Espèce (probable) : Requin du Groenland (Somniosus microcephalus)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (échouage causé par la marée descendante)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Discrédité

Description
Selon un article publié dans Le Progrès du Saguenay, une femme qui ramassait du bois flotté sur le rivage de la baie des Ha! Ha! aurait découvert un grand requin vivant échoué par la marée descendante le 27 août 1888.¹
Le journal décrivait l’animal comme mesurant environ quatre mètres de longueur. Effrayée par cette découverte inattendue, la femme l’aurait attaqué à l’aide de la gaffe qu’elle utilisait habituellement pour récupérer du bois destiné au chauffage.
L’article relate ensuite une lutte spectaculaire au cours de laquelle le requin blessé se serait dressé sur sa queue, aurait émis des sifflements et se serait élancé à plusieurs reprises vers la femme tandis qu’elle continuait de le frapper. À mesure que la marée se retirait, l’animal serait devenu complètement échoué, permettant finalement à la femme de l’achever d’un coup porté à la gorge.
Selon le récit, plusieurs résidents se seraient ensuite rassemblés autour de la carcasse. Le requin aurait été ouvert et examiné, révélant un squelette cartilagineux ainsi que plusieurs rangées de dents.
Plus de cinquante ans plus tard, Le Progrès du Golfe publia ce qui semble être une reprise du même événement, mais sous une forme sensiblement différente. Dans cette version, le requin aurait failli attaquer une femme qui lavait son linge sur le rivage plutôt qu’une personne ramassant du bois flotté.³
Évaluation de l’ORS
Le récit original contient probablement un fond de vérité, à savoir qu’un grand requin se serait échoué dans les eaux peu profondes de la baie des Ha! Ha! avant d’être tué par des résidents locaux.
Les éléments comportementaux qui ont transformé cet événement en prétendue attaque de requin sont toutefois incompatibles avec la biologie connue de toute espèce de requin.
Bien que le journal ait identifié l’animal comme un « requin mangeur d’hommes » assimilable au requin-taupe commun (Lamna nasus), la taille rapportée et le lieu de l’observation correspondent beaucoup mieux à un requin du Groenland (Somniosus microcephalus). Les requins-taupes communs dépassent rarement 2,6 mètres de longueur vérifiée, alors que les requins du Groenland atteignent fréquemment quatre mètres ou davantage et sont bien documentés dans le fjord du Saguenay et les eaux adjacentes.²
Les comportements décrits posent également problème. Rien n’indique qu’un requin du Groenland puisse se dresser sur sa queue lorsqu’il est échoué ni qu’il soit capable de poursuivre intentionnellement une personne sur la terre ferme. De même, les requins ne possèdent aucun organe vocal spécialisé et ne sont pas connus pour produire des sifflements. Les sons perçus par les témoins provenaient probablement de l’air ou de l’eau expulsés par la bouche ou les fentes branchiales pendant les derniers mouvements de l’animal.
Les différences importantes entre les versions de 1888 et de 1941 illustrent également la façon dont certains récits historiques peuvent être amplifiés au fil du temps. Une simple rencontre avec un requin échoué semble progressivement avoir évolué en une histoire dramatique de tentative d’attaque.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère comme probable qu’un grand requin, vraisemblablement un requin du Groenland (Somniosus microcephalus), se soit échoué dans des eaux peu profondes avant d’être tué par des résidents locaux. Toutefois, aucune preuve crédible ne permet de conclure que l’animal a attaqué ou tenté d’attaquer la femme décrite dans le récit. Les éléments les plus spectaculaires de l’histoire sont incompatibles avec la biologie connue du requin du Groenland et sont mieux interprétés comme des exagérations journalistiques ou du folklore. Le dossier est donc classé Discrédité en ce qui concerne toute allégation de comportement agressif envers un être humain.
Note complémentaire
Ce dossier est conservé dans le Registre canadien des attaques de requins parce qu’il constitue un exemple instructif de la manière dont une observation réelle peut se transformer en récit sensationnaliste au fil des décennies. Son inclusion démontre que le Registre évalue de façon critique les sources historiques plutôt que de les accepter sans examen.
Références
- Le Progrès du Saguenay. 27 septembre 1888.
- Castro, J. I. (2011). The Sharks of North America. Oxford University Press. 613 p.
- Une histoire de requins. Le Progrès du Golfe. 6 juin 1941.
(Ci-dessus) Contrairement à ce qui est décrit dans ce récit historique, un requin du Groenland échoué est incapable de se dresser sur sa queue. Photographie prise à Baie-Comeau en 2005. © ORS.
ID RCAR : CSAR-0007
Date : 1888-08-14
Lieu : Île de Sable, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Attaque de requin rapportée à la suite d’un naufrage — Code : PRE
Espèce : Inconnue
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (naufrage impliquant de nombreuses personnes dans l’eau et présence possible de sang provenant de blessures)
Résultat : Décès
Statut : Plausible

Description
Le 14 août 1888, le paquebot transatlantique SS Geiser sombra après être entré en collision avec le paquebot danois SS Thingvalla dans un épais brouillard près de l’île de Sable, en Nouvelle-Écosse. La catastrophe fit de nombreuses victimes alors que passagers et membres d’équipage abandonnaient le navire et se retrouvaient à la mer.
Selon un article de journal publié quelques jours plus tard, l’un des survivants aurait entendu un passager crier qu’il avait été mordu par un requin alors qu’il luttait pour demeurer à flot.¹ La personne aurait ensuite disparu et aurait été présumée morte lors du naufrage.
