
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
26 JUIN 2026 | POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
La saison du requin blanc débute dans le golfe du Saint-Laurent
Le retour saisonnier de l’espèce rappelle l’importance de comprendre sa présence, de demeurer vigilant et d’adopter un comportement responsable.
Note éditoriale : Le présent communiqué n’a pas pour objectif de sonner l’alarme, mais plutôt de fournir une information factuelle et prudente concernant le retour saisonnier attendu du requin blanc dans le golfe du Saint-Laurent, en s’appuyant sur des observations scientifiques plutôt que sur l’exagération, la peur ou le sensationnalisme. Ce communiqué est diffusé volontairement par l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) en réponse à l’intérêt récurrent du public et des médias à l’approche de chaque nouvelle saison du requin blanc, ainsi qu’à l’attention croissante portée à cette espèce dans l’Atlantique canadien. Toute couverture médiatique de ce communiqué, en particulier les manchettes, devrait refléter fidèlement sa vocation informative et contextuelle et éviter toute formulation susceptible de susciter une peur injustifiée, de créer de la confusion ou d’alimenter le sensationnalisme. Cette communication vise également à offrir un contrepoids scientifique à la désinformation, aux canulars générés par l’intelligence artificielle, aux spéculations diffusées sur les réseaux sociaux, aux généralisations excessives véhiculées par certains influenceurs ainsi qu’aux distorsions persistantes qui accompagnent trop souvent les discussions publiques sur les requins. Les médias sont autorisés à reproduire intégralement le contenu du présent communiqué, y compris les commentaires personnels du directeur scientifique de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent.
CONTACT MÉDIAS : Aucune entrevue ne sera accordée relativement au présent communiqué. Les médias sont autorisés à reproduire intégralement le contenu de ce texte, y compris les commentaires personnels du directeur scientifique de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent.
Drummondville, QC, le 26 juin 2026
Au début de l’été dans l’est du Canada, l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) rappelle aux usagers du milieu marin que le retour saisonnier du requin blanc (Carcharodon carcharias) dans le golfe du Saint-Laurent est attendu à tout moment.
Des requins blancs munis de balises satellites OCEARCH SPOT (Smart Position and Temperature)¹ sont détectés au large de la Nouvelle-Écosse depuis la mi-mai dans le cadre de leur migration annuelle vers le nord. Bien qu’aucun requin blanc porteur d’une balise n’ait encore été détecté dans le golfe du Saint-Laurent cette saison, l’ORS considère qu’il est possible, voire probable, qu’un ou plusieurs individus y soient déjà présents. L’absence de détection par satellite ne doit donc pas être interprétée comme une preuve que les requins blancs ne sont pas encore arrivés.
Détection et contexte
Contrairement aux émetteurs acoustiques, une balise SPOT ne transmet un signal que lorsque la nageoire dorsale du requin émerge de la surface et y demeure suffisamment longtemps pour établir une liaison avec un satellite Argos. Comme une transmission réussie dépend d’une combinaison précise entre le comportement du requin à la surface, la position du satellite et une durée d’exposition suffisante hors de l’eau, de nombreuses remontées en surface ne donnent lieu à aucune transmission.
Par conséquent, un requin peut demeurer indétecté pendant plusieurs jours, voire davantage, malgré sa présence dans le golfe du Saint-Laurent. Ainsi, la première détection satellite confirmée de la saison ne doit pas nécessairement être interprétée comme le moment où le requin est arrivé dans le golfe, mais plutôt comme la première confirmation de la présence d’un individu qui pourrait déjà fréquenter la région depuis un certain temps.

— Infographie © ORS | Tous droits réservés
Interprétation scientifique
L’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) tient à souligner que le présent communiqué vise à informer le public, et non à susciter l’inquiétude. Le retour du requin blanc dans les eaux de l’Atlantique canadien et du golfe du Saint-Laurent a suscité une importante couverture médiatique au cours des dernières années, souvent accompagnée d’exagérations, de désinformation, de canulars générés par l’intelligence artificielle, de spéculations diffusées sur les réseaux sociaux et d’interprétations sensationnalistes déconnectées du contexte scientifique. Le présent communiqué vise plutôt à favoriser une compréhension mesurée et éclairée de l’espèce et de sa présence dans les eaux canadiennes.