Aucun autre détail concernant cette attaque alléguée n’a été rapporté. Les sources disponibles ne décrivent ni le requin, ni la nature des blessures, ni l’existence éventuelle de témoins ayant observé l’animal, ni même si le corps de la victime a été retrouvé.
Évaluation de l’ORS
Les données disponibles sont insuffisantes pour confirmer l’implication d’un requin dans cet incident. Le récit repose sur une seule source journalistique historique rapportant une déclaration qui aurait été entendue au milieu de la confusion et de la panique entourant une importante catastrophe maritime. Aucun élément de preuve matérielle, aucun témoignage indépendant ni aucun examen médico-légal ne viennent appuyer cette affirmation.
Les circonstances décrites demeurent néanmoins biologiquement plausibles. Un naufrage impliquant de nombreuses personnes entrant simultanément dans l’eau peut créer des conditions susceptibles d’attirer des requins en raison des éclaboussures, des mouvements désordonnés des survivants et de la présence éventuelle de sang provenant de blessures subies lors de la collision ou de l’évacuation.
Les eaux entourant l’île de Sable se situent également dans l’aire de répartition saisonnière du requin blanc (Carcharodon carcharias), ce qui en ferait un candidat plausible si une interaction avec un requin s’était effectivement produite. Toutefois, aucune preuve ne permet d’appuyer cette identification et plusieurs autres explications demeurent possibles. La victime a pu simplement se noyer ou subir des blessures sans lien avec un requin avant de disparaître sous la surface.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme plausible, mais non confirmé. Bien que les circonstances rapportées soient biologiquement crédibles et ne présentent aucune incohérence évidente, l’absence de preuves corroborantes empêche de confirmer l’implication d’un requin ou d’identifier l’espèce responsable. Le dossier est donc maintenu dans le Registre dans l’attente de la découverte éventuelle de nouvelles sources documentaires.
Note complémentaire
Ce dossier illustre les difficultés associées à l’évaluation des catastrophes maritimes du XIXe siècle. La confusion entourant les événements, la documentation souvent limitée et l’absence fréquente de corps récupérés rendent parfois impossible la distinction entre les faits établis et les récits non confirmés. Son inclusion reflète l’engagement du Registre à documenter les témoignages historiques tout en évaluant de façon critique la solidité des preuves disponibles.
Référence
- Aurora Daily Express, 18 août 1888.
ID RCAR : CSAR-0006
Date : 1874
Lieu : Banc de Saint-Pierre, Terre-Neuve-et-Labrador*
Type d’incident : Attaque contre une embarcation — Code : HB
Espèce (confirmée) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (attraction possible par les poissons transportés à bord de la doris)
Résultat : Aucune blessure
Statut : Confirmé

Description
En 1874, un grand requin aurait attaqué une petite doris de pêche opérant sur le banc de Saint-Pierre, au sud de Terre-Neuve. L’incident a d’abord été documenté par Frederic Ward Putnam avant d’être analysé plus en détail par Harry Piers.¹ ²
Selon le récit original, la doris était lourdement chargée de poissons fraîchement capturés lorsqu’elle fut la cible d’attaques répétées de la part du requin. L’animal aurait heurté et mordu l’embarcation à plusieurs reprises avec une force suffisante pour la faire gîter, provoquant la perte d’une partie des captures et l’entrée d’eau dans la coque. Les deux occupants auraient réussi à maintenir l’embarcation à flot uniquement en écopant continuellement.
L’examen du bordage endommagé révéla de nombreuses marques de morsure et plusieurs fragments de dents de requin furent récupérés dans la coque. L’une de ces dents, presque complète, provenant vraisemblablement de la mâchoire inférieure, mesurait environ 1,8 pouce (4,6 cm) entre le centre de la racine et son extrémité.
Samuel Garman examina le spécimen et conclut qu’il appartenait à Carcharias (Prionodon) lamia ou à une forme apparentée, estimant que le requin dépassait 13 pieds (4 mètres) de longueur.
Des révisions ultérieures réalisées par Bigelow et Welsh, puis par Harry Piers, réévaluèrent les preuves et conclurent que la dent récupérée devait plutôt être attribuée au requin blanc (Carcharodon carcharias).¹
Évaluation de l’ORS
Cet incident constitue l’un des plus solides témoignages du XIXe siècle concernant une interaction entre un requin blanc et une embarcation dans les eaux canadiennes, puisqu’il repose sur des preuves matérielles directes plutôt que sur de simples témoignages.
Bien que l’identification originale proposée par Samuel Garman reflète la nomenclature et les connaissances scientifiques de son époque, des spécialistes ultérieurs ont indépendamment conclu que la dent récupérée appartenait à un requin blanc. La morphologie du spécimen, combinée aux dommages observés sur l’embarcation, est entièrement compatible avec cette interprétation.
Les circonstances de la rencontre sont également biologiquement plausibles. Une petite doris de bois lourdement chargée de poissons fraîchement capturés aurait libéré dans l’eau du sang, des fluides biologiques et d’autres stimuli susceptibles d’attirer un grand requin prédateur. Dans un tel contexte, les morsures et les heurts répétés contre l’embarcation s’expliquent facilement comme un comportement d’investigation ou d’alimentation dirigé vers les captures plutôt que vers les pêcheurs eux-mêmes.
Une certaine confusion a longtemps entouré le lieu exact de l’événement. Alors que Bigelow et Welsh l’ont ultérieurement associé au banc de Banquereau, Harry Piers a réexaminé la documentation originale et conclu que le récit de Putnam faisait presque certainement référence au banc de Saint-Pierre. Cette interprétation est retenue ici.¹
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme une interaction confirmée impliquant un requin blanc (Carcharodon carcharias) et une doris chargée de poissons opérant sur le banc de Saint-Pierre. La récupération et l’analyse taxonomique subséquente de dents de requin incrustées dans la coque fournissent des preuves physiques particulièrement convaincantes de l’incident et de l’espèce impliquée. L’interaction est interprétée de façon plus parcimonieuse comme une réponse motivée par l’alimentation associée aux captures transportées à bord plutôt que comme une agression dirigée contre les occupants de l’embarcation.
Note complémentaire
Cet incident constitue l’un des plus anciens exemples canadiens documentés où des dents diagnostiques récupérées directement sur une embarcation endommagée ont permis de confirmer rétrospectivement l’espèce responsable. Il illustre également comment l’évolution des connaissances taxonomiques peut conduire à une réinterprétation plus précise des observations historiques.
* Note sur la localisation : Certaines sources secondaires attribuent incorrectement cet incident au banc de Banquereau. L’examen de la littérature originale par Harry Piers indique toutefois qu’il s’est presque certainement produit sur le banc de Saint-Pierre, au sud de Terre-Neuve.
Références
- Piers, H. (1933). Accidental Occurrence of the Man-Eater or Great White Shark, Carcharodon carcharias (Linn.) in Nova Scotian Waters. Proceedings of the Nova Scotian Institute of Science, 18(3), 192–203.
- Putnam, F. W. (1874). Tooth of a man-eater that attacked a dory near St. Pierre Bank. Bulletin of the Essex Institute, 6(4), 72.
ID RCAR : CSAR-0005
Date : Octobre 1860
Lieu : Au large du cap Canso, Nouvelle-Écosse
Type d’incident : Attaque rapportée contre des naufragés — Code : PRE
Espèce : Inconnue
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (naufrage impliquant des survivants luttant dans l’eau et présence possible de sang provenant de blessures)
Résultat : Décès
Statut : Plausible

Description
Selon un article publié dans The Daily Dispatch, deux pêcheurs auraient été tués par des requins à la suite du naufrage de leur goélette après une collision avec un vapeur dans un épais brouillard au large du cap Canso, en Nouvelle-Écosse, en octobre 1860.¹
Le récit indique que les membres de l’équipage auraient d’abord survécu en s’agrippant à l’épave partiellement submergée pendant environ deux jours dans l’attente des secours. Durant cette période, sept hommes auraient été emportés par la mer agitée.
Les neuf survivants restants auraient finalement abandonné l’épave à bord d’une embarcation de sauvetage. Peu après sa mise à l’eau, celle-ci se serait renversée, projetant tous ses occupants à la mer. Selon le journal, deux des hommes auraient alors été attaqués et tués par des requins.
Les sept autres survivants auraient réussi à redresser l’embarcation et à remonter à bord. Deux seraient ensuite morts d’épuisement avant que les survivants restants ne soient finalement secourus par un navire de passage.
Aucun détail concernant l’espèce impliquée, la nature des blessures alléguées ou la description des requins n’a été fourni dans l’article original.
Évaluation de l’ORS
Les données disponibles sont insuffisantes pour confirmer que des requins sont responsables de la mort des deux membres d’équipage. Le récit repose sur une seule source journalistique contemporaine et n’est appuyé par aucune preuve matérielle, enquête officielle, récupération des corps ou description détaillée provenant de témoins directs.
Les circonstances rapportées demeurent néanmoins biologiquement plausibles. Un naufrage prolongé impliquant de nombreux survivants épuisés luttant à la surface pourrait potentiellement attirer de grands requins prédateurs, particulièrement si du sang provenant de blessures, des provisions perdues ou d’autres matières organiques se retrouvaient dans l’eau. De telles conditions sont reconnues ailleurs dans le monde comme pouvant augmenter la probabilité d’interactions opportunistes entre des requins et des victimes de naufrage.
L’espèce impliquée, si un requin était effectivement responsable, ne peut être déterminée à partir des informations disponibles. Le requin blanc (Carcharodon carcharias) fréquente saisonnièrement les eaux atlantiques canadiennes et constitue une hypothèse plausible parmi d’autres, mais aucune preuve ne permet de soutenir cette identification.
Il demeure toutefois tout aussi plausible que les victimes se soient noyées ou aient disparu sous la surface pour des raisons sans lien avec des requins, et que les récits ultérieurs aient attribué leur disparition à une attaque dans le contexte chaotique de la catastrophe.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme plausible, mais non confirmé. Bien que les circonstances rapportées soient biologiquement crédibles et ne présentent aucune incohérence évidente, l’absence de preuves corroborantes empêche de confirmer l’implication de requins dans le décès des victimes ou d’identifier l’espèce responsable. Le dossier est donc maintenu dans le Registre dans l’attente de la découverte éventuelle de nouvelles sources documentaires.
Note complémentaire
Les naufrages historiques ont souvent donné lieu à des récits journalistiques sensationnalistes à une époque où les enquêtes médico-légales étaient limitées ou inexistantes. Ce dossier illustre l’importance de distinguer les récits plausibles au regard des données disponibles de ceux qui peuvent être confirmés par des preuves matérielles ou par plusieurs sources indépendantes fiables.
Référence
- The Daily Dispatch, 1er novembre 1860.