Le retour saisonnier du requin blanc n’a désormais plus rien d’exceptionnel. Au cours des dernières années, l’espèce a généralement été documentée dans les eaux de l’Atlantique canadien entre la fin du printemps et la fin de l’automne, avec un pic d’activité habituellement observé de juillet à septembre. L’augmentation des observations au cours de la dernière décennie reflète vraisemblablement une combinaison de facteurs, notamment le rétablissement des populations à la suite des mesures de protection légale, l’évolution de la répartition et de l’abondance des proies, les changements environnementaux, l’intensification des efforts de recherche ainsi que la généralisation des téléphones intelligents, des drones et des réseaux sociaux.
L’ORS rappelle toutefois que le requin blanc n’est pas un « nouveau » venu dans le golfe du Saint-Laurent. Les archives historiques, les dents fossiles découvertes sur le territoire, les témoignages des pêches, les traditions orales autochtones et les recherches scientifiques récentes indiquent tous que l’espèce fréquente vraisemblablement la région depuis des siècles, bien qu’en faible nombre et largement à l’insu du grand public.
Sensibilisation du public et comportement responsable
Bien que le risque statistique d’un incident impliquant un requin au Canada demeure faible à très faible dans la grande majorité des circonstances, l’ORS continue d’encourager les plongeurs, nageurs, pagayeurs, surfeurs et autres usagers du milieu marin à adopter un comportement prudent et éclairé, particulièrement dans les secteurs où les concentrations de phoques sont importantes.
Comme l’ORS l’a déjà recommandé dans ses avis précédents, éviter les rassemblements importants de phoques, les eaux troubles, demeurer attentif à tout comportement inhabituel de la faune marine et se tenir informé des observations de requins vérifiées peut contribuer à réduire considérablement le risque.
L’ORS rappelle également que le requin blanc est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Il est donc interdit de harceler, poursuivre, appâter, approcher intentionnellement ou autrement déranger cette espèce. Cette interdiction s’applique notamment aux comportements imprudents de plaisanciers, de pilotes de drones, de plongeurs, de photographes ou de toute personne cherchant à obtenir des images spectaculaires à des fins de diffusion sur les réseaux sociaux ou d’exploitation commerciale.
Pour mieux comprendre les interactions entre les requins et les activités humaines, ainsi que les mesures de prudence recommandées pour la baignade, la plongée, le surf, la planche à pagaie, le kayak et les autres activités nautiques, l’ORS met également à la disposition du public un guide détaillé : Comprendre les interactions entre les requins et les humains.
Commentaire
« L’arrivée de l’été marque désormais aussi le retour saisonnier du requin blanc dans le golfe du Saint-Laurent. Il y a vingt ans, la possibilité d’observer un requin blanc dans ces eaux aurait été considérée comme exceptionnelle. Aujourd’hui, cette présence reflète de plus en plus une réalité écologique qui s’affirme à l’échelle de l’Atlantique canadien.
Bien avant l’arrivée des Européens, les peuples autochtones du golfe cohabitaient déjà avec le requin blanc et avaient intégré sa présence à leurs connaissances et à leurs cultures. S’ils ont pu vivre aux côtés de cette espèce pendant des siècles, il n’y a aucune raison pour que notre société ne puisse pas en faire autant, grâce à la connaissance, à la vigilance et au respect. »
— Jeffrey Hay Gallant, directeur scientifique de l’ORS
Pour en savoir plus
Les personnes qui souhaitent mieux comprendre le requin blanc et ses interactions avec l’être humain sont invitées à consulter la version entièrement mise à jour du Registre canadien des attaques de requins (RCAR), en particulier son ouvrage d’accompagnement, Comprendre les interactions entre les requins et les humains.
S’appuyant sur les archives historiques, l’écologie comportementale, les recherches scientifiques contemporaines, l’analyse factuelle des incidents ainsi que des recommandations pratiques en matière de sécurité, cette publication examine les raisons pour lesquelles les interactions avec les requins surviennent, la façon dont le risque peut être évalué et les mesures que les nageurs, surfeurs, pagayeurs, plongeurs, plaisanciers et autres usagers du milieu marin peuvent adopter afin de réduire davantage le risque de rencontre négative tout en profitant des eaux canadiennes de façon sécuritaire et responsable.