ID RCAR : CSAR-0004
Date : 1859
Lieu : Pond Inlet, Nunavut
Type d’incident : Charognage de restes humains — Code : CH
Espèce (présumée) : Requin du Groenland (Somniosus microcephalus)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée (charognage opportuniste d’une personne décédée)
Résultat : Aucune preuve de blessure causée par le requin
Statut : Confirmé

Description
Selon les dossiers de l’International Shark Attack File (ISAF), un requin du Groenland (Somniosus microcephalus) capturé près de Pond Inlet, au Nunavut, en 1859 contenait une jambe humaine dans son estomac.¹
Aucune information supplémentaire concernant l’identité de la personne décédée, l’état des restes retrouvés ou les circonstances ayant permis à cette partie du corps de se retrouver dans le tube digestif du requin n’a été documentée. De même, aucun récit contemporain décrivant une attaque de requin ou la disparition d’une personne dans des circonstances compatibles avec une prédation n’a été retrouvé.
Les informations disponibles se limitent essentiellement à la présence de restes humains dans le contenu stomacal d’un requin capturé.
Évaluation de l’ORS
La présence de restes humains dans l’estomac d’un requin du Groenland ne constitue pas une preuve d’attaque. Le requin du Groenland est un charognard opportuniste qui consomme une grande variété de carcasses, notamment des mammifères marins, des poissons, des oiseaux marins et des animaux terrestres se retrouvant dans l’environnement marin.
Pond Inlet se situe au cœur de l’aire de répartition de l’espèce, où le requin du Groenland est reconnu depuis longtemps comme abondant.² Dans un tel contexte, le charognage d’un corps à la suite d’une noyade, d’une immersion accidentelle ou d’un autre événement mortel constitue l’explication la plus parcimonieuse.
Aucune donnée n’indique que la personne était vivante lorsque les tissus ont été consommés ni que le requin a infligé des blessures ayant contribué au décès. En l’absence de signes de prédation antémortem, les informations disponibles permettent uniquement de conclure à un cas de charognage.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce dossier comme un cas confirmé de charognage impliquant un requin du Groenland (Somniosus microcephalus) et des restes humains. Toutefois, rien n’indique que le requin ait attaqué ou tué une personne vivante. L’explication la plus probable demeure celle d’un charognage opportuniste après un décès survenu pour des raisons sans lien avec le requin.
Note complémentaire
Plusieurs récits historiques provenant de l’Arctique décrivent des requins du Groenland se nourrissant de carcasses de mammifères marins et d’autres animaux, notamment dans le contexte d’activités de chasse. Bien que de tels récits aient parfois alimenté des spéculations concernant d’éventuelles attaques contre des humains, aucun cas confirmé n’a démontré qu’un requin du Groenland avait activement tué une personne vivante.
Références
- International Shark Attack File (ISAF).
- Templeman, W., & Fisheries Research Board of Canada. (1963). Distribution of sharks in the Canadian Atlantic (with special reference to Newfoundland waters).
ID RCAR : CSAR-0003
Date : Avant 1846
Lieu : Embouchure de la rivière Moisie, Québec
Type d’incident : Attaque rapportée contre un canot — Code : PRE
Espèce (hypothétique) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée
Résultat : Décès rapporté
Statut : Discrédité

Description
Dans Hudson’s Bay; or, Every-Day Life in the Wilds of North America (1848), Robert M. Ballantyne¹ raconte l’histoire d’un requin qui aurait poursuivi et attaqué à plusieurs reprises une famille innue voyageant à bord d’un canot d’écorce près de l’embouchure de la rivière Moisie, à une date antérieure à 1846. Selon le récit, la famille n’aurait échappé à l’animal que lorsque le père aurait jeté son nourrisson par-dessus bord afin de distraire le requin pendant qu’il gagnait le rivage à la pagaie.
Ballantyne introduit cette histoire dans une discussion portant sur la présence de requins dans le golfe du Saint-Laurent et affirme que des Autochtones ainsi que de vieux résidents de la côte lui avaient indiqué que des requins étaient parfois observés dans la région.
Texte original (traduit par JHG) :
« À l’occasion, je prenais mon fusil et parcourais la forêt à la recherche de gibier, et il m’arrivait aussi de me baigner dans la mer. J’ignorais alors qu’il y avait des requins dans le golfe du Saint-Laurent, autrement j’aurais été plus prudent. Les Autochtones me dirent par la suite qu’on en voyait souvent, et plusieurs habitants de longue date de la côte confirmèrent leurs propos. À plusieurs reprises, des Autochtones quittèrent le rivage du golfe dans leurs canots pour aller chasser et ne furent jamais revus, alors que le temps était calme; on croyait donc généralement que des requins avaient renversé leurs embarcations et dévoré leurs occupants. Un événement qui arriva plus tard à un Autochtone semblait rendre cette hypothèse fort probable. Cet homme voyageait le long des côtes du golfe avec sa famille, sa femme et plusieurs enfants, dans un petit canot. Vers le soir, alors qu’il traversait une grande baie, un requin apparut près de son embarcation et, après l’avoir observée quelque temps, nagea vers elle et tenta de la renverser. La taille du canot rendait toutefois cela impossible; aussi le monstre féroce commença-t-il à le mettre en pièces en le percutant avec force. L’Autochtone tira sur le requin dès qu’il l’aperçut, mais sans effet; n’ayant pas le temps de recharger son arme, il saisit sa pagaie et se dirigea vers le rivage. Le canot, cependant, devint rapidement perméable sous les attaques répétées du poisson, et il était évident qu’en quelques minutes toute la famille serait à la merci du monstre furieux. Dans cette situation désespérée, l’homme prit son plus jeune enfant, un nourrisson de quelques mois, et le jeta à l’eau; pendant que le requin le dévorait, le reste de la famille atteignit le rivage. »
— Robert M. Ballantyne, Hudson’s Bay; or, Every-Day Life in the Wilds of North America (1848)
Évaluation de l’ORS
Aucune documentation historique indépendante ni aucune preuve matérielle permettant de corroborer cet incident allégué n’ont été retrouvées. Au contraire, plusieurs éléments suggèrent qu’il s’agit d’un récit apocryphe ou d’une adaptation d’une autre histoire.
Le fait le plus révélateur est l’existence d’un récit presque identique dans la littérature ultérieure, mettant cette fois en scène une famille inuite voyageant en kayak dans les eaux arctiques et poursuivie par un requin du Groenland (Somniosus microcephalus).² Les deux histoires diffèrent essentiellement par l’identité des protagonistes, le type d’embarcation, le cadre géographique et l’espèce de requin impliquée. Dans les deux cas, le père sacrifie son plus jeune enfant afin de sauver le reste de sa famille. Une telle similitude suggère fortement qu’un récit dérive de l’autre ou que les deux proviennent d’une même tradition folklorique ou littéraire plutôt que d’observations indépendantes.
Si un tel événement s’était réellement produit près de l’embouchure de la rivière Moisie, le requin blanc (Carcharodon carcharias) constituerait l’espèce la plus plausible sur le plan biologique, compte tenu de sa présence historique dans le golfe du Saint-Laurent et de sa capacité à infliger des dommages importants à une embarcation légère en écorce. Toutefois, la plausibilité biologique ne constitue pas une preuve de l’authenticité du récit.
La cohérence interne de l’histoire soulève également plusieurs interrogations. Ballantyne décrit un canot suffisamment petit pour transporter seulement deux adultes et plusieurs enfants, tout en affirmant qu’il était trop grand pour être renversé par le requin, mais assez fragile pour être détruit par des impacts répétés. Ces détails sont difficiles à concilier et évoquent davantage une construction littéraire qu’un témoignage fidèle.
Enfin, la représentation d’un père autochtone sacrifiant sans hésitation son nourrisson peut refléter certaines conventions littéraires du XIXe siècle, des stéréotypes coloniaux ou l’adaptation d’un récit folklorique plus ancien plutôt qu’un événement historique réel.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce récit comme apocryphe plutôt qu’historique. Bien qu’un requin blanc constituerait l’espèce la plus plausible si un tel événement s’était réellement produit dans le golfe du Saint-Laurent, aucune preuve fiable n’indique que ce soit le cas. L’absence complète de documentation corroborante, la ressemblance frappante avec un autre récit publié et les incohérences internes de l’histoire militent fortement contre son authenticité. Le dossier est donc classé comme Discrédité et est conservé dans le Registre uniquement en raison de son intérêt historique et de son rôle dans l’évolution du folklore canadien lié aux requins.
Note complémentaire
Ce récit a été largement repris dans les discussions portant sur les requins du golfe du Saint-Laurent et est parfois présenté comme une preuve d’attaques historiques au Québec. Son inclusion dans le Registre canadien des attaques de requins reflète l’engagement du Registre à examiner de manière critique ce type d’affirmation et à documenter les raisons pour lesquelles elles ne sont pas étayées par des preuves historiques fiables.
Références
- Ballantyne, R. M. (1848). Hudson’s Bay; or, Every-Day Life in the Wilds of North America. William Blackwood and Sons, Edinburgh and London.
- Van Grevelynghe, G., Diringer, A., & Séret, B. (1999). Tous les requins du monde. Collection Les encyclopédies du naturaliste. Delachaux et Niestlé, Lausanne, Suisse.
ID RCAR : CSAR-0002
Date : Avant 1846
Lieu : Nunavut (localité exacte inconnue)
Type d’incident : Attaque rapportée contre un kayak — Code : PRE
Espèce (hypothétique) : Requin du Groenland (Somniosus microcephalus)
Cause(s) possible(s) : Indéterminée
Résultat : Décès rapporté
Statut : Discrédité

Description
Plusieurs publications historiques¹ relatent l’histoire d’un requin qui aurait poursuivi et attaqué à plusieurs reprises une famille inuite voyageant en kayak quelque part dans ce qui correspond aujourd’hui au Nunavut. Selon le récit, la famille n’aurait réussi à échapper à l’animal qu’après que le père eut jeté son nourrisson à l’eau afin de détourner son attention.
Récit original (traduit par JHG) :
« Une famille inuit voyageait en kayak lorsqu’un grand requin du Groenland se mit à la poursuivre. L’animal attaqua à plusieurs reprises l’embarcation et menaça de la renverser. Ne voyant aucun autre moyen d’échapper au danger, le père jeta son plus jeune enfant à l’eau. Le requin s’empara du nourrisson, permettant aux autres occupants de gagner le rivage à la pagaie. »
Un récit remarquablement similaire apparaît dans Hudson’s Bay; or, Every-Day Life in the Wilds of North America (1848) de Robert M. Ballantyne.² Dans cette version, toutefois, l’incident se serait produit près de l’embouchure de la rivière Moisie, dans l’actuel Québec. Les victimes y sont décrites comme une famille innue voyageant en canot d’écorce plutôt qu’une famille inuit en kayak, et le requin impliqué est identifié comme un requin blanc (Carcharodon carcharias) plutôt qu’un requin du Groenland.
Aucune documentation contemporaine ni aucune preuve indépendante corroborant l’un ou l’autre de ces récits n’a été retrouvée.