En privilégiant la connaissance, le respect et la cohabitation plutôt que la peur et le sensationnalisme, cette publication reflète la même approche scientifique fondée sur les faits qui guide l’ensemble des travaux de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent.
Aucune entrevue sur ce sujet
Veuillez noter que l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) n’accordera aucune entrevue concernant ce sujet.
Comme indiqué dans ses avis et communiqués précédents, l’ORS ne participe plus à des entrevues médiatiques en direct, enregistrées ou improvisées portant sur le requin blanc, en raison des interprétations erronées, du sensationnalisme et des déformations qui accompagnent trop souvent la couverture médiatique de cette espèce. L’ORS continuera plutôt de communiquer au moyen de déclarations écrites, de publications scientifiques, de documents d’information et de communiqués officiels, afin d’assurer la clarté, la précision et l’exactitude des informations diffusées.
Compte tenu de la nature délicate des enjeux de sécurité publique associés aux grands prédateurs marins, les entrevues verbales et les commentaires improvisés présentent également un risque important que certaines déclarations soient simplifiées à l’excès, sorties de leur contexte ou interprétées d’une manière qui ne reflète ni la position de l’ORS ni les nuances scientifiques en cause. Au-delà de la désinformation et du sensationnalisme inutile qui peuvent en découler, de telles distorsions peuvent également entraîner des conséquences d’ordre juridique et éthique en matière de sécurité publique. Les communications écrites demeurent donc le seul mode de communication par lequel l’ORS entend s’exprimer publiquement sur ces questions.
L’ORS continuera de suivre l’évolution de la situation et diffusera, au besoin, de nouvelles mises à jour fondées sur les faits.
Jeffrey Hay Gallant, M. Sc.
Fondateur et directeur scientifique
Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS)
À propos de l’Observatoire
Fondé officiellement en 2003 sous le nom de Groupe d’étude sur les élasmobranches et le requin du Groenland (GEERG), l’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) est le premier organisme indépendant au Canada consacré à la recherche sur les requins et enregistré comme organisme de bienfaisance. Entièrement administré par des bénévoles, l’ORS se consacre à l’étude, à la sensibilisation et à la conservation des requins du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent. En 2025, l’organisation a souligné les 25 ans de sa première expédition scientifique, marquant un quart de siècle d’engagement envers la recherche et la conservation des requins dans le Saint-Laurent et l’Atlantique canadien. Au cours de son histoire, l’ORS a réalisé plusieurs premières au Canada, et même à l’échelle internationale, notamment grâce à ses travaux pionniers sur le requin du Groenland. En 2022, l’ORS a également fondé le Registre canadien des attaques de requins (RCAR), la première initiative du genre au Canada consacrée à la documentation des interactions entre les requins et les humains dans les eaux canadiennes.
Grâce à une approche de recherche innovante et entièrement non invasive, combinant les travaux de terrain à l’étude des archives historiques, l’ORS cherche à approfondir les connaissances sur les requins, tant passés que présents, tout en diffusant une information rigoureuse, fondée sur les données scientifiques et exempte de sensationnalisme et de désinformation. En plus de ses activités de recherche et de conservation, l’organisation joue un rôle actif en éducation et en sensibilisation du public, particulièrement auprès des jeunes, qu’elle considère comme les futurs gardiens des requins et des océans.
Pour en savoir davantage sur l’histoire, la mission, les projets de recherche et l’équipe de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent, consultez la page À propos de notre site Web.
REFERENCES
(1) Public telemetry data available through the OCEARCH Shark Tracker: https://www.ocearch.org/tracker

L’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) est un organisme de bienfaisance canadien enregistré (ARC : 834462913RR0001) consacré à la recherche, à la conservation, à l’éducation et à la sensibilisation du public concernant les requins de l’Atlantique canadien et de l’écosystème du Saint-Laurent. L’ORS est établi au Québec, Canada.
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