Évaluation de l’ORS
Les données disponibles ne permettent pas de considérer cet incident comme un événement historique authentique. Plusieurs éléments indépendants suggèrent plutôt qu’il s’agit d’un récit apocryphe ou d’une adaptation d’une autre histoire.
Premièrement, les versions du Nunavut et de la rivière Moisie sont presque identiques dans leur structure et leur déroulement. Elles diffèrent essentiellement par l’identité des protagonistes, le type d’embarcation utilisé et l’espèce de requin impliquée. Dans les deux récits, le père sacrifie son plus jeune enfant afin de sauver le reste de sa famille. Une telle similitude suggère fortement qu’un récit dérive de l’autre ou que les deux proviennent d’une même source littéraire ou folklorique plutôt que d’observations indépendantes.
Deuxièmement, bien que le requin du Groenland (Somniosus microcephalus) soit le seul grand requin présent de façon régulière dans une grande partie du Nunavut, aucune observation documentée ne démontre que cette espèce poursuit activement des kayaks occupés ou attaque de manière répétée de petites embarcations de surface. Le requin du Groenland est surtout connu comme un charognard lent et un prédateur opportuniste qui s’appuie largement sur son odorat pour localiser ses proies.
Troisièmement, le mode d’attaque décrit est difficilement conciliable avec la biologie et la morphologie de l’espèce. Les kayaks traditionnels inuits possèdent un très faible tirant d’eau, ce qui rend mécaniquement peu probable une série d’impacts répétés de la part d’un grand requin benthopélagique, sauf dans des circonstances tout à fait exceptionnelles.
Enfin, la représentation d’un père autochtone sacrifiant sans hésitation son nourrisson peut refléter certaines conventions littéraires, des stéréotypes coloniaux ou des motifs folkloriques fréquemment rencontrés dans les récits européens du XIXe siècle plutôt qu’un événement historique réel.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce récit comme apocryphe plutôt qu’historique. Bien que le requin du Groenland constituerait l’unique espèce plausible si un tel événement s’était réellement produit dans l’Arctique canadien, aucune preuve fiable ne permet de conclure que ce fut le cas. L’absence totale de documentation corroborante, la ressemblance extraordinaire entre les récits du Nunavut et de la rivière Moisie ainsi que l’absence d’appui biologique au comportement décrit militent fortement contre son authenticité. Le dossier est donc classé comme Discrédité et est conservé dans le Registre uniquement en raison de son intérêt historique et de son rôle dans l’évolution du folklore canadien lié aux requins.
Note complémentaire
Ce dossier illustre pourquoi le Registre canadien des attaques de requins inclut certains récits historiques même lorsqu’ils ne sont appuyés par aucune preuve. En les documentant et en les évaluant de manière critique, le Registre démontre qu’ils ont été examinés plutôt qu’ignorés, contribuant ainsi à distinguer le folklore des événements historiques vérifiables.
Références
- Van Grevelynghe, G., Diringer, A., & Séret, B. (1999). Tous les requins du monde. Collection Les encyclopédies du naturaliste. Delachaux et Niestlé, Lausanne, Suisse.
- Ballantyne, R. M. (1848). Hudson’s Bay; or, Every-Day Life in the Wilds of North America. William Blackwood and Sons, Edinburgh et Londres.
ID RCAR : CSAR-0001
Date : 1691 (date de publication)
Lieu : Péninsule gaspésienne, Québec (attribution incertaine)
Type d’incident : Attaque rapportée contre un nageur — Code : PRE
Espèce : Indéterminée
Cause(s) possible(s) : Indéterminée
Résultat : Décès
Statut : Aucune preuve. Probablement survenu ailleurs.

Description
Dans Nouvelle relation de la Gaspésie (1691), Chrestien Le Clercq¹ rapporte l’histoire d’une attaque mortelle de requin contre un nageur alors qu’il décrit la faune de la péninsule gaspésienne, notamment les baleines, les poissons et les élasmobranches.
Texte original adapté en français moderne par JHG :
Le requin, que certains appellent le requiem, est un poisson très dangereux, armé de deux ou trois rangées de dents. Il mesure de quatre à cinq pieds de longueur et possède un corps proportionnellement robuste. Il est très risqué de se baigner dans les endroits où ce poisson est commun, car il poursuit les personnes qu’il aperçoit dans l’eau et leur arrache un bras ou une cuisse qu’il dévore aussitôt. Je me souviens qu’un pauvre passager, s’étant jeté à la mer pour se divertir lors d’un temps calme afin de se baigner, eut le malheur de rencontrer l’un de ces requiems. Le requin ne lui fit aucun mal tant qu’il demeura dans l’eau; mais au moment où les hommes du navire s’apprêtaient à le hisser à bord, l’animal se précipita sur lui et lui sectionna la cuisse avant qu’il ne puisse atteindre le bâtiment. Il mourut environ deux heures plus tard.
— Chrestien Le Clercq, Nouvelle relation de la Gaspésie (1691), texte adapté en français moderne
Évaluation de l’ORS
Bien que Le Clercq ait inclus ce récit dans un ouvrage consacré à la Gaspésie, son texte ne précise ni la date ni le lieu exact de l’événement allégué. L’identité de la victime, celle du navire impliqué ainsi que la source de l’information demeurent également inconnues, et rien n’indique que Le Clercq ait été témoin direct des faits.
De plus, des versions très semblables de cette histoire apparaissent dans les écrits d’autres auteurs de la même époque, ce qui laisse croire qu’il pourrait s’agir d’une anecdote largement diffusée ou d’un récit de seconde main plutôt que d’un événement documenté en Nouvelle-France. La description du requin comme un « requiem », terme historique appliqué à diverses espèces de grands requins considérés comme dangereux, ne permet pas non plus une identification fiable de l’espèce impliquée.
L’absence de contexte rend également impossible de déterminer si l’incident se serait produit dans le golfe du Saint-Laurent, ailleurs en Amérique du Nord ou même à l’extérieur du continent. Le simple fait que le récit figure dans un ouvrage consacré à la Gaspésie ne permet donc pas de l’attribuer à cette région.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ce récit comme non étayé en tant que dossier historique canadien. Bien que Le Clercq l’ait inclus dans un ouvrage portant sur la Gaspésie, l’absence de documentation corroborante et l’existence de récits contemporains presque identiques suggèrent fortement qu’il s’agit d’une anecdote empruntée ou d’un exemple littéraire plutôt que du compte rendu d’une attaque de requin survenue en Nouvelle-France. Le dossier est donc classé « Aucune preuve. Probablement survenu ailleurs ». Il est conservé dans le Registre uniquement en raison de son importance historique et de son association de longue date avec l’histoire des requins au Canada.
Note complémentaire
L’inclusion de ce dossier illustre un principe fondamental du Registre canadien des attaques de requins : les récits historiquement significatifs sont documentés et évalués de manière critique plutôt que simplement ignorés. L’examen de telles histoires permet de distinguer les faits appuyés par des preuves du folklore et contribue à traiter de façon transparente les affirmations répétées depuis longtemps dans la littérature.
Référence
- Le Clercq, C. (1691). Nouvelle relation de la Gaspésie.
ID RCAR : CSAR-0000 (Dossier historique collectif)
Date : Période précontact (avant l’arrivée des Européens)
Lieu : Golfe du Saint-Laurent et provinces maritimes
Type d’incident : Attaques répétées rapportées contre des canots entraînant des décès — Code : PRE
Espèce (hypothèse) : Requin blanc (Carcharodon carcharias)
Cause(s) possible(s) : Rencontres lors de déplacements en eau libre à bord de canots d’écorce traditionnels
Résultat : Multiples décès rapportés
Statut : Tradition orale appuyée par plusieurs sources historiques indépendantes
Description
Contrairement aux autres dossiers du Registre canadien des attaques de requins, qui documentent des incidents individuels, cette entrée résume un ensemble de traditions orales autochtones et de témoignages historiques anciens suggérant que des rencontres mortelles entre des humains et de grands requins se seraient produites à répétition dans l’est du Canada pendant des siècles avant l’arrivée des Européens.
Le récit le plus détaillé provient de la tradition orale mi’kmaq consignée vers 1746 par le père Pierre-Antoine-Simon Maillard. En décrivant les dangers auxquels étaient confrontés les navigateurs mi’kmaq, un chamane nommé Lkimu (également appelé Arguimaut) expliqua que de grands « mauvais poissons » attaquaient régulièrement les canots d’écorce lors de traversées en eau libre, les faisant parfois sombrer avec leurs occupants.
Extrait adapté en français moderne par JHG :
« Ils voyagent souvent au péril de leur vie, effectuant de longues traversées dans leurs canots d’écorce, parcourant quatre, cinq, six et parfois sept lieues pour passer d’une rive à l’autre […] Ce sont pour nous des voyages considérables. Même lorsque la mer est calme et le temps favorable, les mauvais poissons qui infestent souvent ces eaux ne nous permettent pas de voyager sans inquiétude ni crainte. Il arrive trop souvent que ces créatures malfaisantes surgissent derrière nos canots avec une telle rapidité qu’elles les font sombrer avec ceux qui s’y trouvent. Certains qui nagent bien échappent au danger, mais il y en a toujours qui deviennent la proie de ces poissons carnivores et extrêmement voraces. Lorsque nous avons le temps de les voir arriver, nous cessons immédiatement de pagayer afin de saisir une perche de bois munie d’une pointe en os très dure et très acérée pour frapper l’animal. Dès qu’il est blessé, il cesse généralement sa poursuite pendant un court moment. Nous profitons alors de ce répit pour pagayer de toutes nos forces. S’il revient, nous répétons la même manœuvre jusqu’à atteindre la rive. Il y a peu de choses que nous puissions faire lorsque deux de ces animaux attaquent le même canot. Lorsque nous sommes dépourvus de lances, nous leur jetons parfois des morceaux de viande ou de poisson afin de détourner leur attention. Quand nous n’avons plus rien à leur lancer, nous nous débarrassons même de nos fourrures ou de nos coiffes de peau. Enfin, lorsque nous entreprenons un nouveau voyage, ce qui est rare à cause de ces animaux redoutables, nous garnissons l’arrière de notre canot de branches feuillues dépassant d’environ deux pieds au-dessus du bordage. L’expérience nous a appris que lorsque ces poissons voient ou sentent le feuillage, ils s’éloignent et n’approchent pas davantage, croyant sans doute qu’il s’agit d’un morceau de terre où ils risqueraient de s’échouer. »
Un second témoignage indépendant apparaît dans un mémoire rédigé en 1824 par le père Jacques Merle (Vincent de Paul), qui raconte comment des guides mi’kmaq furent alarmés après avoir observé trois énormes poissons appelés maraches lors d’un voyage en canot entre Tracadie et le détroit de Canso. Selon ce récit :
Extrait adapté en français moderne par JHG :
« Leurs dents ressemblent à des couteaux de jardinier servant à couper et à scier; elles sont comme des rasoirs légèrement courbés. Ces animaux sont extrêmement voraces. Ils poursuivent souvent les embarcations et les attaquent avec violence. Les canots d’écorce ne peuvent leur résister; ils les ouvrent d’un seul coup de dents et les font couler au fond. »
Heureusement, les animaux ne poursuivirent pas le canot et le groupe atteignit sa destination sans incident.
Ces témoignages sont complétés par des données archéologiques et linguistiques suggérant une relation ancienne entre les peuples autochtones et les grands requins dans l’est du Canada. Les Mi’kmaq possédaient notamment plusieurs termes désignant les requins, dont wabinmek ’wa, le nom traditionnel du requin blanc. À l’inverse, aucun nom mi’kmaq historique désignant l’épaulard n’a encore été identifié, malgré l’hypothèse avancée par certains auteurs selon laquelle les « mauvais poissons » décrits dans ces récits pourraient avoir été des épaulards (Orcinus orca).
Évaluation de l’ORS
Contrairement à la plupart des dossiers du Registre canadien des attaques de requins, cette entrée ne décrit pas un événement unique et identifiable. Elle résume plutôt un ensemble cohérent de traditions orales consignées indépendamment par plusieurs missionnaires sur une période d’environ un siècle.
Plusieurs éléments méritent une attention particulière. Les références répétées à des canots attaqués par l’arrière, à des occupants perdus après être tombés à l’eau, à des armes spécialement conçues pour repousser les assaillants et aux descriptions détaillées de leur dentition suggèrent des connaissances issues de rencontres directes répétées plutôt que d’une simple anecdote isolée.
La comparaison des dents à des « couteaux de jardinier » ou à des « rasoirs légèrement courbés » est particulièrement intéressante. Cette description correspond assez bien aux grandes dents triangulaires et dentelées du requin blanc (Carcharodon carcharias) et s’accorde moins facilement avec la dentition conique de l’épaulard (Orcinus orca), parfois proposé comme identité des « mauvais poissons ». De même, la capacité attribuée à ces animaux de fendre un canot d’écorce d’un seul coup de mâchoire s’explique plus aisément par la puissance des mâchoires et la dentition tranchante d’un requin blanc que par le comportement alimentaire connu des épaulards.
Les connaissances scientifiques actuelles offrent également peu d’appui à l’hypothèse voulant que les épaulards aient représenté un danger récurrent pour les navigateurs autochtones. Les épaulards sauvages sont généralement considérés comme indifférents ou curieux envers les humains, et aucun cas confirmé d’attaque mortelle par un épaulard libre n’est connu dans les eaux canadiennes. À l’inverse, les requins blancs sont capables de mordre puissamment des objets flottants inconnus et sont connus pour interagir avec des embarcations et d’autres structures flottantes.
Cela dit, ces traditions ne doivent pas être interprétées de manière littérale ou non critique. Les traditions orales combinent souvent observations factuelles, éléments symboliques et dimensions culturelles. Elles peuvent préserver la mémoire collective d’événements réels sans pour autant constituer des descriptions exactes d’incidents individuels. La fréquence réelle des attaques, le nombre de victimes et plusieurs détails comportementaux rapportés par les missionnaires européens ne peuvent aujourd’hui être vérifiés indépendamment.
À la lumière des données disponibles, le Registre canadien des attaques de requins considère ces récits comme un ensemble crédible de traditions orales historiques appuyées par plusieurs sources documentaires indépendantes plutôt que comme un incident unique vérifiable. Bien que les événements individuels ne puissent être confirmés de façon indépendante, la convergence des traditions orales mi’kmaq, des témoignages missionnaires, des données archéologiques, des indices linguistiques et des descriptions comportementales recueillies par différents observateurs est compatible avec des interactions répétées impliquant très probablement le requin blanc (Carcharodon carcharias). Ce dossier collectif est donc conservé dans le Registre afin de documenter les preuves d’interactions récurrentes entre les peuples autochtones et les grands requins avant le contact européen.
Importance historique
Ce dossier collectif fournit un contexte essentiel à la compréhension de la présence à long terme du requin blanc dans l’est du Canada. Plutôt que de soutenir l’idée que cette espèce serait un nouvel arrivant lié aux changements climatiques, ces traditions autochtones sont compatibles avec l’hypothèse selon laquelle les requins blancs fréquentent le golfe du Saint-Laurent et les eaux adjacentes depuis des millénaires et que leur apparente « réapparition » récente reflète davantage le rétablissement d’une population nord-ouest atlantique autrefois fortement réduite.
Références
Maillard, A.-S. (1863). Lettre de M. l’Abbé Maillard sur les missions de l’Acadie et particulièrement sur les missions micmaques. À Madame de Drucourt [1746]. Dans Les Soirées canadiennes, vol. III. Québec : Brousseau et frères.
Merle, J. (Vincent de Paul). (1824). Mémoire de ce qui est arrivé au P. Vincent de Paul, religieux de la Trappe; et ses observations lorsqu’il étoit en Amérique où il a passé environ dix ans avec l’agrément de son Supérieur, publié dans Relation de ce qui est arrivé à deux religieux de la Trappe, pendant leur séjour auprès des sauvages.
Des données archéologiques, linguistiques et ethnographiques complémentaires sont présentées ailleurs dans le Registre canadien des attaques de requins et dans les publications connexes de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS).

L’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) est un organisme de bienfaisance canadien enregistré (ARC : 834462913RR0001) consacré à la recherche, à la conservation, à l’éducation et à la sensibilisation du public concernant les requins de l’Atlantique canadien et de l’écosystème du Saint-Laurent. L’ORS est établi au Québec, Canada.
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